Comment justifier d'aller si loin que les Philippines ?

Par Christian Dumas





La Plongée est l'un des rares sports dans lequel l'on ne rencontre pas de frimeurs.

Il y a ceux qui plongent pour le plaisir, pour la découverte, pour la connaissance, pour l'Amitié (notez que le A, est en lettre capitale), pour l'esprit de confrérie, ou tout simplement par curiosité.
Les autres… ceux qui seraient tentés de ne plonger que pour la frime, ne deviennent jamais Membres de notre confrérie... ils abandonnent avant: et c'est très bien comme ça.

La première fois que j'ai plongé, c'était pendant mon passage dans la Marine Nationale.
Trop froussard, je l'avoue, pour confier mon corps à un parachute, mais ayant choisi d' être dans le noble corps des Fusiliers marins… J'ai eu la chance de devenir Nageur de combat. L'année...j'ose à peine vous la citer , pour ne pas être traité de VIEUX.
Enfin, disons le quand même, c'était en 1957... et j'avais dix huit ans.

La seconde guerre mondiale était finie depuis longtemps...
Vous foutez pas de ma g...
et je n'ai pas eu à poser de mines sous les coques des bateaux...
En Algérie, le F.L.N, n'avait pas de bateaux...
Par contre, et avec du matos... que si que vous en voyiez maintenant, vous ressentiriez la même appréhension que si l'on vous demandait de descendre une piste noire avec des skis de la même époque...
J'ai découvert ce qu'était cette liberté extraordinaire que de pouvoir aller jouer avec les poissons, et d'être considéré par eux, comme l'un des leurs.

A partir de cette époque, ma vie professionelle a été organisée en fonction de l'intérêt de telle ou telle responsabilité qui m'était offerte, mais aussi, et surtout, en considérant les opportunités d'activités sportives...dont la plongée venait au premier rang... que je pourrais pratiquer.
Une éclipse partielle... l'époque ou j'ai travaillé dans la pub... (petit clin d'oeil aux publicitaires). Ce métier de fou, dans lequel je m'étais engagé, ne pouvait me laisser assez de temps (en plus, j'étais à Paris) pour sacrifier à mon vice.
J'ai, pourtant tout tenté pour rester dans le giron de notre "société", et suis même allé jusqu'à créer ma propre Agence de Pub... à Marseille...

NE FAITES JAMAIS ÇA ! c'est le pire: il fait beau tout le temps,...et les week-ends où vous planchez sur une campagne...votre bateau et les copains sont partis sans vous, et se régalent à 45 minutes de mer.
Alors, j'ai craqué… je me suis tiré en voilier.
Tiens, je vais vous faire sourire... Jacques SEGUELA, un copain, avec lequel j'avais eu quelques relations professionnelles... et amicales..., un jour, où nous prenions l'avion, pour aller de Marseille à Paris, et alors que je l'informais de ma décision de partir en voilier, m'a fait cette réflexion:
"T'es vachement courageux de faire ça! Moi, je ne pourrais pas, je suis trop attaché, à cette société, et à son confort".
J'avais 45 ans. Jacques est mon ainé de quelques cinq ou six ans seulement.
Quand il avait 20 ans, il avait traversé les deux Amériques, et le Sahara. à bord d'une 2 chevaux Citroên.
Lui, était courageux, moi pas!
Je cherchais seulement à trouver un Paradis, que je n'avais pu trouver dans cette vie que beaucoup considèrent comme "normale".
Courageux, non.
Fou ? Peut être... et pourquoi pas ?

Six ans de navigation, en choisissant, vous même, vos destinations... vous en voyez des endroits de plongée... et j'en ai vus!
Les tombants de Bretagne, les couleurs de Port-Cros, les rivières sous-terraines des calanques de Cassis, les Mérous de Corse, les grottes des îles Lipari, les coraux ou les requins de la Mer Rouge (marteaux ou blancs mangeurs d'hommes), les Barracudas de l'archipel des Bijagos, les Raies Mantas de l'Atlantique, les tortues du Pacifique, les requins tigres des coraux des Maldives, les pieuvres géantes (trois mêtres d'envergure) des Chagos ou de Diego Garcia, les plages de sable blanc du Sénégal, de Sierra Leone, ou des Roques, les coquillages des Seychelles, les orques des Canaries, les dauphins-joueurs, gardiens des navigateurs...

J'ai pas tout vu... une vie, comme celle de Monsieur J. COUSTEAU, n'y suffit pas.
Il l' a dit lui-même.

Mais quand je suis arrivé aux Philippines, j'ai reçu un choc.



Tout ce que j'avais pu voir ailleurs, était là! Et il y avait plus encore...

