4. Symptômes
4.2 Accidents articulaires (bends)
4.3 Accidents labyrinthiques (cochléo-vestibulaires)
4.7 La maladie de décompression
4.8 Statistiques
4.9 Récapitulatif
Voici les nombreux symptômes qui peuvent apparaître lors dun accident de décompression, la sensation de fatigue étant toujours ressentie :
- Asthénie (sensation de fatigue intense),
- Incapacité d'uriner,
- Démangeaisons cutanées : cloques, puces et moutons,
- Douleur articulaire vive allant en empirant : bends,
- Vertiges et nausées : accident du labyrinthe (oreille interne),
- Paralysies et paresthésies (perte de sensibilité) des membres,
- Détresse ventilatoire (perturbation de la fonction ventilatoire par l'amas bullaire),
- Perte ou altération de fonctions sensorielles (ouïe, parole, toucher...),
- Perte de motricité (souvent latéralisée) par atteinte de l'encéphale,
- Infarctus du myocarde : arrêt cardiaque.
4.1 Accidents cutanés
Il s'agit de démangeaisons localisées ou généralisées. Ces accidents sont dus au dégazage de lazote dans les capillaires ou dans la graisse sous-cutanée. On en trouve de deux sortes :
- Les puces : dues à la présence de bulles dans les capillaires présents dans la peau, se traduisant par des fourmillements et des plaques rouges éruptives.
- Les moutons : il s'agit d'un emphysème sous-cutané dû à la formation de bulles dans le tissu sous-cutanée. Les moutons se présentent sous la forme de cloques donnant la sensation de neige crépitante à la palpation.
4.2 Accidents articulaires (bends)
Ces accidents sont dus à la présence de bulles dans les extrémités osseuses, au niveau des articulations qui travaillent le plus. Ils se traduisent par une simple gêne, une sensation de corps étranger ou une douleur d'intensité variable et apparaissent peu de temps après le retour en surface.
Les bends touchent en ordre de fréquence décroissant : l'épaule, le genou, la hanche, le poignet et la cheville. Cette douleur résiste aux antalgiques mais disparaît assez rapidement lors de la recompression. La guérison est sans séquelles. Si ces douleurs ne sont pas traitées, elles s'estompent spontanément au bout de 24 à 48 heures. Cependant, la récidive est presque inévitable et peut entraîner de très graves nécroses osseuses.
4.3 Accidents labyrinthiques (cochléo-vestibulaires)
Ils sont dus à la formation de bulles dans les vaisseaux irriguant l'appareil cochléo-vestibulaire (audition et équilibration) ou dans les liquides lymphatiques baignant ce même appareil. Ils se traduisent par :
- un état nauséeux (mal de mer) : chose banale sur un bateau et pouvant faire passer à côté du diagnostic,
- des vertiges vrais,
- des vomissements,
- des déficits auditifs attribués à tort à des difficultés d'équilibration,
- des acouphènes (bruit de fond),
- un équilibre instable.
Ils peuvent donc être la cause d'erreurs de diagnostic de la part du plongeur ne le conduisant pas à s'orienter immédiatement vers un caisson de recompression. Ces accidents se caractérisent par labsence de douleur à loreille et par un tympan normal à lotoscopie (différences avec le barotraumatisme de loreille). Ils engagent l'avenir du plongeur du fait du risque de séquelles définitives sur l'audition essentiellement.
4.4 Accidents neurologiques
Les accidents neurologiques qui sont l'apanage du plongeur autonome. Ils sont de deux types (avec combinaison possible), médullaires et cérébraux. Les accidents médullaires, causés par les bulles présentes dans la moelle épinière se reconnaissent par les troubles moteurs suivants :
- monoplégie (ou paralysie isolée) d'un membre ou d'un segment de membre.
- paraplégie, paralysie de la moitié inférieure du corps. C'est l'accident neurologique typique de l'accident de décompression. Cette paraplégie s'accompagne de souvent de rétention urinaire.
Les accidents cérébraux, causés par la présence de bulles dans lirrigation du cerveau, se reconnaissent par les troubles moteurs suivants :
- hémiplégie, paralysie de la moitié verticale du corps.
