Opération Cavalaire - Le 11/09



Le 11/09

matin
Le Torpilleur (47m)




Le Torpilleur
Photo : Arnaud Niel ©


Nous serons quatre ce matin à plonger sur cette épave : Dominique, Fred, Jacques et moi. Jacques est un habitué des épaves de Cavalaire et il déjà plongé plusieurs fois sur le Torpilleur. Pour nous c'est une première. Jacques plongera avec Dominique, Fred et moi formerons la deuxième palanquée. Il est convenu que nous resterons groupés et que nous remonterons à 100 bars ou quand nos ordinateurs nous indiquerons 15 mn de remontée totale.



Le Torpilleur
Photo : Dominique Tissier ©


La mer est belle et nous nous immergeons rapidement. Direction le Torpilleur. La descente dans le bleu est toujours une sensation extraordinaire. On a hâte de voir se dessiner l'épave et on scrute scrupuleusement le fond afin d'apercevoir les premiers contours de l'épave. Ca y est, la voilà, nous sommes à une trentaine de mettre et l'épave se dessine juste au-dessous de nous. Une fois de plus Arnaud a fait des merveilles. La balise n'est qu'à quelques mètres de l'épave. Il ne reste que peu de chose du Torpilleur. L'exploration du Torpilleur sera rapide.



Le Torpilleur
Photo : Dominique Tissier ©


Bien que le Torpilleur ne présente pas de grand intérêt en tant que tel, il présente un grand intérêt dans notre préparation. Demain nous faisons deux plongées à 50 m sur le Donator et le Grec.
Pour moi, c'est aussi le moyen de me remettre en confiance après les plongées de samedi...

Bruno



Le Torpilleur
Photo : Dominique Tissier ©


L'Espingole (39m)



L'Espingole
Photo : Gilles Vinas ©


Lundi matin nous plongeons sur l'Espingole, qui a perdu sa coque. Nous pénétrons dans les structures et y rencontrons un gros congre, qui se laisse aimablement caresser. Arnaud nous simule de nouveau quelques incidents.

Jöry


L'Espingole
Photo : Gilles Vinas ©


7h00 REVEIL ! c'est tôt, surtout pour les vacances, mais bon le programme est chargé, l'Espingole et le Rubis.
Un petit déj vite avalé pour dissiper le brouillard, et c'est parti, on embarque sur le bateau et c'est le grand bleu. Déjà du dessus c'est beau. Arrivé sur site, on enfile l'équipement, Arnaud mouille une balise tout est en place. On saute.
Jöry, Sophie, Arnaud, tout le monde est là, tout va bien puis c'est le silence et la descente. Le bleu clair passe au foncé, la visibilité diminue. Arrivant par l'avant, on ne voit que le pont avant émergeant à peine du sable. Puis apparaît l'arrière dont il ne reste plus que les superstructures. Quelques habitants nous accueillent, une murène nous lance un coup d'oeil, bien que la plus part des autochtones soient complètement indifférent à notre arrivée, en particulier un congre qui visiblement en a vu d'autres et ne se laisse pas émouvoir facilement. Ce n'est pas mon cas, jeune niveau 2, c'est ma deuxième épave, et c'est un spectacle merveilleux. L'ensemble des poutres, sans tôle les reliant, donne une impression de transparence irréelle. C'est un vaisseau fantôme, on le traverse de part en part, en découvrant ses nouveaux occupants.


L'Espingole
Photo : Gilles Vinas ©


Bien tapis au fond d'une cale, une Mostelle est visiblement dérangée par mon phare. Mais Arnaud nous avait prévenus, il y aura de la technique, il faut que je vous évalue. Aussi c'est sans surprise que je vois Sophie secourir un Arnaud bien narcosé, puis Jöry 3 minutes plus tard commencer une remontée assisté. Pour moi c'est nettement moins bien : à la moitié de ma remonté assistée, je gère mal ma stab et c'est une remonté ballon jusqu'à la surface :-( .
Dur de reprendre après un an de vie parisienne. Enfin j'ai eu le temps de prendre quelques photos. De retour sur le bateau on se déséquipe et c'est le retour, la tête toujours dans le bleu.

Gilles





L'après-midi
Le Rubis (40m)



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


L'après-midi nous faisons l'épave du sous-marin le Rubis. Là il s'agit vraiment d'une épave qui vaut le déplacement ! Nous avons la chance de voir congres, murènes... Et François R. et Bruno qui tournent autour avec leurs scooters sous-marins, à la recherche du phare que Bruno a perdu samedi. Un moment Gilles et moi prenons un peu de retard sur notre guide, qui nous précède d'une dizaine de mètres. Je m'apprête à palmer un peu plus vite pour la rattraper quand François passe en nous rasant les moustaches. Je saisis l'opportunité et lui attrape le pied. Comme il ne réagit pas je me tourne vers Gilles et l'enjoins de s'accrocher à ma palme. La longueur de mes palmes lui laisse le temps de réagir et de l'attraper et François nous amène ainsi prestement jusqu'à notre guide ! Savoureux moment. A destination je rends sa liberté à notre bus improvisé.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Peu après je vois le sas du Rubis. Je me mets en position verticale et entreprends d'y rentrer la tête pour essayer de me représenter ce qu'on ressenti les plongeurs norvégiens en intervenant sur le Koursk...