Que vous dire de plus à propos de ce pays ? sinon: "Pardonnez-moi, mes chéris, d'y vivre toute l'année."


Quelsques conseils... éclairant, si non éclairés...

Vous le savez, la plongée est, statistiquement, l'un des sports, les moins dangereux au monde. Probablement parce que les Instructeurs et Maîtres de plongée, ne sont pas des "charlots irresponsables".
Les techniques d'enseignement de toutes les écoles de plongée du monde - CMAS, PADI, NAUI, etc... ne laissant aucune chance aux "charlots" d'atteindre un niveau qui pourrait les rendre dangereux...
Si vous suivez scrupuleusement les instructions qui vous sont donnés pendant votre formation, et si vous ne commettez JAMAIS l'erreur de plonger seul, vous n'aurez toujours que du plaisir à pratiquer ce sport.

Surtout, ne quittez jamais votre profondimêtre de l'oeil, car, vous le savez, ça descend très vite, si vous êtes bien lesté.

A propos des requins… Il existe quelques 300 types de requins, à travers le monde, et seulement 5 sont systèmatiquement aggressifs pour l'homme.
Aucun accident dû aux requins n'est jamais arrivé aux Philippines durant les dix dernières années.
Gardez cependant en mémoire, que les requins n'attaquent jamais, lorsque vous êtes le long d'un tombant.
Son sonar ne peut vous identifier, il n'identifie que la paroi qui se trouve derrière vous.
Vous le savez, les requins aiment l'eau froide, contrairement aux dauphins qui, souvent, aiment jouer en surface. La température moyenne de la mer, en surface, se maintient aux Philippines entre 27 et 31 degrés, selon la saison. A moins 15 mêtres, elle est encore supérieure à 22 degrés, sauf dans certains courants causés par les résurgences d'eau douce venant de la terre (très fréquents, dans la région de PALAWAN, et de l'archipel de BUSUANGA).
Vous ne verrez des requins à moins de trente mêtres de fond, qu'au lever du soleil, ou à son coûcher...Sinon, il vous faudra descendre à moins 50 mêtres, ou moins 70 mêtres... (tenant à plonger de longues années, et aimant la musique, je n'y suis descendu qu'une fois en 35 ans... comme de toutes façons, il y a d'autres moyens de voir des grosses bêtes... et qu'à part elles, à 70 mêtres, il n'y a rien à voir...C'est très bien comme celà).
Comme un requin affamé est capable de détecter une goutte de sang dans trente mille litres d'eau, évitez de vous couper les doigts ou les genoux.
Portez toujours des gants et protégez vos genoux avec des genouillères.
N'amenez pas de combi de 7mm. Elles vous seront inutiles.
Je plonge généralement avec une combi en lycra, et exceptionellement avec une 5mm.
Je n'ai jamais eu froid en 7 ans, quelque soit la saison, y compris en plongée de nuit.
Les gants vous éviteront de nombreux désagréments, surtout, si vous êtes un touche-à-tout.
Méfiez vous comme de la peste de tous les coquillages, sutout les plus jolis, si vous n'étes pas sûr de bien les identifier…les poissons pierre tuent en quelques minutes, mais certains coquillages, en quelques secondes.
Ayez toujours un couteau de plongée de bonne qualité, et servez vous en pour tout et tester...tout.
Un bon copain, récemment a mis sa mains dans une anfractuositéde rocher... il a laissé deux doigts dans une huitre qui s'est refermée.


Quelques sites... par ordre géographique :

Dans la Province des Visayas... Où bat le coeur des Philippines.

Mactan Island
  • Buyong
    Ça, c'est là ou est installée notre base nautique, sur une petite plage.
    A 20 minutes de l'Aéroport International de Cebu-Mactan, au milieu de tous les hotels et beach resorts.
    Nos bateaux sont mouillés par huit métres de fond, à une cinquantaine de mêtres de notre plage.
    A marée haute, vous partez, à l'eau de cette plage, et naviguez tout doucettement à travers les coraux, les éponges de mer , les étoiles, et les oursins noirs. (Si vous voulez vous faire des amis,
    au retour, vous en ramenez quelques douzaines)...
    A marée basse, un dinghy à fond plat, vous amène à notre lieu de mouillage et là, vous palmez cinq ou six fois (vous savez que l'on n'a rien sans rien... et qu'il faut parfois faire des efforts dans la vie...) pour passer de 8, à 12, puis... le tombant de quelques 80 mêtres.
    Tranquillement, vous pourrez vous stationner entre quinze et vingt mêtres... en dessous, ici, ... y a rien à voir.
    Par contre, à cette profondeur, les Gorgones, les poissons multicolores...qu'en Europe on achète à prix d'or pour les aquariums, les poissons clowns, quelques éponges, les poissons perroquets, les chevaux de mer, quelques petits barracudas, et les Jacks viennent vous faire un "coucou".

