Caulerpa taxifolia, réagissez !

 

Plongeur amateur, je visite régulièrement les fonds de l'île de Porquerolles (dans le Var). Cette partie du littoral est selon moi l'une des plus belle de notre côte Méditerranéenne. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'a été créé ici, en 1963, le Parc national de Port-Cros, le premier parc national marin en Méditerranée (je vous conseille les plongées au parc, parmis les plus belles que l'on peut faire !).

Or, depuis 1996, j'ai pu observer un phénomène inquiétant : le développement de l'algue Caulerpa taxifolia.
De quelques petites touffes, à proximité de l'épave du Iéna (-10 m), l'algue s'est mise à pousser à une vitesse inquiétante, recouvrant les fonds d'une multitude de grandes plaques d'algue, de plusieurs dizaines de mètres carrés chacune. Je ne sais pas très bien sur quelle surface s'étend maintenant la taxifolia à cet endroit. Je sais par contre que cela est allé très vite ; en deux, peut-être trois ans, nous sommes passés de quelques touffes à un champs -en mosaïque-, à perte de vue... effrayant ! Bien sûr, les fonds ici ne sont pas parmis les plus riches, c'est surtout l'épave du Iéna, qui concentre beaucoup de poisson, qui est intéressante.


Photo : GIS Posidonie ©

Situation le 02/08/1998, j'estime la zone concernée à : 300 m sur 200 m soit un triplement depuis fin 1996 . Il y a de nombreuses taches dans les posidonies. L'extension se fait en direction du Cap des Medes.


Photo : D. Luquet ©

Amis de la mer ne faites pas attention aux pseudo polémiques stériles !!! Faites-vous votre propre opinion. Allez voir un site contaminé comme Porquerolles ou mieux le Cap Martin sur lequel un magnifique tombant anéanti par Caulerpa vous attend. Contactez le Squale Club 04 93 41 35 04 ou le Club Aquascience 04 93 82 39 57.

 

Je me suis donc un peu documenté et voici une petite synthèse car les documents sont maintenant très nombreux.

Quels sont les implications pour nous, plongeurs, chasseurs, pêcheurs et autres utilisateurs de la mer ?

 

Au total, un fond monotone vert fluo de cette (belle) algue, plus rien d'autre, en remplacement de nos tombants de gorgones préférées ou traînent tranquillement nos gros mérous, fini nos petits fonds d'algues ensoleillées ou j'allais taquiner les gobies quand j'étais petit, etc. Bref, la déprime.

 


Photo : GIS Posidonie ©

 

Malheureusement cela semble ne plus être de la pure science fiction, les premiers impacts socio-économiques semblent apparaitre actuellement dans les zones les plus anciennement colonisées (sur la plongée sous-marine et la pêche professionelle) en France et en Italie (voir à ce sujet les témoignages des responsables de clubs de plongée de Menton, Nice et Cap d'Ail et du premier prud'homme de la prud'homie de Menton/ Roquebrunne - Cap-Martin / Monaco dans l'excellent magazine Mer & Littoral n°23 de Juillet -Août 1997).

 

Mais alors, que faire ?

Visiblement, les grands de ce monde n'ont pas l'air de bouger énormément face au formidable enjeux que représente l'expansion de cette peste verte. Seuls les espagnols et les croates semblent réagir, avec plus ou moins de succès, semble-t-il. En effet, les recherches sur des techniques de contrôle de l'algue semblent embryonnaires (elle serait pourtant créatrice d'emplois, non ?). Des équipes de recherche y travaillent mais elles sont isolées et il ne semble pas qu'il y ait une mobilisation et des incitations pour accélerer la mise au point de techniques d'éradication. De toute façon, c'est aux politiques de décider de mettre en œuvre les moyens pour éviter la grande catastrophe écologique qui se profile.


Photo : A. Meinesz ©

A notre niveau toutefois, il apparaît clairement que nous devons, plus que jamais faire attention où nous mettons nos palmes ; le message qui est formulé par les scientifiques est clair : ne facilitez pas sa dissémination, si vous la trouvez, signalez-la !
C'est le message que vous avez dû lire sur des dépliants qui ont été distribués dans nos clubs de plongée et sur toute la Méditerranée et qui sont accompagnés de numéros de téléphones et de conseils. Ca c'est facile, on n'est pas des boeufs !

Le problème est suffisamment important pour que toi, simple plongeur, membre ou responsable d'un club, chasseur sous-marin tu agisses. En effet si tu comptes sur l'administration pour résoudre seule des problèmes dont elle est en grande partie à l'origine, tu rêves.
Si nous ne nous prenons pas par la main, dans 5 ou 10 ans tout sera fichu...
Voilà pourquoi je propose à toutes les bonnes volontés de se joindre à mon collectif anti-caulerpa. Nous allons démarrer une procédure juridique pour connaître les raisons du laisser faire dans la propagation de l'algue et surtout pour contraindre les dirigeants (politiques, administratifs) à engager la lutte sur le terrain contre "l'algue folle". Faites vous connaître en me contactant.
Vous pouvez aussi signer la pétition (Francais / English) et commander des enveloppes.

Nous ne nous laisserons pas détruire par la peste verte !

Bien humidement à vous.

Yannick ERARD

 


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