| Moratoire sur la chasse du Mérou |
Pourquoi faut-il compléter ce moratoire et le prolonger ?
A la fin des années 1980, quelques mérous de taille moyenne (30 à 40 cm) ont commencé à faire leur réapparition, peut-être en provenance de l'Afrique du Nord (voir les autres rubriques de ce serveur). Progressivement, la proportion de mâles et de femelles des populations de mérous le long de nos côtes a retrouvé un équilibre permettant, ou laissant espérer, la reprise de la reproduction. Simultanément, une légère modification des conditions hydroclimatiques en Méditerranée nord-occidentale (en particulier un réchauffement des eaux) pourrait avoir facilité le développement des oeufs et juvéniles de mérous. A partir de 1991-1992, des mérous de très petite taille ont été observés sur nos côtes : la reproduction des mérous devait avoir lieu... mais pour quel avenir ?
Les observations réalisées en Corse ou ailleurs en Méditerranée ont permis aux scientifiques du GEM de mieux définir l'habitat occupé par les mérous durant leurs deux premières années de vie. Il s'agit essentiellement des zones littorales, peu profondes (moins de 5 m de fond) où le mérou trouve des amas de petits blocs rocheux. Là, il passe ses premières années de vie en partageant son habitat avec d'autres poissons comme les serrans ou quelques labres. Ensuite, grandissant et prenant du poids, il lui faut un trou plus à sa taille et il se déplace vers des zones un peu plus profondes (10-15 m) pour rechercher le trou idéal. C'est à dire que, jusqu'à l'âge de 5-6 ans, le mérou se trouve très vulnérable. Près de la surface, il a été la proie des chasseurs sous-marins débutants et des pêcheurs à la ligne; dans la zone des 10-15 m, il est à la portée de presque tous les porteurs d'arbalètes sous-marines.
La décision d'interdire la chasse sous-marine du mérou le 2 avril 1993 (arrêté du Préfet de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur) a été très salutaire pour ce poisson. Ce n'est pas le fait que le moratoire existe qui a permis l'arrivée des jeunes mérous. Non, par contre, grâce au moratoire, les jeunes mérous qui revenaient n'avaient plus à craindre les chasseurs, du moins les réguliers. Mais il restait les braconniers et les pêcheurs à la ligne.
Ce moratoire prennait fin le 31 décembre 1997. Grâce à l'action de chacun,
il est reconduit pour une durée de 5 ans, donc du 1 janvier 1998 au 31 décembre
2002. Cet arrêté du 25 novembre 1997 a été pris par le préfet de la région PACA.
Seule petite ombre au tableau, il y en a malheureusement une, cette protection ne vise
toujours que la chasse sous-marine, les autres formes de prélèvements ne sont toujours
pas incluses. Certes, vous me direz, ce sont les braconniers qui font le plus de mal
aux peuplements de mérous, mais, les chasseurs sous-marins vont peut-être trouver
injuste qu'ils soient les seuls visés par cet arrêté ... on peut les comprendre!
Patrice FRANCOUR.