  • La grotte de Marigondon
    La plongée dans les grottes, est avec la plongée sur épaves, le plus dangereux type de plongée que vous pourrez avoir à faire dans votre vie de Plongeur.
    Mais la tentation est grande, quand vous commencer à avoir quelque expérience, de traquer une murène, de tenter une petite exploration dans un tunnel, ou de suivre un poisson exceptionnel dans une grotte, pour mieux le photographier.
    La Grotte de Marigondon, est l'une des plus grande grotte sous marine, connue, aux Philippines.
    Quelques cinquante mêtres de longueur, avec un accès de 12 mêtres de diamêtre.
    Le sommet de l'entrée, qui se situe par 28 mêtres de fond, au début d'un tombant, et se présente comme un gros trou vertical qui descend jusqu'à moins 40 mêtres.
    Votre lampe vous sera très utile pour entrer.
    Au retour, éteignez votre lampe, l'entrée de la grotte est si grande que vous serez aisément guidé par la lumière du jour, pour en retrouver la sortie.
    Excellent débuts pour un plongeur qui décide de se spécialiser dans la Plongée de Grottes.

  • Le Jardin corallien de Mary Cielo
    28 mêtres de descente, le long de la pente douce de ce jardin naturel, avant d'atteindre le tombant plongeant dans les abysses.
    Comme faits, sur mesure, pour explorer les coraux "oreille d'éléphant", les différents coraux "doux", les éponges-réservoirs.
    Cette pente, étant recouverte de sable corallien, vous avez de grandes chances de rencontrer quelques anguilles serpents, des raies aigles, et deux ou trois sting raies (venimeuses, mais pas agressives), reconnaissables à leur couleur bleue tachetée.
    Parfois, des tortues maraudent alentour.

  • Le Jardin corallien de Mary Cielo
    Ne pas confondre: Restaurant des Poissons, et Restaurant de Poissons.
    La différence, est qu'ici, est que c'est vous qui allez nourrir les poissons - une fois n'est pas coutume - et vous leur devez bien ça...
    Par 22 mêtres de fond, se trouve une grotte gardée par des centaines de poissons coralliens, toujours affamés.
    Ils attendent, là,,et des mains des plongeurs, leur nourriture journalière.
    Des hôtels de pierre, où elles habitent, les anguilles serpents vont vous surprendre par leur longueur, lorsque leur tête va venir fouiller dans vos mains, alors que leur queue reste dans leur "chambre".
    Endroit exceptionnel pour faire de la photo...

Moalboal
    Inclus dans nombreux de nos safaris, et "Package Tours", Moalboal est intéressant par bien des côtés. Un endroit de plongée à ne pas manquer:
Près de l'ile de BOHOL

Cabilao
L'ile de CABILAO est située à quelques 35 milles nautiques au S.E de Mactan, où nous sommes basés.
Une heure trente de bateau suffit pour vous mener au pied du phare.
En direction du N.E, à la limite d'un banc de sable, commence un tombamt vertigineux, qui descend jusqu'à plus de 300 mêtres.
Le meilleur de votre plongée, se situera a environ 30-35 mêtres, le long de ce mur, sur un aplomb sablonneux, et le long duquel vous vous laisserez porter par le courant (3 noeuds environ) alors, il y a de grandes chances que vous puissiez voir des groupes entiers de requins marteaux, balançant leur tête de droite à gauche, pour activer leur sonar.
En plus de ces requins marteaux, vous verrez de nombreux barracudas de grande taille.
Sur le fond de sable, des dizaines de colonies d'anguilles des sables, se balancent dans le courant, pour quêter leur nourriture.
Leurs corps fait comme un tapis, qui disparaît à votre approche, car elles se réfugient très vite dans leurs trous… pour quelques secondes.
Restez immobile, elles réapparaissent.
Il existe trois autres spots de plongée à Cabilao, nous ne vous les décrivons pas ici, mais chacun est du niveau plongée qualité 5 étoiles.



