Le marché anglais

Par Cédric Verdier

 

En dehors de Scapa Flow, formidable cimetière d'épaves situé tout au Nord de l'Ecosse, que sait-on généralement de la plongée en Grande-Bretagne ? Et pourtant le marché est bel et bien là. Aux dernières estimations, il s'agirait de plus de 400 000 plongeurs qui profiteraient régulièrement des charmes de la plongée dans les eaux troubles, froides et agitées d'Outre-Manche. Sans parler des centaines de plongeurs qui se pressent chaque week-end de l'année dans les eaux glaciales de carrières très fréquentées.
Tous ces plongeurs, formés sous la houlette du BS-AC (British Sub-Aqua Club), de la SAA (Sub Aqua Association) et de PADI, ont leurs grandes messes lors des salons de Londres et de Birmingham. Tout cela sous l'impulsion du très actif Prince Charles, président d'honneur du BS-AC.

Seulement tout ce beau monde a du plomb dans l'aile, et les déconvenues financières du BS-AC font le bonheur de ses concurrents. Même le magazine DIVER, organe officielle de cette fédération pendant de longues années, vient de déclarer son autonomie complète. Les détracteurs, et parfois même les membres du BS-AC déclarent en cœur que la refonte des brevets visant à concurrencer des systèmes à vocation commerciale tels que PADI, ne correspondait pas à l'esprit même de cette fédération. Résultat : les plongeurs semblent se détourner du BS-AC et les critiques vont bon train. Et une trésorerie aux bilans alarmants n'arrange pas les choses…

Pourtant les formations vont bon train. La preuve en est l'incroyable dynamisme d'une des plus vieilles institutions anglaises dans le domaine de la formation de plongeurs, Stoney Cove. Cette carrière de granit, perdue au milieu des Midlands, non loin de Birmingham, est chaque jour depuis 1978 le rendez-vous d'un nombre impressionnant de plongeurs qui, hiver comme été, s'immergent à la découverte des voitures, avions, hélicoptère, bus et autres attractions de cette énorme mare aux canards. Sur place, salles de classe, magasins de plongée, station de gonflage air et mélanges, et même caisson de recompression. La popularité est telle que la direction de Stoney Cove a instauré cette année un système plutôt novateur, le Diver Log. Chaque plongeur est enregistré sur ordinateur et se voit délivré une carte personnelle avec photo et code-barre. A son arrivée à Stoney Cove, son code-barre est lu par un lecteur, comme aux caisses d'un supermarché. C'est suffisant pour savoir qui est là et, en cas d'accident, pour récupérer instantanément ses coordonnées et ses données. Simple et efficace !

Pour le reste du marché, la tendance est à la plongée Tek au Royaume-Uni. Des fabricants proposent des recycleurs ou du matériel spécifique et chacun rêve de participer aux expéditions successives sur l'épave du Britannic, sister-ship du très médiatisé Titanic.
Cela suffit pour dynamiser un réseau de plusieurs centaines de revendeurs spécialisés : chacun y va de son mousqueton à la mode et de sa plongée sur épave. L'opération de séduction marche : les plongeurs anglais n'ont jamais été aussi actifs.