Lorsqu'un abonné d'Aqua-tek rencontre un autre abonné d'Aqua-tek (des abonnés aux gaz, pour ainsi dire),
de quoi parlent-ils ?
Ils ne parlent pas, ils plongent.
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Et quand l'action se déroule en Guadeloupe, peuvent-ils plonger ailleurs
qu'au Sec Pâté, LA plongée de Guadeloupe, the dive of the loinqué ? |
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Trois dents, qui démarrent de -300 pour culminer à -12, entre le sud de la
Basse-Terre et l'archipel des Saintes, en plein dans le Canal des Saintes,
justement. Aux Antilles, par canaux on désigne les espaces entre les îles,
entonnoirs où s'engouffre l'océan Atlantique pour en ressortir mer des
Caraïbes. La mutation ne s'effectue pas sans douleur, le courant s'accélère,
les vagues grossissent, ça remue sévère. Pas toujours, mais souvent. Assez
pour que le site ait une réputation de danger bien établie. Rares sont les
bateaux de plongée à s'y rendre sans que durant la navigation soient mille
fois évoquées les diverses façons dont le Sec va vous bouffer tout cru avec
les palmes. (Conséquence : des théories de plongeurs se mettent à l'eau les
genoux castagnettes, déjà en accident virtuel. Y a des pédagogies, comme ça,
qui m'échappent, mais c'est une autre histoire...) |
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Pour rejoindre le Sec plusieurs méthodes : |
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Eric, son épouse et leur fils prendront la navette, mon épouse et moi-même en
profiterons pour un week-end prolongé aux Saintes à bord du voilier d'une amie,
Chantal, également partante pour un ti-Sec. Nous serons donc quatre à plonger. |
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Loi de l'emmerdement maximum oblige, le samedi consacré au trajet à la voile se
déroule sur une mer d'huile, avec un alizé en panne et une pluie ininterrompue,
alors qu'au petit matin du dimanche un vent fort donne une mer blanche dans le
canal... |
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Dans la Baie du Bourg la mer est belle, passée la protection de l'Îlet Cabri
elle change. Le vent charrie de l'écume, mais c'est plus impressionnant que
dangereux, les vagues n'ont pas encore eu le temps de vraiment se former, à
peine un mètre cinquante, la coque en V de la saintoise les tranche sans trop de
douleur. |
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Un peu avant d'arriver sur zone, j'enfile une stab équipée d'un 12 litres, et au
signal de Cédric saute à l'eau. Pile sur le Sec. La visi est excellente, je
repère immédiatement à une quinzaine de mètres la corde enchaînée au piton
central que je dois aller récupérer. Quelques solides coups de palmes plus bas,
j'agrippe l'oeillet du cordage et gonfle ma stab. Je remonte, pas très vite. Je
gonfle davantage le gilet. Palme. Gonfle. Palme. Macache, pas moyen de crever la
surface. Le courant me maintient deux mètres en dessous. Plutôt que de
m'épuiser, je change de tactique et lâche tout, puis explique le problème au
bateau. Eric me tend un bout, je redescends avec, le passe dans l'oeillet et
remonte. Le bateau est amarré. Je grimpe à bord. Plus qu'à reprendre mon
souffle... |
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Ce que je fais pendant que les autres s'équipent. Cédric rappelle les consignes
de sécurité, et précise que si quelqu'un se fait embarquer par le courant il
doit se contenter de gonfler son parachute et sa stab, le bateau ira le
chercher. |
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Tout le monde est à l'eau. J'enfile mon harnais accroché à un 15 litres et
bascule en arrière. Palmer en surface contre les vagues et le courant est très
inconfortable, plutôt que d'aller jusqu'au mouillage, je me laisse couler et
cherche la protection d'un des pitons du Sec. La méthode est bonne, j'arrive
près du rocher sans trop d'efforts. Eric n'est pas loin, malgré la "prise au
vent" de son appareil photo. Mon épouse est légèrement au-dessus, au niveau de
la chaîne d'amarrage. Chantal est encore en pleine eau, elle semble forcer. |
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Parvenue au rocher, elle indique qu'elle est un peu essoufflée. On attend
quelques minutes, ça se tasse, néanmoins mon épouse me fait signe qu'elles se
contenteront de 35 mètres. Deux "palanquées" de deux, donc. OK. Eric et moi
descendons jusque sous un surplomb vers 46 mètres. De là la perspective est
grandiose, tant vers le haut où des bancs de carangues croisent autour des
pitons chargés de gorgones bleues, que vers le bas où l'on se prend à rêver de
dégringolades infernales au trimix. Mmphh !... Un jour... |
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En attendant, je cherche une longue faille qui rejoint l'autre côté. On y accède par une arche. Elle se situe à une dizaine de mètres au-dessus de nous. Je la montre à Eric, puis à mon épouse. De grandes gorgones occupent l'espace, mais avec un minimum de précaution on passe sans toucher, les uns après les autres. La fracture dans la roche permet d'aller d'un côté à l'autre des pitons sans devoir affronter le courant. D'autres failles s'en écartent, se coupent et se recoupent, plus ou moins étroites, plus ou moins praticables. Dans une anfractuosité se cache souvent une énorme murène verte, pas cette fois. En revanche, une tortue qui cherchait à s'éloigner des filles manque de percuter Eric. Elle bifurque sur l'aile et s'écarte. Eric tente une photo, le courant le déséquilibre. Prise, pas prise, on verra. La tortue remonte le courant comme qui rigole, on ne s'amuse pas à la suivre. |
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Autour d'une éponge gravite un banc de balistes océaniques. Des poissons que
l'on ne rencontre guère que là, ils aiment l'eau libre et les récifs perdus du
large. De couleur argent, plus gros que des balistes royaux, avec la même nage
placide, sénatoriale. |
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Bon, il va être l'heure... Mon ordi affiche seize minutes de palier. Le temps de
regagner le mouillage, il en affiche vingt. Celui d'Eric seulement quinze. Le
Nitek3, même réglé à 22% d'O2, reste assez pénalisant, et puis il a enregistré
mon épisode récupération du mouillage. Ce n'est pas grave, vingt minutes au-
dessus du Sec Pâté est en soi une plongée fabuleuse, on va pas se plaindre. Le
seul problème c'est l'air, un coup d'oeil au mano et un rapide calcul m'amène à
penser que... il n'y aura rien de trop. Rien de dramatique non plus, j'aperçois
la bouteille de sécu sous le bateau, quant au bloc d'Eric, il est encore gavé
d'au moins cinquante bars et équipé d'une "long hose". |
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Même si l'on est salement chahuté par la houle... On dirait que l'état de la mer
ne s'est pas amélioré. |