Opération Cavalaire - Le 13/09



Le 13/09

matin
Le Togo (55m)



Le Togo
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Notre équipe a vécut hier le premier départ d'un de ses membres...
Avec beaucoup de regret Dominique a du nous quitter pour retourner au travail. Il va beaucoup nous manquer mais promis nous nous retrouverons pour une autre opération.
Aujourd'hui, c'est au tour de Sami de nous rejoindre. Sami est une photographe sous-marin professionnel et il est abonné à la liste aqua-photo. Nous avions annoncé l'opération sur la liste et notre recherche de photographe expérimenté pour ramener des images de notre opération.

8h30, tout le monde est à bord du Maeva. Direction, le Togo ou le Ville de Valence.



Le Maeva
Photo : Frédéric Vigier ©


Le Ville de Valence à été lancé à la fin du XIX siècle (1882) et sert dans un premier temps pour le transport d'agrumes.
Racheté, il est rebaptisé Le Togo et servira au transport de charbon. Ce navire de près de 80 mètres de long et de près de 10 mètres de large sera coulé à la fin de la première guerre mondiale (mai 1918) après avoir heurté une mine allemande.
Posé bien droit sur sa quille le Togo, recouvert de son linceul de gorgognes pourpres semble près à reprendre un nouveau départ tel le Vaisseau Fantôme.
La proue repose sur un fond de 47 mètres, la poupe sur 55 mètres. L'épave est coupée en deux au niveau de la poupe. Une partie de la poupe se trouve à plus de 300 mètres et repose sur un fond de 61 mètres.

Au cours de notre traversé, Arnaud annonce soudain "Dauphins !". Décidément la journée va être extraordinaire.



Les Dauphins
Photo : Frédéric Vigier ©


Arnaud pilote le Maeva afin de croiser la route des dauphins. Les photographes saisissent leurs appareils, les vidéastes leur caméra. On va pouvoir immortaliser cette rencontre et diffuser les images sur Internet :-)
Les conditions sont idéales. La mer est d'huile et la luminosité de début de matinée rendent cette rencontre irréelle.
Il y a une vingtaine de dauphins avec des petits. Nous suivons le groupe mais très vite il apparaît que les dauphins n'ont pas envie de s'amuser avec nous... La présence des petits explique sûrement cela. Nous décidons de repartir pour le Togo.



Le Togo
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Nous profitons du chemin pour faire les palanquées. Gilles plongera avec François. Fred, Sami et moi formerons une deuxième palanquée. Les paramètres de remontée sont les mêmes que les jours précédant 100 bars ou 15 minutes de remontée totale. Mais désormais c'est surtout les 15 mn de remontée qui devienne le paramètre déclencheurs de la remontée. En effet, à mi-parcours de l'opération, nos organismes ont emmagasiné pas mal d'Azote et la désaturation demande des intervalles de surfaces de plus en plus long.
C'est la deuxième fois que je plonge sur le Togo. La première avait eut lieux il y a quelque semaine alors que nous l'Opération Cavalaire était encore en pleine gestation. Je me souviens de mon appréhension avant cette première plongée. C'était la première fois que Fred et moi descendions tout seul à cette profondeur. J'ai passé toute la plongée en alerte au moindre signe de narcose tant à mon niveau qu'au niveau de Fred. Bien que je n'ai rien décelé, Fred me dira sur le pont du Maeva qu'il avait ressenti les premiers signes de la narcose...



Le Togo
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Aujourd'hui, tout est différent. Je n'ai plus vraiment d'appréhension liée à la profondeur même si l'idée de refaire une panne d'air me fait toujours un peu froid dans le dos. Ma mésaventure de samedi à encore laisser des traces même si elles s'atténuent peu à peu.
Après une traversée un peu plus longue que d'habitude, nous nous mettons à l'eau. La descente dans le bleu est superbe. La visibilité est bonne est nous ne tardons pas à voir l'ombre du Togo se dessiner. Il ressemble vraiment à un vaisseau fantôme avec ses attaches chaloupes.



