LE MONDE DES CORAUX APPLIQUE UNE POLITIQUE
DE SAUVETAGE DES RECIFS

Préserver l'avenir



L'Observatoire sous-marin d'Eilat se veut résolument tourné vers le futur. Les récifs sont donc protégés et soignés, remis en état. Des bassins de culture d'espèces rares (hippocampes, tortues) ont été créés et les animaux sont relâchés en pleine mer lorsque les conditions s'y prêtent. Les adultes ne ressortent pas en toute insouciance de leur visite dans ce parc. Et les enfants sont éduqués dès leur plus jeune âge à protéger ce monde qui les entoure.


LABORATOIRE

Le monde des plongeurs ne respecte pas toujours l'environnement. Partout où des palmes passent, le corail casse. Brisés par des coups de pied intempestifs ou par des ancres jetées n'importe où, des fragments de corail tombent sur les fonds sablonneux, où ils s'enfoncent et meurent. Sur le récif, le corail, blessé, devient plus vulnérable aux maladies et aux agressions.


Soigné par les responsables du centre,
le corail reprend vie
au milieu des balistes Picasso.
Yann Saint-Yves ©

En 1992, les responsables du Monde des Coraux ont engagé un vaste programme de réhabilitation du corail. Des morceaux cassés du récif ont été placés dans des bacs où des lumières spéciales, des mouvements de vagues adéquats et une nourriture adaptée leur ont permis de s'épanouir. La période de réadaptation dure de quelques semaines à quelques mois. Les conditions de vie dans les bacs sont ensuite ajustées aux conditions naturelles. Le corail, qui est affublé d'un numéro, pour permettre de suivre sa croissance, est ensuite replacé délicatement sur le récif. Durant ces dernières années, plus de 500 morceaux ont été " greffés " sur le récif, à des profondeurs variant entre 10 et 45 mètres. Les plongeurs du Monde des Coraux vérifient régulièrement l'état de ces coraux et 90% d'entre eux montrent des signes encourageants de croissance.



BOUTURAGE


La cérémonie de plantation du corail s'est déroulée le 26 janvier 2002.
Martine Carret ©

Le 26 janvier 2002, l'Observatoire sous-marin d'Eilat, en Mer Rouge a célébré à sa manière " Toubishvat ", la fête des arbres. A cette époque, en Israël, chacun plante un arbre, symbole du renouveau. Sous l'eau, les plongeurs de l'Observatoire ont transplanté des pousses de corail, qu'ils bouturent comme des rosiers.
Derrière les vitres, les visiteurs ont pu admirer le corail, protégé, car nul autre que les employés n'a le droit d'y plonger.

Si l'on regarde attentivement la structure sur laquelle se développe ce récif artificiel, on voit parfaitement les petits fils qui entourent les pierres où sont greffées les pousses de corail. Construire ce récif n'a pas signifié détruire un espace corallien pour le planter ailleurs, mais il a nécessité patience et attention de la part des employés.


Le corail blessé est numéroté
et placé sous surveillance
pour un bouturage de précision.
Martine Carret ©


EDUQUER


Les enfants apprennent à différencier
les espèces de requins.
Yann Saint-Yves ©

Les enfants des écoles d'Eilat ont la chance de bénéficier de cours très particuliers de l'âge de 5 ans jusqu'à 12 ans. Ils " adoptent " un morceau de corail numéroté, dont ils suivent régulièrement le développement. Les responsables de l'Observatoire espèrent qu'ainsi ils prendront conscience des dommages que causent pollution, amarrages sauvages et coups de pied trop vigoureux. Ce morceau est pris en photo, mesuré à diverses reprises et les enfants peuvent suivre son évolution.

En fonction de l'âge, les cours sont adaptés aux intérêts des enfants. Les plus jeunes apprennent à distinguer les tortues, leur mode de vie, leur nourriture. L'année d'après, ils étudient les poissons, puis les poissons tropicaux. Viennent ensuite l'animation sur les requins, les réflexions sur les coraux et l'environnement. Ils apprennent aussi à nettoyer les plages d'Eilat.


