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Matériel et méthodes

Les sites

Les sites étudiés (Fig. l), excepté Solenzara, correspondent aux réserves et parcs marins du litoral français méditerranéen :  

  • Cerbère-Banyuls (Pyrénées orientales) (1)
  • Port-Cos (var) (2)
  • Iles Lavezzi et Cavallo (Corse du Sud-Est) (3)
  • Scandola (Corse de l'ouest) (4)
  • Carry-le-Rouet (Bouches du Rhône) (5)
  • Solenzara (Corse orientale) (6)    

Des observations faites par les membres du GEM en Tunisie (7) et en Espagne à l'occasion de séjours de coude durée, sont citées à titre de comparaison.

Les eaux du Parc National de Port-Cros ont été plus particulièrement étudiées eu égard à l'importance numérique de la population locale de mérous.

 

Les missions

Entre l'automne 1987 et l'automne 1994, dix sept missions ont été réalisées. La plupart ont eu lieu à Port-Cros, les autres aux Lavezzi, à Scandola, à Solenzara, à Carry Le Rouet et Cerbère-Banyuls. Les principales sont citées ici :  

Missions à Port.Cros Sept. 1987 (7 jours)
Mars 1988 (4 jours)
Juin 1988 (4 jours)
Sept. 1988 (3 jours)
Mars 1989 (3 jours)
Juin 1989 (3 jours)
Oct. 1989 (5 jours)
Oct. 1993 (5 jours)
Août 1994 (3 jours)
Mission à Cerbère / Banyuls Juin 1988 (2 jours)
Mission à Scandola Juil. 1989 (7 jours)
Mission aux Lavezzi Août 1989 (9 jours)
Mission Tyrrhenia à Solenzara
Mai
1993 (5 jours)

 

Méthodes d'étude

L'étude démographique in situ est fondée sur l'observation en plongée et le marquage pour un repérage individuel particulier.

Marquage

Un premier type de marquage est expérimenté avec des marques Floy-Tag (Fig. 2a), de type harpon, numérotées et de couleurs différentes selon les secteurs concernés. Celles-ci sont appliquées en plongée dans la partie musculeuse comprise entre la nageoire dorsale et la ligne latérale du mérou, à l'aide d'une arbalète sous-marine dont la flèche a été préalablement modifiée (Fig. 2b). Cette flèche est munie d'un trocart dans lequel se loge la marque. Un arrêtoir en caoutchouc évite à la flèche de pénétrer trop profondément, quatre centimètres étant suffisants à la fixation de la marque.

Figure 2 :

a) marque Floy-Tag de type harpon,
numérotée.

b) Flêche destinée au marquage.

Les marquages sont effectués en scaphandre autonome ou en plongée libre (apnée).

Un report cartographique précis des mérous marqués est établi après chaque opération. Une autre technique, plus douce à l'égard des jeunes individus, permet leur marquage après anesthésie et capture. Grâce à un appareil immergeable, le plongeur positionne une marque de plastic, type étiquette vestimentaire, en y ajoutant un numéro ou une couleur.

 

Identification visuelle  

Le G.E.M. teste depuis peu, en collaboration avec l'Institut Océanographique Paul Ricard, une technique d'identification visuelle (Fig.3) grâce aux taches naturelles du poisson présentes autour des yeux. Cette méthode permet à terme, de réaliser avec précision, une fiche individuelle d'identification pour un suivi de la population, en particulier dans les espaces marins protégés.

Reportez vous à la fiche des livrées, pour un exemple de taches carractéristiques.

 

Observation in situ

La plupart des mérous ayant leur gîte entre 10 et 30 mètres de profondeur, avec un maximum d'individus entre 15 et 25 mètres, les plongées d'observation se déroulent entre la surface et 45 mètres sur une zone délimitée à l'avance. Lors d'une plongée, tous les gîtes potentiels sont visités et sont précisées les données suivantes :

 

Anesthésie in situ

Plusieurs produits ont été testés en vue d'obtenu des anesthésies in situ. Ceci afin de permettre quelques prélèvements sur l'animal vivant (écailles) et la pose éventuelle d'émetteurs pour pratiquer le radiotracking.
Anesthésique dispersé dans l'eau: la quinaldine
.

Cet anesthésique peut être d'une utilisation aisée en plongée dans certaines situations mais le risque d'une désertion définitive du gîte par le mérou endormi avec ce produit n'est pas connu.

Cette méthode est actuellement la seule qui soit relativement maîtrisée. Elle concerne surtout les jeunes individus.

 

Anesthésiques injectés au mérou et matériel d'injection :

Plusieurs produits existent pour endormir les poissons par injection. La xylazine, l'acépromazine et l'hyaJuronidase sont des liquides anesthésiants assez peu satisfaisants, étant plus spécialement employés pour des animaux à sang chaud. Le meilleur produit à utiliser pour un animal à sang froid est sans doute l'alphaxolone.

La seringue employée pour l'injection est une seringue de la société TELINJECT, suffisamment résistante pour pénétrer à travers les écailles et le derme des mérous.

Elle résiste aux premières secousses du poisson et se vide dans le muscle et non à l'extérieur.
Normalement prévue pour anesthésier des animaux terrestres, cette seringue a été modifiée pour son utilisation sous-marine et est propulsée à l'aide d'une arbalète de pêche sous-marine.