COMMUNIQUE DE PRESSE du CROSS-MED

Accidents de plongée sous-marine 2001



En complément de l'article paru dans le numéro N°48 de Février-Mars 2002 de Plongée Mag, concernant le bilan annuel 2001 des accidents de plongée sous-marine, le CROSS-MED communique :


Le bilan national annuel des accidents de plongée, publié dans le numéro 48 de Plongée Mag, met en exergue une augmentation continue des accidents de plongée depuis une dizaine d'années et un certain nombre de déficiences de comportement en matière d'alerte des secours et de prise en charge des accidentés.

Le CROSS-MED confirme entièrement ce constat. Le nombre des accidents de plongée est en nette recrudescence depuis 10 ans et les procédures officielles de secours en mer sont peu respectées, car le plus souvent méconnues.

Statistique nationale CROSS

L'ensemble des CROSS métropolitains et d'outre mer a secouru en 2001, 190 plongeurs en scaphandre autonome (157 en 2000).


La statistique des accidents traités par les CROSS, au niveau national, enregistre en proportion la même progression que celle des caissons hyperbares.

Le nombre de plongeurs secourus a plus que doublé en dix ans, passant de 82 en 1991 à 190 en 2001 (année record).

Le nombre officiel de décès en mer enregistrés par les CROSS en 2001 atteint également un niveau très inquiétant : 16 MORTS ET 1 DISPARU EN PLONGEE BOUTEILLE (7 morts en 2000).
(Auxquels s'ajoutent 16 morts et 2 disparus en apnée et chasse sous-marine. En matière d'accident d'apnée, ces chiffres sont probablement très en deçà de la réalité, car ils n'intègrent pas les accidents traités par les postes de plage dans la zone des 300 mètres).

Rappelons que les chiffres des CROSS sont, par nature, très sous-évalués par rapport à la réalité. Ils ne prennent en compte que les accidents qui leurs sont signalés en mer. Un grand nombre d'accidents traités par les structures de secours terrestres (SAMU, Sapeurs ou Marins-pompiers) et les services hospitaliers échappent à cette statistique.
En effet, la réglementation sur les accidents de plongée scaphandre dispose que ces accidents sont traités par les CROSS en mer, et par les SAMU à terre.




Accidents en Méditerranée

Les statistiques confirment la gravité des accidents pour lesquels le CROSS-MED est sollicité.
En 2001, le CROSS-MED, qui traite plus de 70% des accidents enregistrés annuellement par les CROSS, a secouru 135 plongeurs en scaphandre (97 en 2000).

10 MORTS PAR PLONGEE SCAPHANDRE ONT ETE RECENSES EN MEDITERRANEE EN 2001.




PROCEDURE D'ALERTE

(Télécharger la procédure au format PDF)
Bouton droit, option "Enregistrer sous..."

Face à cette recrudescence des accidents et à la persistance de comportements inadaptés, il est important de rappeler la procédure d'alerte en vigueur, que tout plongeur-secouriste doit absolument connaître :




TRANSMISSION DE L'ALERTE :

Seulement 2 numéros à retenir : 15 et 16

La transmission de l'alerte en cas d'accident de plongée sous-marine doit s'effectuer IMMEDIATEMENT, dès l'apparition des premiers symptômes :
- EN MER : au CROSS - par appel du canal 16 de la VHF marine ou par VHF ASN (SMDSM)
- A TERRE: au SAMU - par appel téléphonique du 15 (interconnecté au 18 des pompiers)

Tout autre appel est susceptible de provoquer un retard dans la chaîne des secours. L'appel des hôpitaux, des caissons hyperbares (qui ne disposent pas de numéros d'urgence prioritaires disponibles 24h/24) et de médecins locaux entraîne une perte de temps, car ces derniers devront retransmettre les informations au SAMU, seul service en charge de la régulation médicale, et au CROSS, seul service en charge des secours en mer.

Les CROSS sont systématiquement interconnectés aux SAMU. Ils sont aujourd'hui équipés pour mettre les navires en conférence radio-téléphonique directe avec le médecin régulateur.

En appelant par VHF, les plongeurs entrent simultanément en contact avec la régulation médicale du SAMU et avec le CROSS, centre opérationnel chargé de la mise en oeuvre des moyens de secours en mer (hélicoptères, canots de sauvetage...). D'où un gain notable de temps et d'efficacité.



MOYENS DE TRANSMISSION :

Le téléphone portable en mer: une fausse sécurité, à triple titre :

  • Le téléphone est inadapté pour la coordination d'une opération de secours maritime puisqu'il ne permet pas d'entrer en contact simultané avec les centres opérationnels et les moyens de secours (hélicoptères, canots de sauvetage...).


  • Il est parfaitement impossible de localiser en mer un appel provenant d'un téléphone portable. Il en résulte une augmentation considérable des temps de recherche, dans le cas où l'appelant ne connaît pas sa position exacte. Alors que la VHF permet de localiser immédiatement l'appelant (goniométrie) et de lui porter secours sans délai.


  • Utilisé en mer, le portable présente un risque important de rupture des liaisons en situation de détresse (fiabilité insuffisante, portée et autonomie limitées, réseau saturé ou défaillant en mer... Résultat : le CROSS aboutit sur des messageries vocales...).


Le portable est inadapté en mer et ne peut en aucun cas remplacer la VHF pour la sécurité. Tous les sauveteurs en mer sont équipés en VHF marine.

(Cf. CTN info n° 24 - 1998 : "Communications de détresse et de sécurité en mer : VHF marine ou téléphone cellulaire ?", Apnéa Magazine : Juin 1999 - "Maîtriser les ondes marines" - Juillet-Août 1999 - "Les CROSS - La coordination des secours en mer" Mai 1997 - "Les CROSS : ils veillent sur nos plongées".).



REGLEMENTATION DES SECOURS EN MER :

La procédure officielle.

Il est rappelé que la transmission de l'alerte au CROSS lorsque l'accidenté se trouve en mer est une obligation réglementaire. L'article 4.7.2 de l'instruction Secrétariat d'Etat à la Mer n° 978 du 15 octobre 1992 sur les accidents de plongée dispose en effet que :

  • " Le CROSS ou Sous-CROSS doit être alerté à l'occasion d'un accident de plongée survenant dans la zone littorale.


  • Il est compétent pour organiser les secours dès lors que l'alarme a été donnée, le plongeur accidenté étant encore en mer. Si le plongeur est arrivé à terre, l'assistance est apportée directement par le SAMU. "


  • Par ailleurs, l'article 11 du décret n°88-531 du 2 mai 1988 portant organisation du secours, de la recherche et du sauvetage des personnes en détresse en mer dispose que " les CROSS prennent, sous la responsabilité du Préfet maritime, la direction de toute opération de recherche et de sauvetage maritime. Ils sont destinataires de toutes les informations de nature à entraîner le déclenchement d'une alerte concernant le secours, la recherche ou le sauvetage des personnes en détresse en mer, dans les zones de responsabilité française ".


Dans le cas d'un retard dans la mise en oeuvre des secours consécutif à la non-observation de ces dispositions, la responsabilité pénale du directeur de plongée peut être engagée sur la base de ces textes pour mise en danger de la vie d'autrui par négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement (article 221.6 du code pénal).

L'Administrateur en chef de 2ème classe des Affaires Maritimes
Bruno LEROY
Directeur du CROSS MED





Renseignements complémentaires :

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