Balicasag
L'ile de Balicasag, se trouve à 20 milles nautiques, au S.E de CABILAO.
Ses sites de plongée, y sont parmi les plus remarquables de Philippines.
A un point tel, que le Département du Tourisme y a construit un petit Beach resort, d'une vingtaine de bungalows.(P.T.A)
Le problême, est que la Direction en est confiée à des "fonctionnaires du Gouvernement", et que leur esprit n'est pas l'idéal pour gérer un hôtel.
Les choses peuvent changer prochainement, car j'ai appris, que d'une part le P.T.A envisageait de donner le Beach resort à gérer à des Privés, et d'autre part, qu'un Français, originaire de TAHITI...ou peu de touristes se rendent depuis que l'on y a fait pêter les dernières bombes...(c'est effectivement pas le rêve pour faire venir des plongeurs) était intéressé par l'endroit.
Rien d'autre sur l'ile, que des pêcheurs de coquillages de collection, qui attrapent, au filet, de merveilleuses porcelaines de très grande valeur.
Je connais cinq endroits super intéressants, du 5 étoiles, à BALICASAG.
  • Le Mur du Resort
    On devrait l'appeler le Mur des couleurs.
    Juste en face de l'hôtel, à environ une quarantaine de mêtres de la plage qui se maintient à deux ou trois mêtres de profondeur, commence le premier tombant (environ 110 -115 mêtres)... un autre tombant, deux cent mêtre plus loin chute à plus de 600 mêtres.
    Au début du premier mur, le corail très doux...probablement à cause du courant plus fort, ici qu'aux autres sites de plongée à l'entour de l'ile, abrite de nombreuses algues de différentes variétés, des milliers de poissons coralliens, y compris des centaines de poissons lion, de poissons scorpion , et de chevaux de mer. Bien sûr, les poissons clown, et les poissons lune, sont aussi de la fête.
    Plongée fantastique pour les photographes.

  • La Pointe aux Tortues
    C'est sur la partie Est de l'ile que l'on devra vous emmener, pour vous mettre à l'eau à l'aplomb du tombant.
    Vous n'aurez qu'à vous laisser descendre à 22 mêtres, exactement, si possible sans faire un mouvement.
    Au départ de votre descente, ce sont les anémones qui retiendront votre intérêt. Les anémones et leur habitants, les curieux poissons clowns.
    Ensuite, un peu plus bas, vous verrez plein de poissons de récifs, les poissons lion et les poissons gachette, plein d'étoiles de mer de types différents, les étoiles coussin, et les étoiles à plumes.
    Plus bas, encore, ce sont les maquereaux qui vous entoureront, par bancs entiers, et qui vous enverront comme des éclats de miroir dans les yeux,à chaque fois qu'ils vireront de bord.
    Le mot de passe est: "immobilité".
    Le long du tombant de nombreuses grottes abritent les tortues, et il vous sera facile de les voir, à l'intérieur.
    Mais là, n'est pas l'intérêt majeur de cette plongée.
    Le but principal, est de voir apparaître, tout à coup, sortant de sa tanière, ce que l'on appelle ici : Tortue B 52, pour les anglophiles, Tortue Bombardier pour les francophiles.
    Pourquoi ?
    Je suis sûr que vous avez déjà deviné.

  • Le Mur Cathédrale
    Sur la face Sud Ouest de l'ile, il est meilleur d'attendre le beau milieu de l'après midi, pour effectuer cette plongée.
    Le soleil doit être passé de l'autre côté… pour vous éclairer, autant qu'il est possible, ce véritable kaléidoscope de vie marine.
    De nombreuses petites grottes et recoins meublent cette partie du récif corallien qui a donné naissance à l'île de Balicasag, et dont l'isolement l'a protégé des pêcheurs à la dynamite, qui sévissaient dur, il y a quelques années encore, hélas.
    De nombreuses éponges , de florissants coraux, un nombre incroyable de variétés de poissons de récif au couleurs de l'arc en ciel, des poissons osselets par centaines vous émerveilleront.
    Amenez cependant une torche, pour les encoignures.

  • La Forêt de Corail noir
    L' opportunité de nager, au milieu de cette véritable forêt justifierait, à elle seule, un voyage aux Philippines, pour les vrais passionnés de plongée. Ce type de corail, est , vous le savez, de plus en plus rare: et l' on ne le trouve généralement pas à moins de 50 mêtres de fond.
    Ici, située à la pointe extrême Nord de l'île, cette forêt (notez que nous ne disons pas jardin) pousse par 30 mêtres de fond, seulement.
    L'explication de certains biologistes marins, serait que ce corail noir, abusé par l'ombre causée par l'île, la fraicheur des courants permanents, et le type de nourriture circulant à cette profondeur, se serait enraciné sur une portion du récif en saillie, alterné avec de la vraie roche, et des couches inclinées de sable...
    Ces arbres de corail noir, sont suffisamment espacés, pour vous permettre de passer parmi eux.
    Soyez très prudent, et ne vous laisser pas distraire par les poissons exceptionnels que vous rencontrerez dans cette forêt.
    Un mauvais coup de palme détruirait irrémédiablement une branche de ces arbres merveilleux.
    Plongée recommandée quand la mer est étale ou en début de marée descendante.
    Le courant peut être très fort, en cet endroit de rêve.

