LES PLONGEURS SONT ACCUEILLIS SELON LA TRADITION BEDOUINE

Awlad Baraka, le camp des Fils de la Chance



De Hurghada, prenez la route qui longe la mer Rouge, vers le Sud. Un peu plus de trois heures après, 15 km après Marsa Alam, à quelque distance de la route bordant la côte, s'ouvre le Baraka Camp, sur une petite vallée qui jouxte un bivouac de Bédouins. Leur groupe est surnommé Awlad Baraka, les Fils de la Chance, en arabe.


Le nom du camp s'inspire légitimement de ces nomades. Un pont de singe suspendu par dessus un fossé planté de maïs permet l'accès au camp. Une vingtaine de huttes pittoresques, au style africain, se répartissent autour d'une sorte de salon en plein air, formé de vasques de tailles différentes, étagées sur plusieurs niveaux.


Le pont suspendu nous accueille.
Yann Saint-Yves ©


Le Baraka Camp est situé au milieu de nulle part, entre mer et désert. Rien ne permet de le repérer. Zoheir Kheir El Din, surnommé Zizo, son fondateur, est un directeur de club qui a décidé de stopper les safaris-plongée qu'il organisait lorsque Hurghada est devenu "victime" du tourisme de masse et que les hôtels se sont mis à pousser comme des champignons. Il voulait proposer un endroit qui permette de vivre hors de la fourmilière touristique des villes qui perdent peu à peu leur authenticité. "Pourquoi le choix de Marsa Alam ? Parce que c'est bien situé pour faire des sorties à la journée, précise Zizo. Et pour les amateurs de tranquillité, on ne peut pas faire mieux !".


Une "eshha" en matériaux locaux.
Yann Saint-Yves ©


Construit en 2001, ce camp fixe procure une profonde sensation de calme et d'isolement. Il n'y a pas de téléphone et les portables ne passent qu'en allant chercher le signal, sur un point précis des collines qui encadrent le campement!
On est vraiment isolé du monde, dans le bon sens du terme. On notera juste la surprenante présence d'une végétation variée et de petits arbres plantés çà et là entre les tentes.

A votre arrivée, vous prenez possession de votre hutte, entièrement construite et décorée avec des matériaux et tissus locaux. Sa conception traditionnelle ne retient aucune chaleur à l'intérieur, et laisse passer les quelques souffles bienvenus du vent. Surprenant ! Encore sous l'emprise du stress, vous préparez fébrilement votre matériel en vue d'une première plongée. Le sac sur l'épaule, vous reprenez le direction du pont de singe qui marque l'entrée du camp. Là, le taxi vous attend. Sur sa carriole bariolée de teintes vives, Hamid, toujours protégé du soleil, vous emmène le long des trois cents mètres qui vous séparent de la plage. Tracté par un âne, ce convoi semble sorti d'un autre âge.


Le local du club donne sur la plage.
Yann Saint-Yves ©




Plein air


Relaxation au soleil...
Yann Saint-Yves ©


Sur la plage, le matériel de club -bien moins anachronique- s'abrite sous un grand cabanon : Zizo nous attend pour nous brosser un rapide tableau de son club : "Le centre est équipé de 100 blocs alu de douze litres, sorties DIN et INT, compresseur Bauer de 14 mètres cubes, générateur. Vous pouvez louer votre matériel et régler sur place. Un bateau de 20 places est réservé pour les récifs nord extérieurs. On possède aussi deux canots hors bord de 12 et 6 places utilisés pour les plongées en pleine mer et au Sud. Oxygénothérapie, radio VHF... on a tout ! Un caisson hyperbare existe, à 30 km du camp. Deux plongées bateau (à la journée) ou hors bord (en 1/2 journée) sont organisées chaque jour sur les récifs extérieurs tels que Dolphin House ou les récifs côtiers. "

La plongée d'acclimatation sur un site baptisé " House Reef " est belle, même si le récif a été cassé par une récente tempête : les dégâts ne sont visibles que le long de la côte, sur une bande de vingt mètres de large. Mais la nature a déjà repris les choses en main et d'innombrables petits pousses de corail jaillissent partout. Au sortir de l'eau, Hamid nous attend avec sa machine à voyager dans le temps...

