Vous êtes-vous déjà demandés pourquoi dans notre atmosphère l'oxygène, pourtant
si important à la vie n'est pas majoritaire?
L'azote qui est un gaz inerte, c'est à dire qui n'intervient pas dans notre
métabolisme, constitue 80% de l'air que nous respirons, pourquoi?
Nous connaissons tous le pouvoir comburant de l'oxygène, il permet aux flammes
de continuer la combustion, les réactions d'oxydations nous sont familières ne
fut ce que par nos souvenirs du cours de chimie.
En réalité l'oxygène est dangereux et même toxique; et l'azote dans l'atmosphère
agit comme diluant pour nous permettre de vivre et .....d'inventer le moteur à
explosion, les réacteurs, le feu etc........
En 1878, Paul Bert exposa des pinsons a une pression de 15 et 20 atmosphères en
respirant de l'air et tous eurent des convulsions et .....moururent.
Il observa que si on plaçait ces oiseaux à une pression d'oxygène réduite de
20%, les mêmes effets s'observaient. Il supposa au départ que ces animaux
mouraient par une production endocrine de "poison" du système nerveux du à la
haute pression. Il décida de transfuser le sang des pinsons morts après
convulsions à des individus non soumis à la pression. Le résultat fut négatif;
aucun des animaux non comprimés mourut. Ceci porta Bert à la conclusion que
l'oxygène avait une action directe de toxicité sur le système nerveux et le
publia dans son ouvrage désormais bien connu "La Pression Barométrique".
La biochimie de L'OXYGENE |
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Le métabolisme de l'oxygène est la première source d'énergie des différentes formes de vie complexes mais vu les dangers d'oxydations inhérent à l'utilisation d'un gaz tel que l'oxygène , toute une série de réactions sont élaborées de sorte que les cellules ne souffrent aucunement et que, pas à pas, l'énergie soit récupérée. L' énergie est stockée sous forme de ATP (Adénosine tri phosphate) cette molécule est formée suivant diverses chaînes de réactions comme la glycolyse anaérobie qui produit relativement peu d'ATP mais l'acide pyruvique formé par glycolyse entre dans le cycle de Krebs qui grâce à la chaîne de transport des électrons (chaîne respiratoire) parvient à former 38 ATP par molécule de glucose. |
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La plupart des ATP sont formées dans la chaîne respiratoire et l'oxygène n'intervient que très tard dans cette chaîne afin de former de l'eau en réagissant avec l'hydrogène. |
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Si l'oxygène devait entrer dans cette chaîne de réactions plus tôt, par exemple dans
des conditions de pression partielle élevée d'oxygène, des molécules très réactives,
les radicaux libres d'oxygène comme l'ion superoxyde : O2- ou bien d'autres molécules
comme le peroxyde d'hydrogène H2O2 (eau oxygénée) se forment. |
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En conditions hyperbares, cette protection peut être dépassée car les activités ou
les quantités enzymatiques ne sont pas suffisantes pour contrecarrer l'apport important
de réactifs. |
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LES RADICAUX LIBRES |
Il va de soi que nous retrouverons des signes de ce genre de "toxicité" dans des sites
qui ont un besoin métabolique important ou bien ou l'on trouvera un grand nombre de
molécules réactives par apport d'oxygène. |
![]() Figure 1: Diminution de la capacité vitale en fonction du temps d'exposition et de la pression partielle DAN © |
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Nous comprenons que ces particularités de l'oxygène intéressent au premier plan les plongeurs militaires qui utilisent ce gaz de façon intensive. Au cours du temps, des études sur les réactions de l'homme en milieu hyperbare respirant de l'oxygène pur, ont été conduites principalement par la marine anglaise et américaine; des contributions françaises et italiennes ne sont pas à négliger; mais nous nous focaliserons sur les études anglo-saxonnes. |
Etudes de la Royal Navy |
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Les études du Dr Kennet Donald constituent la base de ce que nous savons en matière de
toxicité du système nerveux central à l'oxygène, à savoir : |
Etudes de l'US Navy |
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En 1950, le Dr E.H. Lanphier examina si les limites d'exposition à l'oxygène pouvaient être développées pour des plongées plus profondes que 7.6 mètres en respirant 100% d'oxygène. La Table 1 montre les limites qu'il recommande. |
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Les limites d'exposition à 100% d'oxygène de la Table 1 sont restées en vigueur jusqu'en
1970 et avec quelques faibles modifications jusqu'en 1991 quand elles furent à nouveau
adaptées. |
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Durant une plongée au nitrox, des pressions partielles d'oxygène similaires à celles
utilisées dans les plongées à 100% d'oxygène peuvent être rencontrées, mais puisque de
l'azote a été ajouté, cette pression partielle est atteinte à une plus grande profondeur
et, par conséquent à une plus grande densité de gaz respiré. |
Découvertes U.S. |
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L'augmentation de la densité de gaz rencontrée durant les plongées au nitrox entraîne un
temps d'exposition à une pression partielle d'oxygène donnée plus court que pour une
respiration à 100% d'oxygène, qui peut seulement être utilisé à une faible profondeur
et qui résulte en une plus faible densité de gaz. |
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La raison de cette diminution de la tolérance durant une plongée en respirant du nitrox
a été expliquée comme étant due à une diminution de l'élimination du dioxyde de carbone à
