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Dans l'optique découverte des Tuamotu et de ses passes, Tikehau est l'escale rêvée pour se familiariser avec les plongées dérivantes. Un cadre somptueux, du sable blanc, rose, lumineux, ce qui est loin d'être l'apanage d'atolls comme Rangiroa ou Fakarava. Une tranquillité assurée. Commencez donc votre voyage par Tikehau, vous ne serez pas déçus ! Ensuite, fort de votre expérience face aux requins et au courant, embrayez sur Rangi et Fakarava... |
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Tikehau signifie " aller chercher la Paix ". D'après une vieille légende, ce nom
résulte d'un conflit entre un homme et une femme. Hau, jeune femme de Tahiti,
s'installe avec Tii, l'homme qui l'a enlevée, sur l'atoll de Oropaa. Enceinte,
Hau discute avec son tane du nom de l'enfant. Après bien des hésitations, le
garçon est prénommé Tiehau, symbole de leur union. |
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Au Tikehau Village, la première pension créée sur l'île en 1988, Paea, le maître
de maison, vous raconte encore ce genre de légende, un soir, quand, après le
dîner, il se met à gratter du ukulele... et à chanter. |
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Pas de tourisme de masse à Tikehau, même si Air Tahiti a développé les vols en
direction de l'atoll. Jusqu'en 91, il y avait une liaison par semaine.
Aujourd'hui, l'île est desservie chaque jour. Mais ne craignez rien quand même,
vous serez seuls sur cette langue de sable, située à 350 km de Tahiti et à 30 km
de Rangiroa, soit quinze minutes de vol... |
Passe Tuheiva
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Plonger deviendrait presque accessoire, tant le cadre se prête à l'oisiveté et
aux balades en amoureux. Mais les palettes de couleur offertes par le lagon sont
si alléchantes, si tentantes, le bleu et le vert confondus si attirants...
Eloignée du village, la passe de la " Grande Couronne " est atteinte après
vingt-cinq minutes de bateau. La descente s'effectue le long d'un bout, près
d'un parc à poissons. Le courant n'est pas un problème, les baptêmes ont même
lieu côté océan, le récif étant protégé du vent dominant qui vient de l'est. Nul
besoin non plus de s'affoler sur la profondeur : entre 20 et 30 mètres, on peut
jouir d'un spectacle tout à fait enivrant. Tikehau se caractérise par la
possibilité d'y faire plonger tous les niveaux et il n'est pas nécessaire de
posséder une grosse expérience pour apprécier la passe. |
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Toute la faune est concentrée sur un espace vaste comme un stade olympique. Dans
le même champ de vision, on aperçoit un superbe et immense banc de barracudas et
une affolante nuée de carangues échevelées. L'idéal est de se tapir au sol et
d'émettre un bruit strident qui les charme. On peut ainsi mieux observer leurs
filaments transparents qui les gratifient d'une silhouette éthérée et gracieuse.
Une raie manta sort de la passe et deux tapete accourent, en visite de
curiosité, leurs grands ailerons blancs typiques de l'espèce déployés comme les
bras du Concorde. |
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A 17 mètres, le quota de beaux souvenirs est déjà rempli. Un
tapete s'énerve un peu, poursuivi par les carangues qui viennent se frotter
contre lui, pour mieux s'en protéger. Il s'ébroue, remue sa nageoire caudale et
finit par s'enfuir vers les profondeurs. On a envie d'éclater de rire devant le
spectacle offert par cet imposant prédateur de trois mètres repoussé par des
carangues de trente centimètres, inoffensives, un peu trop collantes, mais
surtout très habiles pour se protéger ! |
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Les Napoléons sont aussi présents sur les lieux. Sans être de dimensions
respectables, ils valent surtout par leur nombre : pas moins de cinq se
détachent du tombant. Un banc de priacanthes a trouvé refuge dans des rochers,
un ptérois volitans évolue en pleine eau, ce qui est assez inhabituel, ses ailes
rouges et blanches flottant en suspension dans l'eau. Il se déplace
paresseusement, sans avoir peur des bulles ou de nos corps. |
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Les loches marbrées sont impressionnantes, tant par leur taille que par leur
nombre. L'époque la plus propice pour observer un rassemblement de ces animaux
en période de reproduction est le mois de juillet, lorsqu'ils tapissent le fond
des passes des Tuamotu. Un poisson savon moucheté, une espèce apparentée au
mérou, nous fait l'honneur de venir nous saluer. Sa rencontre est si rare qu'il
ne possède pas de nom tahitien. Que dire de plus ? La plongée a duré une heure
et quart, sans palier, sans fatigue. Venir jusqu'à Tikehau se mérite, mais le
déplacement vaut largement la peine. |
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Le club Tikehau Plongée possède une base sur un des motu de la passe. Après la
première plongée, le déjeuner est servi sur une grande table et l'on sombre
langoureusement dans la torpeur, allongé sur le sable fin, éliminant
tranquillement les zestes d'azote, avant d'attaquer la seconde plongée.
Le Raie Manta Club Tikehau propose lui aussi des pique-nique, en fonction de la
demande. Parfois, le bateau revient au village pour le déjeuner et repart en
début d'après-midi. Une solution idéale pour les non-plongeurs accompagnateurs
qui ont peur de s'ennuyer, mais quel délice de rester sur place, calé sur une
langue de sable, sans radio, sans haut-parleur, sans bruit de la circulation, et
surtout sans qu'aucun téléphone portable ne résonne désagréablement aux
oreilles. S'extirper ce cette tiédeur reposante constitue un infini supplice ! |
Requins
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La plongée se déroule à nouveau côté océan, dans un endroit appelé " Le Trou aux
Requins ". En descendant le long d'un corps-mort, on s'imagine avec une
inquiétude réjouie une fosse où seraient tapis les squales. En vérité, il s'agit
d'une excavation dans le tombant, qui a été baptisée un peu à la va vite de "
trou ". N'ayez donc pas peur, il n'y a pas matière à se sentir claustrophobe. Le
bleu est tout autour, la visibilité digne des Tuamotu : plus de 30 mètres. Les
requins qui vivent à cet endroit sont des requins gris de récif (raira), de deux
mètres maximum, et qui ne montrent aucune attention particulière pour vos
palmes. |
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Vers 45 mètres, une gorgone rose saumon attire l'œil. Tels de délicats pétales
dentelés et visiblement fragiles, le corail s'étale en massif. Quelques raira
pointent leurs museaux effilés, sans s'attarder. L'intérêt étant limité, mieux
vaut remonter pour profiter du tombant, de son joli décor et de ses immenses
bancs de rougets peu farouches. La spécificité de cette plongée réside dans les
failles du récif frangeant. Là, les vagues viennent s'éclater sur le corail,
donnant à l'endroit, peu profond et lumineux, un éclairage tout à fait
somptueux. Ballottés dans le ressac, nous visitons plusieurs de ces failles,
progressant lentement et nous tenant le long des rochers. De nombreuses épines
d'oursins crayons sont étalées par terre, ainsi que des coquilles vides d'un
coquillage pointu appelé mahua. |
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Après soixante minutes d'immersion, la plongée se termine dans deux mètres
d'eau, apaisante, tranquille. Si l'on ne fait que plonger, il n'est pas
nécessaire de rester huit jours sur Tikehau, les spots y étant peu nombreux. On
peut en repartir heureux avec quatre plongées. Mais la douceur qu'on trouve sur
cet atoll de rêve est bienfaitrice et l'on peut y résider quelque temps sans
ennui. En partir est une déchirure et on laisse des miettes de son cœur gravées
sur le sable rose. A jamais. |