Le marché espagnol.

Par Cédric Verdier

 

Pendant longtemps et pour beaucoup, l'Espagne c'était le pays des vacances pas chères sur la Costa Brava, avec vie nocturne et paella à volonté. Cliché, car dans le domaine de la plongée, l'Espagne est devenue en quelques années une pièce importante sur l'échiquier européen.

La preuve en chiffre : rien que pour les magasins de plongée (on en dénombre près de 220 dans toute la péninsule ibérique), le chiffre d'affaire total est estimé à plus de 240 millions de francs. Le fabricant leader est sans conteste Cressi-Sub, mais la plupart des autres marques y sont également représentées, s'affrontant farouchement à grands renforts de publicité dans les différentes revues, dont nos confrères Apnea Revista et Buceadores.

Dans le domaine de la formation, là aussi les choses sont loin d'être figées. Les organisations de formation jouent leurs pièces avec détermination et l'on y trouve, en rôles majeurs, PADI et la fédération espagnole, la FEDAS, dont le siège, à Barcelone, regroupe 19 fédérations et délégations autonomes. Un peu moins prédominants, ACUC et SSI sont également très actifs.

La raison de tant de dynamisme est sans doute à chercher dans la situation économique, car le pays se porte plutôt bien et les investisseurs et touristes étrangers sont les bienvenus. Même si l'on estime que le nombre de plongeurs espagnols se situe autour de 100 000, c'est surtout le nombre de touristes plongeurs qui est impressionnant. La vie n'y étant pas trop chère et l'accueil proverbial, ce sont des milliers de plongeurs et de futurs plongeurs qui franchissent les frontières chaque année pour découvrir le charme des côtes espagnoles, dans des centres situés bien évidemment aux Canaries, aux Baléares, mais aussi sur la façade atlantique (Galice) et méditerranéenne, à l'Est de Gibraltar (Murcie) et le Nord de Barcelone (Catalogne).

La situation politique y est sûrement aussi pour quelque chose. Longtemps du domaine exclusif des militaires durant la dictature Franquiste, la plongée est devenue un acteur de développement touristique majeur lorsque les différentes provinces ont acquis une réelle autonomie, aussi bien linguistique que politique et économique.

L'exemple type est évidemment celui de la Catalogne qui a misé entre autres sur la plongée. Au programme : création de réserves sous-marines telles que les îles Medes, avec extensions successives des limites de cette réserve. Des villages tels que L'Estartit, se consacrent dorénavant en priorité à la plongée. Centres de plongée, bateaux avec ascenseur, hôtels et restaurants, magasins, tout est prévu pour le plongeur quelle que soit sa langue et son pays d'origine. Si, comme l'estiment certains, près de 30% des revenus de cette ville sont liés à la plongée, c'est dire si elle joue un rôle essentiel dans les activités touristiques de villages catalans similaires. On y voit actuellement fleurir les entreprises liées à la plongée. Armé d'un dynamisme à toute épreuve, les Offices de Tourisme de certaines villes et provinces répondent Présent à la plupart des salons européens liés à la plongée. Le résultat ne se fait pas attendre et risque de surprendre les plus sceptiques des acteurs de notre secteur d'activité.