de plus grandes profondeurs, impliquant un plus haut taux de dioxyde de carbone sanguin. |
Le conflit - et quelques bons conseils |
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Les Anglais n'étaient pas en accord avec les données de Lamphier, et la Royal Navy considéra
que les limites de temps pour le nitrox étaient identiques à celles pour l'oxygène pur. |
Rétention de CO2 |
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Pourquoi l' accumulation de dioxyde de carbone (CO2) pourrait devenir un problème lié
à l'augmentation des densités de gaz ? |
Limites d'exposition à l'oxygène - Approfondissement des études U.S. |
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A la fin des années 1970 et début des années 1980, la Navy Experimental Diving Unit (NEDU) a
procédé à une série d'études afin d'en savoir plus sur le temps d'exposition à l'oxygène
pur à de faibles profondeurs durant un entraînement typique des nageurs de combats nageant
sous l'eau durant une longue distance. (Rappelez-vous, le temps d'exposition développé pour
un plongeur au repos pourra causer des problèmes à un plongeur en exercice, puisque l'exercice
diminue la tolérance à l' oxygène.) |
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Elle découvrit que le modèle avait un seuil de 1.3 ata ; c'est à dire la probabilité qu'un
symptôme neurologique apparaisse à ou sous ce niveau de pression serait quasiment nulle. |
![]() Circuit fermé moderne type Atlantis I de Dräger Brett Gilliam © |
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La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) aborde la question d'une manière
légèrement plus prudente, en recommandant 180 minutes à 1.3 ata pour une exposition normale et
seulement 240 minutes pour une exposition exceptionnelle (voir Table 3). |
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Les Limites NOAA reprises dans la Table 3 sont basées sur les résultats des études de la NEDU
réalisées dans les années 80, tenant en compte l'augmentation de densité de gaz rencontré dans
les plongées avec nitrox. |
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La difficulté résidait dans le fait que la plongée loisir se pratique généralement avec
des plongées répétitives; sur ce point, DSAT (Diving Science and Technology corp.) en prenant
exemple sur les tables NOAA, a ajouté au temps d'exposition un indice qui se cumule au fur et
à mesure des plongées; il ne faut pas dépasser 100% d'indice par 24 heures (cf.: NOAA). |
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Ceci démontre que les tables DSAT sont conçues pour une plongée avec scaphandre à circuit
ouvert, sans efforts et avec une grande marge de sécurité; d'autant plus que les plongées en
cumulant les mêmes pressions partielles d'oxygène ne sont pas conseillées. |
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Est-il possible de respirer de l'oxygène à un plus haut niveau de pression partielle
d'oxygène (ppO2) ? |
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Actuellement, la US Navy permettrait une exposition d'exercice à cette pression partielle
durant plus de quatre heures, mais cela suppose une respiration à 100% d'oxygène à 7.6
mètres par des nageurs de combat entraînés. Une augmentation de profondeur de seulement
1.5 mètres mettrait le plongeur dans une situation où des convulsions ont été rapportées,
et les plongeurs qui ont tendance à retenir le dioxyde de carbone durant les exercices
courent un plus grand risque. |
Symptômes de toxicité neurologique rencontré dans les études de la NEDU |
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Convulsions : le symptôme le plus grave et celui à éviter à tout prix |
Recommandations |
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Une chose que vous devez toujours garder à l'esprit est que la toxicité de l'oxygène est
inconstante ; des convulsions sont apparues à de faibles profondeurs dans des conditions
où la plupart des experts n'auraient jamais pensé qu'elles puissent survenir. |
Mais encore ... |
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Pour un scaphandre autonome à circuit ouvert, il faut considérer la région "feu vert" à la pression partielle d'oxygène de 1.4 ata ou moins (à environ 25 mètres avec un mélange de 40%). Tant que ce niveau ne sera pas dépassé, les autres limitations du scaphandre autonome à circuit ouvert limiteront le temps de fond à des durées où la toxicité de l'oxygène est fort peu probable, même pour des durées se rapprochant des quatre heures. |
Procédons avec prudence |
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Entre 1.4 ata et 1.6 ata (30 mètres à un mélange de 40 %), c'est la région du
"feu orange". La probabilité de la toxicité de l'oxygène à 1.6 ata est faible,
mais la marge d'erreur est très mince comparée à 1,4 ata. |
STOP ! |
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Au de la de 1,6 ata c'est le "feu rouge". Ne le franchissez pas! |
Enfin... |
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La plongée nitrox peut étendre les périodes au fond ou diminuer la possibilité de maladies
de décompression, cela dépendant de la manière dont elle est utilisée, mais cela augmente
le risque de toxicité de l'oxygène. |
Expositions intermittentes à l'oxygène |
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Rappelez-vous que les symptômes de la toxicité neurologique de l'oxygène sont un phénomène
variable dans le temps. (Table 3). Si la pression partielle de l'oxygène inspiré augmente,
la durée de l'exposition diminue. |
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C.Balestra, A.Marroni, D.Eliott |
Références |
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