Depuis que Jean Hénon s'est posé en Egypte, les tampons s'accumulent plus sur son carnet de plongée que sur son passeport. Ce sympathique aventurier originaire du Havre dirige avec Sylvie le Seafari Red Sea Club à Hurghada.
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" Demain, nous plongeons sur le Donator. Qui vient ? ". Jean Hénon lève la main. La veille, il a effectué deux plongées en mer à La Fourmigue, par cinq mètres de fond. A quelques mois de ses 19 ans, il a débarqué au C.I.P. du Lavandou, sur un coup de tête, en provenance d'Allemagne avec des copains : " Bonjour, je voudrais plonger ". Jean poursuit déjà sa carrière de plongeur, commencée à 14 ans dans la piscine de son Havre natal où il s'entraîne avec un " Mistral " pour détendeur. Né en février 1954, dans un milieu plus orienté vers l'automobile que vers la mer (papa est garagiste), rien ne le prédestinait à la plongée. |
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Avec sa courte expérience, il s'attaque donc au Donator, posé sur une cinquantaine de mètres. Inacceptable pour cet homme, aujourd'hui directeur du centre Seafari de Hurghada, mais qui, à l'époque, avait la candeur pour binôme : " Les paliers, je ne savais pas ce que c'était, et le gars me disait quand s'arrêter ! J'étais sportif, et confiant ! ". Jean évoque l'épave en souriant de son insouciance et poursuit : " En 1974, je suis réformé, parce que l'armée et moi... A vingt ans, je commence à travailler dans le bâtiment : je n'y connais rien, mais je monte une entreprise de maisons individuelles. Cela durera huit ans. Finalement, en 1979, je passe (enfin !) mon niveau 2, au CIP de Bandol. " |
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Dans les années 80, le crac de l'immobilier lui fait perdre son affaire. Il se dirige alors vers le métier de marchand de biens. Il reste actif, côté plongée, puisqu'en 1983, il passe ses MF1 et BEES1 de moniteur de plongée et de maître- nageur sauveteur. Au Salon Nautique, son chemin croise celui de Raymond Sahuquet qui était un des associés de " Voyages Sous la Mer " (VSM) et qui lui propose un " poste " sur l'île de Madagascar : " En 1984, j'y suis parti trois semaines, pour voir, raconte Jean Hénon. Je suis revenu et je ne voulais plus en entendre parler, mais Raymond Sahuquet m'a retourné en deux heures. Cet homme est capable de vendre des radios à des sourds ! Je suis donc reparti monter un club là-bas. Notre bateau était un ancien remorqueur français de la deuxième guerre mondiale, vraiment pourri : le " Vurundrano ", 24 mètres de long, se traînait à quatre noeuds maximum. Il fallait sept heures de voyage pour arriver sur les spots. Mais quels sites ! On trouvait des requins : mako, marteaux, tigres... Du gros, quoi ! " |
Nosy be, Madagascar |
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Le rafiot tombe définitivement en panne en 1984, événement qui aura des répercussions inattendues comme il l'explique: " Un breton, Roger Maurice, m'a dépanné avec son chalutier, le " Gilbert Guy ", sur lequel il faisait le tour du monde avec sa famille. Il s'est proposé de me louer son bateau. Le gars était un peu excentrique : il chargeait quelques tonnes de langoustes qu'il allait revendre entre autres, à Mayotte, en contrebande, à des militaires français. Au début, je ne savais rien. Les douanes locales lui firent quelques remontrances dont il n'eut que faire. Un jour, leur vedette éperonna son chalutier : sa femme fut éjectée par dessus bord, mais lui parvint à passer sur le bâtiment des douanes pendant la manœuvre. Il a rousté un premier homme, puis l'a jeté par dessus bord. Le deuxième douanier à bord a bénéficié du même traitement. Prenant la vedette des douanes, il est allé récupérer sa femme et son bateau. " |
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En tant qu'employeur du lascar, c'est le club qui s'est retrouvé dans la ligne de mire des autorités. Ce qui devait arriver arriva : le bateau est finalement arraisonné par le commissaire de Nosy Be, qui confisque également le passeport de Jean et lui interdit de quitter le territoire. Les deux hommes projettent alors d'aller monter un nouveau club au Mozambique. Un matin, le fameux chalutier a disparu. Mais Jean est laissé à quai. |
Destination-phare |
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1986 : Jean Hénon rentre à Paris et se replonge dans le bâtiment. La plongée lui
manque. Raymond Sahuquet, qui vient de monter une nouvelle société avec Eric
Belloin, " Aquarev' ", lui suggère alors de s'orienter vers la Mer Rouge:
"Ce sera la destination des années à venir", prédit-il. Jean s'installe à
Hurghada, en 1995. |
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Avril 2002 : le Seafari s'étend et se déplace dans les murs de l'hôtel Safir, un
peu plus près de la vieille ville de Hurghada. Là-bas, il dispose surtout
d'une marina, où il peut faire accoster son bateau : le " Carmen ". Il organise
gratuitement aussi des baptêmes en piscine
pour les parfaits novices et les enfants. Il assure surtout énormément de
formations, des niveaux I à III, voire IV. |
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Aujourd'hui, les vols directs depuis l'Europe ont repris et le tourisme a relevé
la tête. " Hurghada change, précise Jean. Il y a moins de plongeurs et la ville
s'est transformée en destination balnéaire, à vocation familiale. Il y a donc
moins de monde sur les sites, ce qui est plus agréable et offre un peu de répit
au corail. On organise aussi beaucoup plus de croisières qu'auparavant : cinq
par semaine, contre une seulement il y a cinq ans. Le plongeur recherche
l'aventure, la nature, les endroits un peu isolés, où il n'y a pas trop de monde
: comme les fameuses Brothers Islands et l'île de Zabargad. Une destination
s'annonce d'ores et déjà comme populaire et sera très demandée d'ici trois ans :
la croisière Saint John's : c'est une magnifique série de récifs après Ras
Banas, juste avant la frontière du Soudan... " |
Guide Pratique |
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