Confort

Le soleil est sur sa pente descendante, et les divinités de la nuit vont emprunter sa place pour quelques heures. Le Baraka Camp se prépare lui aussi. Au-delà des collines qui encadrent le camp, le personnel met en route le groupe électrogène qui permet d'alimenter les pompes et le générateur de courant. Quelques minutes après être sorti de l'eau, une douche chaude dans cet endroit isolé permet de réaliser les efforts d'organisation des concepteurs. Et par civisme, elle sera rapidement expédiée !

Le dîner sera servi vers sept heures et demi entre les épais murs de pierre d'une maison ouverte, chapeautée par des toiles tendues. Tout le camp se réunit peu à peu autour de petites tables basses, après avoir traditionnellement abandonné ses chaussures, ses nu-pieds, ses babouches à l'entrée. Zizo, un peu tendu, s'attable auprès de nous : " Je repars très tôt demain, car il reste pas mal de points à régler pour Samadaï". Devant notre regard interrogateur, il explique, histoire d'entretenir le suspense : " Nous préparons la protection d'un site étonnant, mais il faut tout organiser; faire venir de Hurghada: hommes, matériel, outils. L'opération débutera dans deux ou trois jours. " Devant notre soif d'investigation, il clôt le sujet avec un sourire énigmatique, aidé dans sa diversion par l'arrivée du cuisinier et des victuailles...


Zizo (à g.), le concepteur du camp et le capitaine du Seaworld I
Yann Saint-Yves ©


Ingéniosité


Un singulier taxi.
Yann Saint-Yves ©


A la fin du repas, l'ambiance est détendue, et on rit dans toutes les langues. Il est si loin le Caire et ses émeutes, sa vie fourmillante, ses embouteillages monstres… Et voilà que commence la valse des chichas ! Tirant sur l'une d'elle, le maître des lieux, discrètement fier de son travail, nous donne de plus amples détails sur le camp : " On peut accueillir jusqu'à trente-six personnes, en plus du staff et des moniteurs. L'eau dessalinisée à Marsa Alam est acheminée jusqu'ici, et stockée dans 30 mètres cubes de citernes. C'est une eau de très bonne qualité, mais qui reste impropre à être bue par l'homme. L'eau usée est récupérée, décantée, et traitée simplement. C'est cette eau qui irrigue toutes les plantes du camp, et le maïs à l'entrée. Les huttes sont construites en dur, sur un modèle conçu pour les climats chauds et arides, emprunté aux Africains. Ici, elles sont nommées Eshha."

L'ambiance authentique et calme atténue tout stress, et nous porte hors du temps. Ce n'en est que mieux pour les plongeurs qui partent en de très bonnes conditions ! Zizo conclut : " Ici, il y a des plongées pour tous niveaux. Surtout des drift dive (plongées dérivantes).
La plongée en Mer Rouge à été lancée dans les années 80 avec pour clients, une majorité de Français. Maintenant, les Allemands sont les plus nombreux, car ils considèrent la Mer Rouge comme leur arrière cour. Ici, la pollution n'a pas beaucoup touché les sites. "


Rendez-vous pour les repas et la détente.
Yann Saint-Yves ©


Dehors, le silence du désert est tombé sur le camp. Ce silence ne sera parfait que vers 22h30, à l'instant où le ronflement lointain du générateur cessera. Il ne nous restera plus qu'à nous assoupir jusqu'à la renaissance de l'astre du jour, le dieu Râ.

Yann Saint-Yves





Renseignements :

Awlad Baraka Camp
Marsa Alam
Zoheir Kheir El-Din, dit Zizo
Tél : (20) 65 41 11 52
Fax: (20) 65 41 11 51
Site web : www.aquarius-redsea.com
E-mail : baraka@aquarius-redsea.com
Plongées en bateau ou au départ de la plage, devant le camp. Possibilités d'effectuer des plongées de nuit. Passage de baptêmes et de brevets Padi ou CMAS. Encadrement francophone, allemand et anglophone.