Le Saviez-vous ? La plongée, star de cinéma

Par Cédric Verdier

 

Lorsque l'on parle des relations entre la plongée et le cinéma, on pense immanquablement au " Grand Bleu " et au formidable engouement qu'il a engendré pour le monde sous-marin. On pense également à des films récents tels que " Sphere ", " Abyss " ou " Leviathan " et le succès plus ou moins grand qu'ils ont connu.
Mais en réalité, découvrir le monde sous-marin a toujours fait partie intégrante des merveilles que pouvait proposer le Septième Art au grand public.
Remontons en 1916. Cette année, Stuart Paton réalisait un film muet, " 20 000 lieues sous les mers ", librement inspiré de Jules Verne, et dont les séquences sous-marines s'avéraient plus féeriques que réalistes. La technique de prises de vue en immersion n'était pas encore au rendez-vous. Il fallut attendre 1939 et Hans Hass pour découvrir les fonds de Bonaire dans le véritable premier film sous-marin : " Traque sous la mer " (" Pirsch unter Wasser " pour les puristes !). On y découvrait les aventures monochromes de plongeurs, accompagnés de commentaires dignes des films de propagande allemande de l'époque. Mais qu'importe, l'image était là.
Disney est lui aussi intéressé et, dans un remake de " 20 000 lieues sous les mers " agrémenté de la fossette de Kirk Douglas et du charme de James Mason, présente l'évolution de plongeurs équipés des scaphandres Rouquayrol Denayrouze.
Passage obligé par l'incontournable Commandant Cousteau qui sut s'associer à Louis Malle, en 1956, pour présenter " Le monde du silence " au festival de Cannes et obtenir ainsi les honneurs du jury. Le film sous-marin avait acquis ses lettres de noblesse.
C'est à cette époque que côté petit écran, naissait outre-Atlantique une série mythique du nom de Sea Hunt avec Lloyd Bridges (le père de l'acteur Jeff Bridges) dans le rôle du héros Mike Nelson. Cette série fut à l'origine de bon nombre de vocations de plongeurs aux USA et même si elle s'arrêta en 1961, elle continue encore à être diffusée. Ce n'est pas sans rappeler les aventures de Flipper le dauphin.
Passons sur tout un tas de navets, dont les essais de Vincent Price dans " La cité sous la mer " de Jacques Tourneur, ou le concours de T-Shirt mouillé de Jacqueline Bisset dans " The Deep " (" Les grands fonds ") avec le bovin Nick Nolte, et arrivons à ce qui commotionna une génération d'Américains : " Les Dents de la mer " (" Jaws "). C'est ce chef d'œuvre de Steven Spielberg en 1975, ainsi que les trois films qui suivirent, qui détruisit en quelques semaines tout l'émerveillement et la fascination pour le monde sous-marin que d'autres avaient su créer auparavant. Le peur était née.
Depuis, l'effet c'est estompé. Le rêve de Luc Besson dans " Atlantis " et le mystère des séquences sous-marines de " Titanic " ont su regagner l'imaginaire du grand public.
La plongée, délaissée par le cinéma ? ça m'étonnerait...