Plongeurs et dauphins viennent se découvrir mutuellement au Dolphin Reef. Et ce sont les dauphins, facétieux, joueurs et imaginatifs qui mènent le bal. Envie de venir nager avec nous ?
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Au milieu d'une végétation riche et variée, le double chemin qui mène à l'entrée du Dolphin Reef est marqué de quelques marches d'un côté, d'une pente douce de l'autre, signe d'une ouverture d'esprit qu'on ne trouve que trop rarement. |
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Passé le portail, je me retrouve sur une petite promenade ombragée de bougainvillées, surplombant une longue plage de sable blanc. Intégrés dans ce décor inattendu, un club de plongée, quelques tables et fauteuils en bois, un petit restaurant. Dans les allées déambulent des paons magnifiques, de petites palombes et des chats. Etonnante cohabitation. L'endroit laisse filtrer des sensations de tranquillité... Zen. |
![]() De la plage du Dolphin Reef, vue sur le ponton et l'enclos où évoluent les dauphins. Yann Saint-Yves © |
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Derrière le comptoir du club, Savy et Sergio tirent des grandes clayettes en bois un bac de rangement qui accueillera mes affaires. Soucieux de ma sécurité, ils vérifient mon brevet et me font souscrire une assurance qui sera valable un an, non seulement en Israël, mais aussi en Egypte et en Jordanie. C'est bon à savoir ! Préparation du matériel, ajustage de la combinaison. La température de l'eau oscillant entre 20 et 22°C, les shorty restent au placard et une bonne 5 mm est de mise. Avec le moniteur, le petit groupe dont je fais partie se dirige vers la gauche de la plage pour la mise à l'eau. Les consignes défilent : ne pas toucher les nageoires pectorales, dorsale et caudale, les zones proches des yeux et de l'évent des animaux qui viendraient nous voir. OK ? On vide les " stab ". |
Musique, Maestro ! |
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Sous la surface, on dirait qu'un orchestre accorde d'étranges instruments. Des sons reviennent à intervalles variables : des cliquetis, des sifflements, des appels modulés, presque mélodieux . On dirait du japonais en 78 tours ! Les résidents habituels des lieux, treize tursiops truncatus (grands dauphins) ne vivent jamais tous ensemble dans cette enclave ouverte sur la Mer Rouge. |
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Mon rythme cardiaque commence à trahir mon excitation. Après son tour d'évaluation, le mammifère marin se rapproche de plus en plus de mon guide, s'arrête, et bascule sur le flanc, exposant son ventre. Je n'en crois pas mes yeux. Cette énorme bestiole vient comme un enfant pour se faire chatouiller ! Je me mets à rire dans mon détendeur de cette situation inattendue, et tente de lier, à mon tour, quelques instants après, un contact. Je réalise à ce moment que ce n'est pas moi qui vient voir les dauphins, mais l'inverse. Alors, je me résigne et j'observe leurs comportements. |
Partenaire de jeu |
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Je trouve vite un point commun à nos deux espèces : le jeu. Admiratif de la grâce avec laquelle il évoluent dans l'eau, je mets le cap vers l'extérieur de l'enclos, là où le fond descend. Je m'y allonge doucement, et retire mon détendeur pour laisser échapper des bulles d'air circulaires, juste quand une femelle accompagnée de son petit (qui doit faire à peu près mon poids) passent au dessus de moi. |
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A la vue des cercles qui montent vers lui, le petit quitte sa mère et vient regarder, visiblement amusé. Aurais-je réussi ? Re-bulle. Mika, qui fêtera son deuxième anniversaire en août 2002, se place à deux mètres de moi, tête en bas, et mord le rond d'air, qui se décompose. Il secoue la tête en me regardant, comme pour m'inviter à recommencer. Re-bulle. Mika avance d'un mètre, attend que le rond se forme et le fait encore voler en éclats. Sa maman tourne autour de nous, vigilante en regardant la scène. Le petit, qui veut continuer à jouer, se poste à vingt centimètres de mon masque. Affublée d'un éternel sourire, sa bouche ouverte paraît rire aux éclats: " Allez, encore une !", semble-t-il me dire. |
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Et comme pour joindre le geste à la parole, quelques cliquetis sonores accompagnent ses mouvements de tête. Encore ? Bon, mais c'est la dernière. Je ne suis pas comme mon partenaire de jeu, et tient difficilement trois minutes en apnée. Re-bulle. Je crois que je me fais un ami. Mais juste un seul, car à peine a-t-il mordu mon fragile cerceau que sa mère sa rapproche très brusquement de lui en émettant quelques cris saccadés. Elle ne se montre nullement agressive vis-à-vis de moi, mais réprimande son petit d'avoir pris tant de libertés. Et ils repartent, comme deux nageurs synchronisés, mimétiques. |
Confiance |
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Un peu plus loin, un jeune mâle me contourne deux fois avant de s'arrêter à mon niveau. Je le caresse, découvrant un contact étrange. La peau est finement ridée, douce en surface, mais ferme de par son épaisseur importante. C'est une sensation qui va au delà du physique, car au moment où son œil croise mon regard, j'y vois la confiance qu'il place en moi, en s'exposant ainsi. Après ces quelques secondes hors du temps, il remue sa tête, et émet quelques clics avant de repartir. Je ne réaliserai que plus tard la magie de cet instant. |
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Je me retourne vers Sharon, visiblement amusé de la mine ébahie que je lui présente. Il me fait vérifier mes paramètres. Déjà quarante minutes. Nous prenons doucement la direction du retour, et croisons un animal qui décroche une algue d'un récif. Il est coursé par deux dauphins plus jeunes qui tentent de la lui subtiliser. |
![]() Avec sa fille Luna, née en août 2000, Dana va batifoler, son algue entre les dents. Martine Carret © |
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A ce moment, la palanquée n'attire pas vraiment leur attention ! Dans mon dos, j'entends des sons très aigus et réguliers. Un sonar ? Je me retourne en sentant une présence. Je reconnais son nez irrité : Pashosh me suit depuis un moment, et je ne l'ai évidemment pas vue venir. Elle nous accompagnera jusqu'à notre sortie de l'eau... |
Guide Pratique |
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DOLPHIN REEF |
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DAUPHINS EN LIBERTE |
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