Le DEMA côté cour...

Par Cédric Verdier

 

Chaque année, le DEMA Show draine des professionnels du monde entier - C'est un salon à l'échelle américaine, avec tous les problèmes d'organisation qui y sont liés - C'est aussi une gigantesque école où les professionnels viennent suivre des cours et des séminaires les plus variés.

Un salon itinérant organisé par la Diving Equipment and Marketing Association (DEMA pour les intimes) et destiné uniquement aux professionnels de la plongée sous-marine. C'est le pari relevé il y a maintenant 22 ans de cela, et le concept se porte à merveille. Chaque année sont ainsi rassemblés les fabricants de matériel, les voyagistes, la presse spécialisée, les centres de plongée, les organismes de formation et toutes les activités qui gravitent autour de cette industrie.
Même si les nouveautés étaient bien discrètes cette année à Los Angeles, à l'exception de la plongée en kayak ou des recycleurs, tout le monde s'accorde à dire qu'avec plus 14 000 visiteurs professionnels, le salon de cette année était l'un des plus gros en terme de fréquentation. Tout au moins pour un salon organisé sur la côte Ouest ! Car chaque année, ce salon a lieu dans une ville différente, normalement une fois dans l'est du pays et une fois dans l'ouest (Orlando l'année dernière, L.A. cette année, puis ensuite la Nouvelle Orléans et Las Vegas, les lieux sont eux aussi attractifs). Et les salons de la côte Ouest sont toujours moins fréquentés que ceux de la côte Est car paradoxe américain oblige, si des professionnels étrangers de plus de 100 pays viennent aux USA, ceux de Floride ne se déplacent pas en Californie.

Toujours est-il que, selon Robert Watts le Directeur de DEMA, "l'édition de cette année a posé un certain nombre de problèmes d'organisation liés principalement à la Californie". Car pour réunir plus de 800 sociétés différentes dans un même salon, il faut les répartir sur quatre grands halls en enfilade. Ce qui fait que les derniers halls sont moins visités que les premiers.
Autre problème, le contrôle, car il est difficile de surveiller les allers et venues de matériel par les quelques 25 portes principales ou secondaires qui permettent d'accéder aux différents halls. Et les voleurs existent partout dans le monde.
Les détails financiers sont aussi d'actualité car les syndicats californiens s'occupant du transport ou de l'installation des stands pratiquent des tarifs jugés prohibitifs. Et impossible d'utiliser d'autres prestataires. Même principe pour les cafétérias et les petits snacks ambulants qui refusent de servir de la nourriture durant toute la journée si l'organisateur ne leur garantit pas une recette minimale !
Mais ces problèmes devraient trouver solutions pour le salon prochain. Car à DEMA, on hésite pas à faire un debriefing général après la clôture, afin de mettre à plat en public, les difficultés rencontrées.
On hésite pas non plus à investir dans des actions de promotion. Cette année encore, une loterie géante d'une durée d'un an, a attiré plus de 100 000 personnes pour gagner des Jeep. Pour 98, on annonce le lancement de l ' "Année de la mer". DEMA a dégagé un budget de 1,4 million de dollars pour promouvoir activement la plongée auprès du grand public mais pour Brian Merritt, le Directeur des études de marché de DEMA "Ce n'est pas à DEMA de promouvoir la plongée. C'est à l'industrie elle-même de le faire, charge à DEMA de diriger et de canaliser les actions".
Et DEMA sait également médiatiser ses actions, grâce à des spots publicitaires sur certaines chaînes câblées ou des reportages Live par satellite entre le Salon et un laboratoire de recherche marine.
Mais ce salon annuel est bien plus qu'une simple exposition ou que la démonstration de matériels dans une piscine géante. C'est également une succession de séminaires très variés qui s'enchaînent continuellement durant les quatre jours. Les sujets traités sont aussi divers que l'entretien des appareils photo Sea & Sea, les statistiques d'accident de décompression de DAN, les bases tropicales de Cancun, la responsabilité juridique des centres de plongée ou le calcul des marges bénéficiaires d'un magasin. En tout plus de 70 séminaires différents se sont déroulés dans les salles de conférence jouxtant le salon. Des sujets tel que "Le nettoyage des bouteilles Nitrox" ou "Comment adapter le matériel de plongée aux femmes" ont fait salle comble cette année. Autres tendances : le Nitrox s'est banalisé et de très nombreux centres et fabricants le présente maintenant comme un produit comme les autres (il suffit de revenir deux ans avant pour voir l'évolution !), les séminaires sur le marketing sont moins à la mode et les visiteurs se sont davantage intéressés cette année à des séminaires ayant une application pratique réelle et immédiate, tel que les stations de gonflage ou la réparation des détendeurs.

Mais là où le succès a été sans précédent, c'est à la conférence annuelle des voyages plongée. De nombreux voyagistes et T.O., certains non spécialisés plongée, ont fait le déplacement pour connaître les tendances actuelles du marché. Il faut dire que l'on estime à plus de 2,4 milliards de dollars le chiffre d'affaire réalisé aux USA par cette industrie du voyage. Et à en juger par le nombre de destinations présentées sur les stands et dans les séminaires du salon, ce secteur d'activité est doté d'un dynamisme certain.

(Paru dans Plongée Magazine)