- tétraplégie ou quadriplégie, paralysie des quatre membres avec ou sans atteinte respiratoire.
- mort par atteinte massive des zones de commandes vitales.
Ces troubles moteurs se caractérisent par une difficulté plus ou moins complète à mobiliser un membre. Ils peuvent être évolutifs, une monoplégie peut évoluer vers une hémiplégie. Ils sont toujours très graves en raison de leur localisation et des désordres qui les accompagnent. Une douleur vive au niveau du rachis ou à la ceinture, des fourmillements ou picotements sur les membres inférieurs (paresthésie) sont des signes révélateurs de laccident neurologique.
4.5 Accidents coronariens
La bulle dans une artère coronaire est source d'infarctus du myocarde avec douleur rétrosternale, cest-à-dire derrière le sternum.
4.6 Accidents pulmonaires
Les accidents pulmonaires sont provoqués par lobstruction de l'artère pulmonaire ou de l'une de ses branches. Cela se traduit par un état asphyxique plus ou moins aigu. L'apparition de ces problèmes doit faire éliminer le diagnostic de surpression pulmonaire et son éventuel pneumothorax.
4.7 La maladie de décompression
Au fur et à mesure de l'installation des blocages circulatoires par les manchons bullaires d'azote, dans les minutes et les heures qui suivent le début de l'accident, un certain nombre de mécanismes de défenses se mettent en place. Il s'agit d'un ensemble de réactions de lorganisme à la présence des bulles dazote dont voici l'essentiel :
- Réaction de lutte contre le corps étranger que représente la bulle dazote de la part des leucocytes (globules blancs) qui lentourent d'un réseau de fibrine,
- Libération d'histamine (processus inflammatoire),
- Réaction propre au fluide sanguin lui même : plus de circulation et d'oxygénation et donc formation d'agrégat plaquetto-cellulaires (même phénomène que la coagulation).
Les bulles, ainsi entourés, ne sont plus accessibles pour un traitement par dissolution simple. Les anoxies et les nécroses des tissus non irrigués se développent et les lésions conséquentes deviennent irréversibles. Cette série de réactions est normale puisque l'organisme considère ces bulles comme des corps étrangers. Ce sont par conséquent des processus de défense qui s'organisent et qui sont très vite mis en oeuvre, mais leur évolution va aggraver l'anoxie des tissus touchés.
4.8 Statistiques
Les accidents de décompression se produisent généralement après le retour en surface avec un certain temps de latence. Ils sont d'autant plus graves qu'ils surviennent dans un délai précoce :
- dans les 30 minutes qui suivent la plongée, pour 50 % des accidents,
- dans l'heure qui suit le plongée, pour 85 % des accidents,
- dans les 3 heures qui suivent la plongée, pour 95 % des accidents,
- dans les 6 heures qui suivent la plongée, pour 99 % des accidents,
- il existe des cas plus tardifs allant jusqu'à 12 heures après la plongée.
On distingue les accidents :
- bénins : puces, moutons,
- graves : neurologiques, articulaires, cochléo-vestibulaires, cardiaques, pulmonaires.
Leur fréquence est la suivante :
- 68 % neurologiques,
- 29 % ostéo-articulaires,
- 3 % pulmonaires et coronaires.
Voici les statistiques pour la France du nombre de personnes qui ont fait un séjour en caisson hyperbare selon les régions :
Région Accidents (par an) Aquitaine 5 Corse 30 Marseille 40 Toulon 60 Total 200 La moyenne dâge est de 30 à 35 ans, 90% sont des hommes et 30% sont des moniteurs ou des plongeurs professionnels.
4.9 Récapitulatif
1-Réactions cutanées : puces et moutons.
2-Douleurs ostéo-articulaires et
musculaires : bends.3-Accidents cérébraux.
4-Troubles de l'oreille interne.
5-Troubles respiratoires.
6-Troubles cardiaques.
7-Accidents médullaires (moelle épinière).
Auteur: Stéphane ROCHON