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


L'intérieur du sous-marin semble désert et pas très bien rangé...je chasse ces pensées lugubres et ressors lentement. Là, surprise, quelque chose me retient. Je m'arrête et j'essaye de tourner un peu pour me dégager mais je suis toujours accroché. Je n'ai pas le temps d'envoyer une main pour essayer de repérer par où je suis accroché que Françoise intervient et m'a déjà libéré.


Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Hélas le temps passe vite à ces profondeurs et il est temps de partir. Je lui fais au revoir avec la main en admirant ses dimensions (je parle du Rubis :-)) pendant la remontée.

Jöry



Le Rubis
Photo : Fredéric Vigier ©



Après une modeste collation dans un des restaurants du port, un T-bone d'à peine 900 g, c'est reparti...
Une demi-heure de navigation et on est prêt pour faire notre premier sous-marin, le Rubis. Il surgit du noir des profondeurs d'abord par le kiosque, (merci Arnaud pour ta légendaire précision) puis dans son ensemble, et quel ensemble, à perte de vue les ponts avant et arrière se dévoilent à nos yeux.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Quelle majesté, on le dirait opérationnel et prêt à remonter, posé tranquillement sur le fond, bien droit et digne. Ici pas question de transparence, c'est bel et bien une grosse boîte de conserve bien fermée. En se rapprochant de la coque, on distingue les trous de deux mètres qui l'ont amené ici, lors de son sabordage.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Visiblement le dédale de galerie interne et de tuyaux sont autant de maisons sur mesure pour les murènes, il y en a une véritable colonie.
On remonte doucement - comme tout ce que l'on fait à -40 mètres - vers l'avant. D'ici l'impression est époustouflante, il avance et fend le bleu, j'en suis sûr.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Le temps de saluer quelques habitants, et les cent bars s'affichent. Il est temps de remonter.
Tout le monde est émerveillé, on dirait des gosses sortant d'un Walt Disney (pardon d'un pokémon je ne suis plus à la page ... :-) ), les conversations sont dignes d'une cour d'école primaire.
  • Moi j'ai fait l'arrière c'était magnifique.
  • Moi l'avant c'était beaucoup plus impressionnant.
Comme quoi les plongeurs restent pour la plupart de grands enfants qui s'émerveillent devant des spectacles grandioses !

Gilles




Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


La faste journée du samedi s'était terminé pour moi par la perte de mon Commando 100 (Phare Bersub) lors de la plongée sur le Rubis. Nous avions eut une mise à l'eau mouvementée du fait du courant et mon phare avait du glisser de ma stab :-(
Décidément l'Opération Cavalaire commençait mal pour moi !
J'avais narrer ma mésaventure à François Rognoni par téléphone ce matin même. J'avais peu d'espoir de retrouver mon phare mais l'enthousiasme de François et l'idée de partir à sa recherche avec les scooters m'avait redonner un peu le moral... Certains même diront que je focalisais la dessus ce qui est un peu (beaucoup) vrai.
Ce phare m'avait été offert à l'occasion de mes 30 ans par mes amis et par ma femme. Je n'arrivais pas à me résoudre à leur annoncer sa perte.
A 14 heures, François rejoint notre équipe avec les deux scooters de Cédric et d'Evelyne Verdier. J'avais récupérer la veille ceux du CIP Fréjus et j'en avais profité du dimanche pour les rechargés.


Les scooters gentiment prêtés par
le CIP Fréjus et par Cédric et d'Evelyne Verdier

