Créé le 15 novembre 1987, le plus grand centre de Guadeloupe, " Les Heures Saines ", est dirigé par Dominique Déramé. Un homme qui, depuis trente ans, tutoie poissons, corail, gorgones et épaves. Une passion qu'il aime faire partager, et ce, à monsieur tout le monde, sans distinction d'âge ou de sexe.
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Quinze ans ! Quinze ans déjà que Dominique Déramé s'est installé sur son bout de rocher, à l'extrémité de la plage de sable noir de Malendure. De son nid d'aigle perché sur les hauteurs de la bourgade de Pigeon, son club, baptisé Les Heures Saines, jouit d'une vue imprenable sur les îlets Pigeon où sont effectuées la plupart des plongées de la côte sous le vent de la partie sud de la Basse-Terre. |
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Devant son catamaran, Dominique sourit, pensif : " Ces quinze années se
sont déroulées si vite... Et tant de choses ont évolué ! Je suis un
homme heureux. Lorsque je suis arrivé ici, le 15 novembre 1987, j'avais
deux objectifs : permettre l'accès de la plongée à tout le monde et
développer un certain professionnalisme dans le milieu de la plongée.
Nous pensons avoir acquis un certain savoir-faire dans ces deux
domaines. " |
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Electricien dans le bâtiment dès l'âge de 15 ans, il débute la plongée à Rézé-les-Nantes pour ses 20 ans. Malgré le peu d'attrait provoqué d'habitude par les carreaux d'une piscine, il s'emballe pour cette nouvelle activité, s'inscrit illico presto au club dont il devient très vite un membre actif. Très tôt, il souhaite encadrer : " La dimension physique me plaisait, la dimension humaine aussi, explique-t-il. La plongée, c'est la possibilité de rencontrer un échantillonnage de toutes les catégories socioprofessionnelles de la population et de toutes les couches sociales. Le côté pédagogique m'attirait aussi. " |
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Il passe alors ses brevets successifs : monitorat auxiliaire en 1978,
puis MF2 en 1980, BEES1 en 1981, BEES2 deux ans plus tard. Nommé
instructeur national en 87, il est aussi président du comité technique
régional de Bretagne. |
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Revenu en métropole, il y séjourne six mois et la quitte sans regrets pour la Guadeloupe où il s'installe le 15 novembre 87, avec un ami, Loulou. Les deux complices reprennent une affaire baptisée " Les Heures Saines ". Le nom leur plaît. Ils ne le changeront pas et s'appliqueront à en faire " un club sain ". |
Professionnalisme |
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" Il y a une quinzaine d'années, poursuit-il, les femmes n'osaient pas descendre sous l'eau. Il faut dire que le milieu était empreint d'un certain machisme. Les hommes voulaient garder une certaine aura en pratiquant la plongée. Dans leurs discours, ils intensifiaient parfois le côté danger et performance pour se valoriser. Le matériel était lourd... Tout était fait pour compliquer les choses. Puis la plongée s'est démocratisée. Et tant mieux ! Songez que j'ai même fait passer son baptême à mon père, alors qu'il était âgé de 82 ans. Impensable autrefois. Plusieurs verrous ont sauté un à un. D'abord le frein financier et culturel. Les gens avaient mis des barrières dans leurs têtes et pensaient que l'activité plongée sous-marine n'était pas faite pour eux. Il rêvaient devant les films de Cousteau mais n'imaginaient pas qu'ils pourraient un jour voir de telles merveilles " en vrai ", au lieu de les contempler à la télévision. Puis la barrière physique a disparu: aujourd'hui, on peut plonger sans savoir nager. " |
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Pour Dominique, l'arrivée de la stab a été une révolution, permettant de sécuriser tout le monde. Son club utilisait déjà cet instrument pour faire passer des baptêmes il y a quinze ans, soit bien avant que son usage ne soit démocratisé en France. " Il y a eu aussi l'évolution technique du matériel, poursuit-il. Moins lourd, adapté aux hommes, femmes ou enfants. Le confort de respiration avec les 1ers et 2e étages est indéniable et n'a rien à voir avec ce que l'on connaissait comme matériel autrefois. " |
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Toujours aussi dynamique, ne supportant pas de vivre sur ses acquis, Dominique essaie toujours d'avoir une longueur d'avance. Il se démène sur tous les fronts, crée le syndicat professionnel des centres de plongée de Guadeloupe, puis le syndicat national des entreprises de plongée loisirs en Guadeloupe (SNEPL) : " Cela nous permet d'avoir des interlocuteurs au ministère de la mer ou à celui du travail ", précise celui qui est aussi membre du comité directeur de l'ANMP, l'association national des moniteurs de plongée. " Sans structure organisée, nous ne serions jamais écoutés. " |
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Son prochain projet est d'obtenir l'accord des autorités locales pour immerger une troisième épave dans les eaux de Pigeon-Bouillante. |
Guide Pratique |
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