Des affiches résument
les cours aux enfants.
Yann Saint-Yves ©


RELACHER


Les tortues se reproduisent
et sont ensuite relâchées en mer.
Yann Saint-Yves ©

Le Monde des Coraux s'enorgueillit d'être le seul endroit au monde où des naissances de tortues imbriquées ou caret (eretmochelys imbricata) ont été obtenues. Une petite plage de sable permet aux femelles de venir pondre leurs oeufs qui éclosent 52 jours plus tard. Les petits se rendent alors directement dans l'eau pour y nager. Ces tortues restent au centre quelques années. Lorsqu'elles atteignent des tailles respectables, elles sont marquées, puis relâchées, en espérant qu'elles atteindront l'âge adulte.

Dans le bassin, cohabitent aussi une dizaine de tortues vertes. Si les tortues imbriquées peuvent atteindre 80 cm et peser 140 kg, les tortues vertes sont plus grosses : 300 kg pour une longueur maximale de 120 cm. Le régime alimentaire des deux espèces est identique à l'état juvénile : anémones, méduses, calamars, mais diverge à l'état adulte, les tortues vertes devenant végétariennes.
Dans le laboratoire du centre, outre le programme de réhabilitation du corail, existent aussi des études sur les hippocampes, dont le taux de survie est estimé à 30%, comparé au faible 1 à 3% obtenu dans la nature. Ils élèvent aussi des poissons clowns qui sont ensuite relâchés, tout comme les hippocampes, dont la population s'était extrêmement raréfiée dans le golfe d'Eilat. Des programmes ambitieux, que découvrent annuellement près de 450 000 visiteurs.

Martine Carret




Guide Pratique

  • Adresse utile:

    THE UNDERWATER OBSERVATORY MARINE PARK
    P.O. Box 829
    Eilat 88000
    Israël
    Site web : www.coralworld.com
    Tél : (972) 8 636 42 02
    Fax : (972) 8 637 31 93


  • Livre, vidéo, multimédia... :

    CAP SUR LES TORTUES MARINES
    Par Bernard Devaux et Bernard de Wetter.
    Illustrations de Maël de Wynter. Editions Nathan.
    128 pages, 15x22,5 cm. 15,09 euros.
    Environ 60 photos, 20 dessins et 20 cartes. Broché.
    ISBN : 2 09 260875 4
    Site web : http://www.nathan.fr/
    Outre une présentation générale des espèces, des fiches reprennent les caractéristiques de chacune des variétés les plus courantes : tortue verte, tortue franche, tortue caouanne, tortue olivâtre, tortue luth... Des sites ont été choisis à travers le monde pour observer le comportement des animaux sans les perturber. On apprécie notamment les conseils donnés aux photographes et au public.

    LES OCEANS, NOTRE AVENIR
    Par Martyn Bramwell. Editions Dorling Kindersley.
    64 pages couleur. A partir de 10 ans. 276x216mm. 12,65 euros.
    ISBN : 0 7513 4917 8
    Site web : www.dk.com
    Une collection originale pour que les enfants prennent conscience que l'écologie est leur avenir. Quelles sont les actions à entreprendre pour sauvegarder notre environnement et limiter les dégâts ? Des spécialistes (garde-pêche, biologiste, vétérinaire...) racontent leurs journées de travail, des expériences simples à réaliser permettent de mieux comprendre le réchauffement de la mer ou le phénomène de pollution. Beaucoup de conseils très simples à appliquer : ne pas acheter de corail ou de coquillages pour dissuader les vendeurs, ne pas jeter de sacs plastiques qui asphyxient phoques et tortues... Efficace.

    SURIMI, UNE VIE DE CRABE
    Tome 2 " Pince-moi, je rêve ! "
    Editions Casterman. 8,53 euros.
    ISBN: 2-203-35651-0
    Site web : www.casterman.com
    Un pauvre crabe découvre les affres du tourisme estival : pollution des plages, tapage... Une bande dessinée pour apprendre tout ce que parents et enfants sont censés ne pas faire. Quelques belles notions de civisme données sur un ton humoristique.

    ALBERTINE ET LES EXTRA-MERRESTRES
    Par Léon de Hurlevent et Philippe Bucamp.
    Editions Père Castor/Flammarion.
    5,48 euros.
    ISBN : 2-08166363-5
    Site web : www.flammarion.com
    Une petite langoustine veut découvrir le monde qui se trouve au-dessus de l'eau. Pour les 6/7 ans. Apprentissage de la lecture et du monde marin.