LE CANYONING, UNE AUTRE MANIERE DE S'IMMERGER

Plongée sauvage sur Basse-Terre



" Descendre, sauter, glisser, partager... ". Tels sont les thèmes proposés par le centre Canopée, qui offre des parcours variés de canyoning en forêt tropicale. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les niveaux...


" Pour toi, ce sera une médium ! ", lance Dominique, en tendant un shorty en néoprène à l'un des participants. Installé dans le virage derrière la plage de Malendure, Dominique Buton et Anne proposent des parcours adaptés au niveau et à la condition physique des participants. Leur club porte le nom évocateur de Canopée, parce que leur projet va un peu plus loin, et surtout plus haut que le canyoning. Mais on ne vend pas la peau de l'ours...

Lui cumule les monitorats de kayak et d'escalade, ce qui ne peut pas être plus adapté à cette activité. Avec une quinzaine d'autres personnes, nous préparons et ajustons le matériel qui nous est encore inconnu, dans une bonne humeur générale. Calme et souriant, Dominique vient détendre d'une pointe d'humour ceux qui sont stressés à l'idée d'une descente en rappel. Et tout le monde profite de ses conseils.
Nous arrivons sur site au terme de dix minutes de voiture vers les hauteurs de Pigeon-Bouillante. Fermeture des combinaisons, ajustage des baudriers et du casque, pendant que " Dom " nous indique le menu des festivités : " Nous partons vers la rivière, en contrebas. C'est en descente presque tout le temps, et il faut faire attention. Ne faites pas les cacous, car on ne peut compter que sur nous : l'endroit est très difficile d'accès, ne prenez donc aucun risque ".


Dominique Buton fournit
l'équipement de canyoning.
Yann Saint-Yves ©


Un peu de route, un chemin, un sentier le long d'une haie d'arbres barrières, une trace enfin, en descente, alors que le bruit de l'eau se fait de plus en plus fort, sont agrémentés par les explications de Dom : la présence de telle plante, la croissance de telle autre, le biotope d'un arbre, l'origine du nom de Marie-ya-Diab-ka-vene…, d'étranges feuilles sensitives.



Plouf


Cap'Ailleurs ©

Dans le lit de la rivière, notre petite troupe suit les indications du guide qui connaît visiblement le coin comme sa poche, nous mettant en garde à chaque passage présentant le moindre danger. Les femmes et les hommes avertis en valent deux, au moins ! L'eau est limpide, vive, et les passages dans les petites retenues sont un vrai bonheur rafraîchissant. Le parcours est clairsemé de glissades le long de toboggans naturels, que l'on effectue sur le dos, emportés par le flot. L'ambiance de la troupe, à l'image du temps, est au beau fixe, et la première descente en rappel se devine au bruit de la prochaine chute d'eau. Dom, patient pédagogue, parviendra à faire franchir ce mini-mur de 12 mètres aux plus timorés ou inexpérimentés, sans un accroc.

En attendant en bas de la chute que tout le monde soit descendu, on peut profiter de ces instants pour admirer encore le cadre somptueux qui nous entoure. En haut de la gorge, des arbres surplombant la rivière laissent descendre jusqu'à elle des racines verticales pour y puiser plus d'eau, des fougères arborescentes, vestiges vivants de la préhistoire, atteignant sans peine les sept mètres de haut, des papayers et des manguiers et bien d'autres qui me seront étrangers jusqu'à ce qu'un précis de végétation tropicale ne vienne m'en apprendre plus. Sans en savoir le nom, c'est de toute façon un vrai régal pour les yeux ! C'est luxuriant, plein de vie, et baigné d'une lumière absolument magique, que la mémoire retient mieux que la pellicule photographique.

Notre équipée continue jusqu'à une chute d'eau d'environ quatre mètres de haut : nous sautons les uns après les autres dans la vasque en contrebas. Encore quelques toboggans avant de faire une petite pause, au sec sur quelques gros rochers jetés négligemment par la dernière crue au milieu du canyon. Dominique distribue à tous des barres de céréales et des fruits tirés de son sac étanche. En savourant le calme autant que la pitance, la troupe l'écoute religieusement: " Il y a quelques temps, lors du cyclone Lenny nous avons été complètement isolés du monde, pendant presque deux semaines. La route était partie avec une crue du torrent, les canalisations d'eau avaient été arrachées, et l'électricité était coupée. Nous avons fait avec les moyens du bord ! Ici, quand la nature se lâche, ce n'est pas triste... " Et on veut bien le croire, au vu de la taille des rochers déplacés et des troncs d'arbres balancés dans le décor comme du bois d'allumette.


Cap'Ailleurs ©

Reprenant notre marche, la gorge est de moins en moins encaissée, et les berges en pente plus douce nous font profiter d'un ciel tout bleu. Le courant faiblit : " il y a sûrement une partie de l'eau qui s'infiltre sous terre ", conclut Dominique, qui ajoute, nous montrant à quelques pas de là un cacaoyer, et ses pleines cabosses prometteuses : " N'y pensez même pas ! Tel quel, c'est absolument immangeable. "



Déjà de retour


Cap'Ailleurs ©

La vallée s'élargit encore, permettant au soleil radieux de nous irradier sans ménagement. Un dernier bain et nous quittons la rivière, à regret, pendant que Dominique répond patiemment aux questions qui affluent : " Il existe des parcours bien plus sportifs que celui-là, bien sûr. Mais je n'y emmène que des confirmés, où des personnes qui montrent une grande aisance sur des parcours plus faciles, comme celui-ci. Je veux à tout prix éviter l'accident, quel qu'il soit ". C'est aussi pour cela qu'il demande aux participants l'existence de problèmes de genou, cheville ou de colonne vertébrale avant de se lancer dans un parcours. On sent chez Canopée le désir de faire les choses bien, à tous niveaux .

De retour au camp de base, Anne et Dom rincent rapidement le matériel avant " la grande lessive ": " Nous en prenons soin, et nous le renouvelons périodiquement. