Limitation de vitesse.

Par Cédric Verdier

 

Pourquoi trouve-t-on souvent sur les tables de plongée des vitesses de remontée avoisinant les 17 ou 18 mètres par minute ? Sûrement parce que ces vitesses ont été calculées pour permettre une dessaturation optimale de l'Azote dans l'organisme.

Et bien à l'origine, pas du tout. Il est vrai que dès 1908, J.S. Haldane, l'un des pionniers de la recherche hyperbare, avait préconisé une remontée lente en fin de plongée. Mais la vitesse en vigueur dans l'U.S. Navy avant la 2ème guerre mondiale était de 25 pieds à la minute, c'est-à-dire approximativement 7,5 mètres à la minute. N'oublions pas que les plongeurs de l'époque étaient des scaphandriers pieds lourds.

Dans les années 50, l'U.S. Navy préparait les tables USN 58 qui allaient devenir sans conteste les tables les plus utilisées dans le monde. Le docteur Edward Lanphier fût l'un de ceux qui s'intéressèrent à la vitesse de remontée. Les discussions furent vives. Le groupe des pieds lourds souhaitait garder la même vitesse de 7,5m/mn alors que les plongeurs en scaphandres autonomes, nouveaux venus, exigeaient une vitesse d'au-moins 30m/mn. Le résultat fut un compromis humain, et non scientifique, de 18m/mn. Tout le monde fut satisfait car cela donnait 60 pieds par minute, soit un pied à la seconde, ce qui était très facile à retenir.

Depuis, les moyens de recherche ont évolué. Les tables et les ordinateurs de plongée utilisent maintenant des vitesses de remontée souvent plus lentes, basées sur des données scientifiques et non sur des compromis destinés à éviter des conflits d'individus.

(Paru dans Plongée Magazine)