  • Les Cavernes
    Plusieurs conditions doivent être réunies, pour faire de cette plongée, un souvenir mémorable.
    A quelques deux cent cinquante mêtres, au N.E de l'hôtel, le long d'un tombant de 90 mêtres, et par environ 20 à 25 mêtres de profondeur, se trouvent plusieurs grottes, séparées par des sortes de murets (pas des poissons, des petits murs).
    Bien sûr, ces grottes sont intéressantes en elles-mêmes, mais, nous vous conseillons, après les avoir explorées, de vous asseoir dans l'une d'elles... le mieux est en fin d'après-midi.
    Munissez vous d'une puissante lampe torche...et attendez ce que les biologistes marins, spécialisés dans la vie des récifs, appellent: le temps du changement d'équipes.
    Ce temps, si important dans la vie sous-marine, ou toute une partie de la vie semble s'arrêter, et aller dormir: alors qu'une autre partie s'éveille, respire, chasse, se nourrit, s'aime.
    Alors, vous avez de grandes chances de voir venir dans votre champ visuel, de grosses bêtes, qui ne seront pas effrayées par votre lampe, si vous ne la gardez pas allumée en permanence.
    Ouvrez bien grands les yeux, et contrôlez votre adrénaline.
    Soyez prudent, cette plongée nécessitera un effort sérieux de votre part, pour rejoindre le bateau qui devra, en effet rester à distance respectable du récif, particulièrement par vent de N.E.


L'Ile de Pamilacan
Une quinzaine de milles plus à l' Est, se trouve une ile curieuse.
Base de pêcheurs de baleines jusque dans les années 70/80: elle végète depuis cette époque, où la pêche à la baleine a été formellement interdite.
Située en bordure de la route des baleines passant de Mer de Chine à l'Océan Pacifique, avec leurs baleinaux, et de nombreux dauphins: cette petite ile a conservé un musée rustique, où l'on peut trouver quelques exemples des outils utilisés dans l'ancien temps.
La traduction littérale du nom de l'ile n'a rien à voir avec les baleines, mais signifie:
Lieu de ponte des raies Mantas.
C'est une islet plusqu'une ile, et celà explique probablement la présence de nombreux grosses bêtes à proximité.
Sans nul doute, vous pourrez y admirer des snappers, des requins noirs, de très gros et vieux mérous, et de très belles raies manta.
Les bancs de poissons-chirurgiens ,de maquereaux et de thons, s'entrecroisent et se mêlent, sans complexe, aux napoléons, dont certains mesurent plus de deux mêtres de long et dépassent les deux cent livres.
Ces géants pacifiques, sont très curieux, des plongeurs, et ne semblent être là que pour venir vous faire un petit coucou.
Entre la fin Mai et la fin Août, mais en surface, vous avez quelques chances d'apercevoir les baleines.
Toutes ces îles, que nous venons de vous citer, sont connues pour abriter un coquillage extrêmement recherché des collectionneurs du monde entier: La GLORIA MARIS.


A proximité de l'ile de Negros.

L' Ile de SIQUIJOR
L'ile des lucioles et des sorcières "gentilles", abrite quelques six spots répertoriés de plongée.
Située sur la route (marine) qui nous permet d'aller au récif d'Apo, cette ile est un sanctuaire marin, entretenu très sérieusement par l'Université SOLIMAN de Dumaguete, sur la grande ile voisine de Negros.
A ce jour , un seul Beach resort (hôtel) sur l'ile, digne de ce nom.
Mais celà ne retire rien à l'attraction permanente que nous éprouvons pour cette ile.
  • L'ile de Pescador
    L'un des seuls endroits que je connaisse, où l'on plonge sans jamais avoir à donner un coup de palme.
    Selon le courant de marée, le bateau vous met à l'eau d'un côté de l'ile, et vous récupère de l'autre.
    Située à quelques 3 milles du village de plongeurs de Moalboal, cette ile vous offre l'avantage... ou l'inconvénient de ne vous voir jamais plonger seuls...J'y ai vu des palanquées de 70 plongeurs y évoluer, selon leur niveau, et leurs sujets d'intérêt, entre 8 et 70 mêtres de fond.
    C'est là ou je suis descendu, une fois à 70 mêtres, entrainé …presque de force...j'étais son "buddy", par un avocat israélien, de trente cinq ans, célèbre à Tel Aviv, mais qui avait craqué, et tout abandonné pour devenir Instructeur de plongée.
    Après 12 semaines à Moalboal... il a dû retourner reprendre son métier à Tel Aviv... ses tympans n'ayant pas supporté le traitement qu'il leur avait fait subir.
    Je n'ai jamais rencontré un tel fou des requins marteaux.
    Il ne plongeait que pour eux, et il allait deux fois par jour.
    Tiens, je vais faire comme à Studio Gabriel... "Si tu lis ces lignes, Aaron, je t'embrasse...
    On s'est quand même bien fendu la g... surtout quand t'étais beurré... et tu vois, j'ai respecté ma parole, je l'ai pas dit à ta mère."
    Il y a vraiment des choses superbes à voir à Pescador, et ça commence à trois mêtres de fond.
    Gorgones, anémones, poissons clown, massifs de gros corail rouge et noir, grottes, et un nombre incroyable de chevaux de mer.