Morceau de charbon prélevé dans les cales du Togo
Photo : Frédéric Vigier ©


La plongée avec un photographe est quelque chose de particulier. On aime ou on n'aime pas. Moi, j'avoue que cela me plaît bien. Un photographe passe toute sa plongée l'oeil rivé sur son objectif. Il faut l'attendre et veiller à l'orientation et aux paramètres de la plongée. Cela permet de visiter différemment une épave. D'habitude on essaye d'en voir le maximum et on loupe souvent plein de détails. Avec un photographe c'est très différent. Il n'est pas questions de visiter toute l'épave à grands coups de palmes mais de plutôt de visiter en détails une partie de l'épave. Cela m'a permis de découvrir plein de choses qui m'avait échapper lors de ma première exploration du Togo : les deux ancres à la proue, la baignoire, les cales pleines de charbon, la cuisine...



Le Togo
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Il y a tant de chose à voir sur cette épave que le temps passe très vite !
A peine arrivé, il faut déjà repartir car les 15 minutes de remontée font rapidement leur apparition sur nos ordinateurs. Comme convenu lors du briefing, Sami rejoins alors la palanquée de François et de Gilles qui sont moins saturés que nous. Il nous reste encore 120 bars mais il est temps pour Fred et moi de dire au revoir au Togo. Nous quittons avec regrets ce superbe vaisseau fantôme et se jurant de revenir très rapidement !
Il n'y a pas à dire, cette épave est vraiment une des plus belle épaves de Méditerranée...


Bruno






L'après-midi
L'Espingole (39m)




L'Espingole
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Drôle de plongée que celle que nous avons faite avec François sur l'Espingole. En fait, je ne suis pas sur que l'on puisse réellement parler d'une plongée sur l'Espingole. Il faudrait plutôt parler d'une plongée autour de l'Espingole.
Enivré par la récupération de mon phare et d'un autre phare, nous décidons avec François de plonger une fois de plus avec les scooters à la recherche de matériel perdu.
Une fois de plus nous nous mettons les premiers à l'eau. Après vérification de l'étanchéité des scooters, nous entamons notre descente sur l'Espingole. Arrivé au fond, Nous faisons un rapide passage avec les scooters sur l'épave. Elle n'a pas l'air d'inspiré beaucoup François et nous décidons de partir à la recherche aux trésors. Nous suivons une chaîne et nous commençons à flâner ici et la. La sensation de vol libre nous fait totalement oublier l'épave et très vite nous nous éloignons de l'épave sans faire vraiment attention au cap. Après une dizaine de minute à fureter ici et là nous trouvons notre unique prise et quelle prise : un embout de tuba !!!
Nous décidons de rebrousser chemin pour rejoindre le reste de l'équipe mais François propose de décrire un arc de cercle plutôt que de revenir sur nos pas... Ce choix nous sera fatal et nous ne retrouverons jamais l'épave malgré tous nos efforts!
Un peu penaud mais ravis de notre ballade nous nous décidons à remonter. François n'a pas de paliers à faire mais ce n'est pas mon cas. J'ai pourtant passer une grande partie de ma plongée dans la zone des 20 mètres afin de retrouver plus facilement l'épave mais aussi de désaturer un peu.



L'Espingole
Photo : F.M. Locatelli - Aquatics Prod ©


Je sors le parachute. François fait rapidement surface afin de faire un point d'orientation. Lorsqu'il redescend, il m'informe que nous sommes très loin du Maeva. Plusieurs centaines de mètres. Nous rions de notre mésaventure. Nous n'avons pas vu l'épave mais nous sommes bien amusés !
François décide alors de rejoindre le Maeva avec les scooters. Si nous sortons proche du Maeva cela fera moins désordre :-) Mais il a oublié que j'ai sortis le parachute.
Pas facile de tracter un parachute avec un scooter. Il faut sans arrêt tenir éloigné le bout du parachute de l'hélice afin qu'il ne s'y accroche pas ce qui retarde ma progression.
J'imagine la tête des gens en surface qui voit un parachute fendre l'eau à la manière d'un aileron de requin. En tout cas, nous ne sommes pas passé inaperçu et très vite nous apercevons le Maeva.
Arnaud nous aide à remonter à bord et nous rions tous ensemble de notre mésaventure. Mais très vite nous apercevons d'autre parachute. Ca y est le reste de l'équipe est au pallier.


Bruno


A suivre...