Par Cédric Verdier
La guerre des prix fait rage dans les magasins. Une boucherie digne de Verdun sévit actuellement dans les commerces de détail de lindustrie de la plongée. Les prix tombent, les têtes aussi. Un peu partout en France, Maciste et Godzila, en bons héros de série B, saffrontent en un combat titanesque perdu davance. Le gilet pare-balles est de rigueur car les prix éclaboussent tout le monde lorsquils sécrasent. Et lon assiste impuissant au Dien Bien Phuh du détendeur, à la Bérézina du Palmes-masque-tuba. Aucun stratège, aucun Clausewitz nest épargné. La sinistrose et lulcère destomac guettent les professionnels de la plongée.
On imagine alors que le seul gagnant de ces drames shakespeariens est le consommateur. A tort.
Il est bien sûr normal de penser à son portefeuille, obscur objet du désir de beaucoup. Mais pour économiser 50 francs, on privilégie le discounter et lon étrangle un peu plus le petit détaillant. Cest une économie à court terme car une fois le commerce spécialisé anéanti, volatilisé et atomisé, point de salut pour le service ! Pas toujours facile dobtenir dans une grande surface non spécialisée le conseil judicieux sur la configuration optimale du matériel, la réparation éclair avant le départ de lavion pour la Mer Rouge, ou la pièce détachée introuvable dun détendeur préhistorique.
A la grande veillée funèbre de lindustrie de la plongée, chaque client, chaque plongeur, chaque moniteur et chaque directeur décole de plongée sera un peu coupable de cette disparition. Et chacun de regretter le petit commerce où lon nous connaissait et chez qui nous pouvions parler « plongée » avec des gens compétents.
On joue les Cassandre. On sinterroge, on imagine, on discute et on conseille. Mais le vrai pouvoir, cest le pouvoir dachat. Et le seul à avoir le pouvoir de décision finale, cest le consommateur. Le plongeur.
Seul le plongeur peut réellement être tenu pour responsable de la disparition possible du commerce spécialisé plongée.
Une grande catastrophe se prépare dans notre petit secteur dactivité. Elle menace directement la survie de ce loisir qui nous passionne tant. Alors qui aimerait être la cause de Seveso ou de lAmoco Cadiz ?