  • L' Ile d'Apo
    Située à égale distance de l'ile de SIQUIJOR, et de la grande ile de Negros, Apo Island ne doit pas être confondue avec Apo Reef qui se trouve à proximité de l'Ile de Mindoro.
    L'ile d'Apo abrite un petit resort, au nombre limité de chambres, d'un confort rustique, mais d'une ambiance "de plongeurs".
    Ici, point n'est besoin de plonger très profond pour découvrir quelquechose d'extraordinaire.
    C'est à environ 8 mêtres seulement, et au début du tombant, que vous découvrirez le champ le plus varié d'anémones que vous n'ayiez jamais vu. De toutes les couleurs, et de toutes les tailles, avec, bien sûr des milliers de poissons clowns.
    Quelques grosses bêtes, si vous êtes un bon nageur et que vous avez un bon body (équipier)
    Le courant est très fort. Soyez prudent !


Entre Les Iles de Panay et Palawan

Les Iles Cuyp
Chapelet d'iles disséminées entre les iles de Panay, Mindoro à l'Est, et Palawan, à l' Ouest : les Cuyos, représentent plus de soixante iles dont la majorité est inhabitée.
Certaines d'entre elles sont de véritables paradis à langoustes.
D'autres ont des grottes en surface, et sous l'eau, qui communiquent entre elles, parfois sur le versant opposé.
Les fonds, dans les Cuyos, et entre ces iles, varient de 3 à 72 mêtres... ce qui explique les riches variétés de vie marine existant en ces lieux.
Point n'est besoin de descendre très profond, pour se régaler au cours des plongées dans ces eaux.
Nous aimons particulièrement: les iles de Malcatop, Quiminatin et ses petites soeurs les Chicos, Lubis, Paminitan, Cauayan, Lean et Manamoc.


Au Nord de l'ile de Palawan

Coron
Coron offre deux avantages pour les plongeurs.
Tout d'abord, un nombre en épaves de guerre, d'une richesse exceptionnelle au monde.
D'autre sites sur le Net, sont spécialisés plus que nous dans ce domaine, ils sont généralement basés à Coron: et si vous cherchez bien, vous pourrez trouver TOUT, y compris les plans de certaines de ces épaves.
Nos safaris, ne sont pas spécialisés dans ce type d'épaves, et nous n'y allons que lors de séjours de longue durées, lorsqu'un groupe nous demande le Petit Chelem, ou le Grand Chelem.
L'autre avantage de Coron, est de se situer à quelques minutes en bateau rapide, d'une calanque... et oui, comme à Cassis, à Palinuro, ou à Majorque... d'où l'on a accès facile à un lac naturel.
Après quelques plongée en eau de mer, et si votre petite amie vous trouve trop salé, ou votre petite ami trop salée.
Vous pouvez aller vous dessaliniser dans le lac.
Plongées intéressantes, et lac, qui à mon humble avis, mériterait une exploration en batiscaphe... car personne n'a pu m'en indiquer la profondeur... et j'ai découvert, il y a quelques années, sur une plage, à son aplomb, mais de l'autre côté de l'ile, une véritable petite rivière (non, j'exagère, un ruisseau seulement... non, c'est encore trop... Allez, disons un filet d'eau douce... qui n'avait rien apparemment à foutre là) et qui suaintait de la roche.
Vous suivez mon raisonnement ?
D'où cette eau venait elle, sinon du Lac ?
Qui est à quelques huit cent mêtres, à vol d'oiseau.
Et, puisque vous avez tout compris, maintenant, la question est:
Y a t-il une rivière sous-terraine ?
Si oui... à quelle profondeur du lac commence t-elle ? Quelle est sa largeur, Quel est son débit, combien at-elle de bras ? Peut on s'y enfoncer ? Et jusqu'où ?
Y aurait-il... Oh rêve de mes rêves, une grotte à ciel ouvert... avec... Qui sait... des restes humains datant de plus de vingt mille ans...comme à Palawan ?