Photo : Frédéric Vigier ©


Nous préparons minutieusement les scooters avec François. Le gros problème avec les scooters c'est l'étanchéité. Il faut nettoyer et graisser régulièrement les deux joints afin d'éviter qu'ils ne prennent l'eau. Fred et moi avions suivit une formation scooter avec François en juin lors de notre Master Scuba Diver. Nous allions pouvoir à nouveau plonger avec et cette fois pour une recherche au trésor, objectif récupérer mon Commando 100 perdu deux jours auparavant.
14h30, nous montons à bord du Maeva. Direction le Rubis. Au cours de voyage, nous essayons de situer la zone où j'ai perdu mon phare. Toute notre équipe est réunie afin de dresser le topo de la recherche. Cela me fait très plaisir de voir mes amis s'inquiéter à ce point de mon phare. (Merci à tous, cela m'a vraiment touché). Grâce au souvenir de tous, nous situons une zone possible. Vu la force du courant, l'emplacement de la balise et le lieu de notre mise à l'eau, le phare doit se trouver à l'arrière droit du sous-marin. François, propose de faire une recherche en "S" parallèle à l'étrave de l'épave. Avec les scooters, notre rayon d'action est important et nous pouvons élargir la zone de recherche.
Nous arrivons sur zone. Avec François et nous sommes déjà équipés les premier. Arnaud nous tend les scooters. Nous vérifions leur étanchéité. Après quelques secondes, il n'y plus de bulle. C'est bon, on va pouvoir descendre. Nous descendons avec la balise, scooter éteint. Progressivement le Rubis se dessine sous nous yeux.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Il n'y a pas à dire un sous-marin c'est vraiment une épave particulière. C'est la première fois que François plonge sur le Rubis, j'espère que nous trouverons rapidement mon phare afin qu'il puisse le visiter.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Une fois au fond, François prend la direction des opérations. Nous nous déplaçons rapidement à l'arrière du Rubis grâce aux scooters. C'est parti, nous commençons notre recherche en "S" parallèle à l'étrave de l'épave. Nous écartons l'un de l'autre à la limite de la visibilité. Nous prenons un peu de hauteur afin de mieux couvrir le terrain. Je suis tout excité, va t'ont retrouver mon phare ? Notre première traversée est infructueuse. Nous repartons dans l'autre sens. Chacun de nous scrute avec attention le sable. Nous cherchons un cylindre noir. Je scrute de temps en temps mon manomètre, j'ai presque rien consommé. Il faut dire que je ne fais aucun effort. Je me laisse tracter gentiment par le scooter. Soudain, j'aperçois un cylindre noir qui se dessine sur le sable. Cela ressemble à mon phare mais je n'ose pas y croire. J'incline le scooter en direction du phare et je jette un œil sur François. Lui aussi la vu et a commencé sa descente. Et nous voilà tous les deux en train de batailler pour être le premier dessus. Nous nous approchons l'un de l'autre et nous tendons la main. Qui deux nous deux va le récupérer en premier ? Le cylindre n'est plus qu'a une dizaine de mètres. Cette fois c'est sûr il s'agit bel et bien de mon phare. François et moi somme à quelques centimètres l'un de l'autre, nous nous bourrons un peu. On dirait une course de side-cars. La recherche de mon phare est devenue un jeu maintenant que nous sommes sur de l'avoir retrouver. Finalement, c'est m'en saisi en premier. Même si François ne le dira pas, je pense qu'il a voulut me laisser ce plaisir et je l'en remercie. Je suis en effet fou de joie. J'attache mon phare au poignée. Il est tend de le vérifier. Je pousse le bouton d'allumage et le faisceau de 100 Watt apparaît. Il marche encore !
Et voilà que je mets à virevolter avec le scooter dans une danse de victoire totalement improvisée :-)
Nous jetons un regard sur nos manomètres, il nous reste encore 170 bars. Largement de quoi explorer le Rubis. Sur le retour, nous croisons Dominique et Fred qui vienne d'arriver sur l'épave. Je leur montre victorieusement mon phare ce qui les fait sourire. Avec François, nous reprenons notre exploration. Direction l'avant du sous-marin. Nous y arrivons en quelques secondes grâce au scooter.


Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Nous les posons sur le sable afin de profiter du spectacle. Le Rubis est posé droit sur le sable. L'avant est décoller du sable ce qui donne l'impression qu'il va jaillir du sable et repartir. Le spectacle est superbe.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


J'avais vu chez Florent la semaine précédante son superbe film sur le Rubis. Mais la réalité dépasse les images. Et je suis sous le charme.
Nous reprenons les scooters, cette fois nous allons le survoler.


Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Nous arrivons sur le kiosque.


Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Nous regardons à travers l'écoutille. C'est très étroit. Et dire que certains entre par-là...
Il me faudra encore beaucoup de plongée avant de me sentir à l'aise pour en faire autant.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Nous croisons la palanquée de Françoise. Une fois de plus, je leur montre victorieusement mon phare. Les sourires de mes compagnons me vont doit au coeur. Nous regardons nos manomètres, il nous reste encore suffisamment d'air pour visiter l'arrière. C'est parti.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Le Rubis est encore bien conservé. On dirait qu'il est encore opérationnel. Je regarde mon manomètre, il me reste un peu plus de 100 bars. Je le signale à François et nous regagnons la balise. François à moins consommé que moi et nous convenons ensemble que je commence ma remontée et que lui va encore explorer un peu le Rubis. Rendez-vous au palier.



Le Rubis
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Une fois en surface, je montre joyeusement mon phare à Arnaud qui sourit en m'aidant à remonter à bord du Maeva.
Avec l'arrivée de François, l'Opération Cavalaire me semble moins une galère... J'ai repris confiance et j'ai retrouvé mon phare. Je vais enfin pourvoir annoncer à ma douce sa perte et surtout sa récupération ! ! !

Bruno

A suivre...