Le marché italien

Par Cédric Verdier

 

500 000. C'est le nombre estimé de plongeurs actifs en Italie. Alors qu'on ne les voit peu sur les côtes françaises, les plongeurs italiens sont des passionnés du monde sous-marin et de plus en plus souvent des grands voyageurs. Et le secteur de la plongée est sans conteste le deuxième en Europe après l'Allemagne.
Car c'est le mot dynamisme qui caractérise le mieux la plongée en Italie. Dynamisme au niveau des fabricants de matériel de plongée, dont les plus grands noms sont en Italie (Cressi-Sub, Mares, Technisub, Scubapro, Ocean-Reef, Oceanic, etc.), et le plus souvent dans les environs de Gênes, pour des raisons purement historiques dès 1945.
Dynamisme des magasins et des centres dont le nombre est estimé à plus de 300, dont la plupart sont ouverts toute l'année, à l'exception de zones telles que la Sicile, la Sardaigne, Puglia et certaines régions de Toscane.
Dynamisme des organismes de formation de plongeurs. C'est en effet en Italie que l'on trouve le plus grand nombre de fédérations et d'organisations en Europe (mais on est loin des excès du Japon). En effet, même si PADI représente 60% du marché Italie, il n'en reste pas moins que les autres sont particulièrement actifs : ANIS, ACUC ; SSI, IDEA, NAUI, UISP Lega Sub, FIPSAS, FIAS, NASE, NASD et sûrement quelques autres.
Dynamisme de l'industrie de la plongée en général qui se manifeste par un salon parmi les plus fréquentés et les plus appréciés d'Europe : L'EUDI Show qui a eut lieu à Bologne à l'automne dernier.
Dynamisme enfin des plongeurs eux-mêmes qui ont accès à des kilomètres de côtes, aux îles magnifiques de l'archipel Toscan, de Sicile et de Sardaigne, mais aussi à des lacs impressionnants dans le Nord. Pour Nino Nicoletti, le Directeur du Marketing de Cressi-Sub, " le plongeur italien est souvent un passionné et n'hésites pas à consacrer une grosse part de son budget à l'achat de matériel. En vacances, l'important c'est de se faire plaisir. Tant pis si à la fin, on se rend compte que le budget prévu est dépassé. On se serrera la ceinture plus tard. Le plongeur italien profite beaucoup de l'instant présent, ce qui fait le bonheur des magasins et des centres de plongée des stations balnéaires. En somme, le plongeur italien profite de l'instant présent."
C'est aussi ce qui explique l'engouement pour la plongée Tek et pour les formations en général. Le nombre de moniteurs suit en conséquence et le marché de la formation est très actif.

Mais tout n'est pas rose au pays de la douceur de vivre car des réglementations régionales sont aussi là pour apporter un bémol à une situation qui aurait pu passer pour idyllique.
Comme le souligne Mauro Bertolini, le représentant légal de PADI Europe en Italie, " des textes réglementaires très négatifs viennent semer la confusion en Sardaigne et en Toscane. Et cela rejaillit sur l'ensemble de la plongée en Italie. Tous les professionnels craignent que d'autres régions n'aient des idées similaires.

Ainsi en Sardaigne, une vieille réglementation locale ne permet qu'aux moniteurs de la FIPSAS d'enseigner la plongée.Mais c'est l'Italie et les lois sont vite oubliées, pour être parfois ressorties au grée des humeurs des autorités locales, tel un spectre que l'on agite quand on le juge nécessaire. Quand à la Toscane, un projet de loi voudrait que seule une formation de plus de 600 heures permette d'enseigner la plongée ".

Voilà qui va faire réfléchir ceux qui trouvent que la réglementation de la plongée en France n'est pas toujours très claire...