La mer de Sulu

La mer de Sulu est une mer assez particulière car est se trouve à la jonction de la Mer de Chine méridionale, dont elle n'est séparée que par l' ile de Palawan, et de la Mer des Célèbes, qui, elle même, est en fait la partie la plus occidentale de l'Océan Pacifique.
L' Océan Indien ne peut avoir qu'une influence restreinte sur la Mer de Sulu, à cause de la séparation naturelle, existante, du fait de la présence de la péninsule de Malacca (Malaisie) et des iles de Sumatra et de Java.
Au niveau de la mer, les saisons sont clairement marquées par les moussons de Nord Est (Novembre à Juin) et de Sud Ouest (Juin à Novembre).
A 12 degrés Nord de l' Equateur, c'est évidemment le régime des alizées modérés qui prévaut.
Les vents, Amihan soufflant de Nord Est, et Habagat soufflant de Sud Ouest dépassent rarement les 25 noeuds et se maintiennent souvent en dessous de 15.
Seuls, les typhons, parfois nombreux, en début de changement du régime des vents peuvent altérer, généralement, pour deux ou trois jours - exceptionnellement pendant une semaine, les conditions climatiques idéales des Philippines.
Ces typhons, ne heurtent, dans la plupart des cas, que les côtes Nord Est, et Est, des Philippines.
Les iles de Luzon, Samar, Leyte et Mindanao font, en effet, un écran naturel et protégent toutes les autres iles.
La saison des pluies, bien connue, pour affecter la plupart des pays d'Asie, et de certains pays d'Afrique, est pratiquement inexistante aux Philippines.
Pendant cette saison, où il pleut le plus, il pleut généralement une heure dans la journée, et le ciel redevient bleu.
Les typhons, d'un diamêtre qui peut atteindre, exceptionnellement les 800 kilomêtres, peuvent provoquer des pluies un peu plus abondantes, mais juste le temps de leur passage.
Comme leur vitesse moyenne est de l'ordre de 15 à 20 km /heure, mais qu'ils ne commencent à perturber que lorsque l'on est touché par leur bordure.
Le mauvais temps disparaît en trois à quatre jours.
Très souvent, les mois de Mai, Juin, et Octobre sont des mois sans vents.
La surface de la mer est lisse comme un miroir, et les fonds d'une clarté exceptionnelle.
La visibilité, sous l'eau, peut alors atteindre trente à cinquante mêtres. Ce qui n'est possible nulle part ailleurs, dans le monde.

  • Les récifs de Tubattha
    Des formation géologiques multiples, parmi les plus grandes du monde, et à l'échelle des fosses marines voisines, surgissent du fond des océans, dans cet endroit privilégié.
    Ces formations, qui sont en fait, des atolls sous marins, peuvent se présenter sous forme de récifs dangereux pour la navigation, mais peuvent aussi revêtir l'aspect de merveilleuses petites iles entourées de formations coralliennes de toute beauté, alternant avec des bancs de sable de la plus grande pureté.
    Refuge temporaire, ou habitation permanente de nombreux oiseaux : frégates, flamands, oiseaux à pattes palmées, ces ilôts sont de véritables mines pour les photographes.
    Mais la faune sous marine dépasse largement en intérêt tout ce que l'on peut imaginer.
    La présence de plus de trois cent variétés de coraux, la différence des profondeurs, variant de quelques mêtres, à plusieurs milliers de mêtres, entre deux récifs, espacés parfois, de seulement quelques dizaines de milles nautiques, permettent aux grands pélagiques de venir se mêler, par groupes entiers, aux poissons coralliens.
    C'est pourquoi, au cours d'une plongée, il n'est pas rare de pouvoir admirer, à la fois: Thons, Barracudas, Raies mantas, Requins, Poissons valets, Tortues, et Merous géants, Poissons papillons, Poissons lunes, Poissons anges, Poissons demoiselles et autres Anguilles jardinières.
    Sur les iles du Sud, des centaines de Tortues viennent pondre et ensabler des milliers d' oeufs, à la limite des cocotiers.
    Lorsque les oeufs éclosent, c'est vraiment un spectacle extraordinaire, que de voir toutes ces tortues minuscules, se précipiter vers la mer, en essayant de ne pas être la proie des crabes, ou des oiseaux bourreaux.

  • L'atoll de Bancoran
    Situé, dans la partie la plus au Sud de la Mer de Sulu, et parmi les plus fréquentés des sites de plongée : cet atoll est accessible seulement par bateaux spécialement équipés pour les Croisières Plongée.
    Il mesure environ cinq hectares.
    A petite distance, un banc de sable qui s'aggrandit d'année en année peut, un jour, assurer la jonction avec une autre ile, sur laquelle les tortues viennent pondre régulièrement.
    Sur la partie Nord de l'ile, et par six mêtres de fond, l'épave d'un bateau de pêche abrite de nombreux poissons perroquets dormant dans un cocon mucqueux.
    Excellentes photos à prendre.
    La partie Sud de l'atoll, présente une face escarpée, couverte de coral-pierre, et abrite de nombreuses langoustes et tortues. A cinquante mêtres, le fond devient sablonneux, et il est courant d'y rencontrer des raies mantas et des requins balncs ou noirs.
    Sur le versant Nord Est de l'atoll, une pente de sable, mène à de très beaux coraux.
    Passant en dessous des grottes et des cassures, vous avez de grandes chances de pouvoir observer de nombreux barracudas, des bébés tortues, des langoustes et des poissons ventouse.

  • Le recif de Basterra
    L'un des meilleurs sites de plongée découvert dans la Mer de Sulu, vous permet d'admirer sur toutes ses faces, et jusqu'à douze mêtres de fond, de très belles colonies d'anguilles des sables.
    En surface, ou à très faible profondeur, et dans un rayon compris de dix à vingt mêtres: vous avez de grandes chances de voir de nombreux Requins de corail, reconnaissables à leurs couleurs tigrées.
    Un de mes amis, en passe de devenir Course Director PADI, les appelle les requins en battle dress, pour la ressemblance entre leur peau, et les tenues camouflées des militaires. Certains d'entre eux dépassent les deux mêtres de long, et sont vraiment impressionnants. Sur l'un des versants de la pente sablonneuse, il y a un endroit ou de nombreux de ces requins de corail sommeillent ou dorment. L'endroit, est depuis longtemps connu, des plongeurs qui l'appellent, bien justement: ... the Shark airport... l'aéroport aux requins.

  • Le recif Jessie Beazley
    Se présentant à marée basse comme un banc de sable émergeant des eaux, ce récif n'est repérable à marée haute que par les vaguelettes blanches causées par les différentes couches de corail qui se surperposent.
    Typique endroit dangereux, pour la navigation, les bateaux s'en écartent de plusieurs milles pour être sûrs de l'éviter.
    Situé à quatre vingt dix milles nautiques en direction du Sud Est de Puerto Princessa, il faut environ six à huit heures de mer pour l'atteindre.
    La navigation se fait généralement de nuit, pour être sur le lieu de plongée au petit matin.
    Lors de la plongée, une descente progressive d'une quinzaine de mêtres sur l'un des versants, et d'une dizaine sur l'autre…quand les vents sont nuls, et à l'étale des marées, vous permet d'admirer et de photographier de très belles Gorgones et d'énormes Eponges.
    Au delà de ces profondeurs, vous entrez dans le Grand Bleu... les fonds mentionnés sur les cartes marines sont mesurés à plus de mille mêtres.
    Quand les courants, ou les vents sont trop forts, abstenez vous de vous jeter à l'eau, et patientez jusqu'à la renverse de marée.
    Vous pourriez être jetés sur les récifs, parfois tranchants comme du verre, ou entrainés par des courants passant sous le récif.
    Beaucoup de grands pélagiques tournent autour de ce récif, et il est fréquent d'y rencontrer - pratiquement, toutes les sortes de requins: les Nez blancs, les Nez noirs, les Gris des récifs, les Léopards et des groupes entiers de Requins marteaux.
    Les Thons à dents de chiens, et les Barracudas déchiqueteurs n'y sont pas exceptionnels.

  • Le recif de Tubbataha
    Le Récif de Tubbataha se trouve à une distance de vingt milles nautiques au Sud Est de Jessie Beazley.
    Déclaré Parc National, en 1988, et protégé par deux organisations, l'une gouvernementale, l'autre non gouvernementale.
    C'est le plus grand récif de corail de la mer de SULU. Il comporte, à lui seul, beaucoup des quatre cent différentes sortes de corail répertoriées aux Philippines.
    Composé de deux atolls, séparés par un canal d'environ quatre milles nautiques, il s'étend sur plus de trente mille hectares.
    L'atoll Nord, a une véritable petite ile appelée l'île aux oiseaux, à cause des nombreux oiseaux marins qui y vivent, et une lagune de sable fin.
    L'atoll Sud est reconnaissable à son phare, et à son sommet de roches noires.
    On l'appelle: le rocher noir.
    Ici, la mer est le domaine des Raies mantas, des Raies venimeuses, des Raies aigles, et des Tortues vertes.



A Bientôt... Quand vous le voulez !



Christian Dumas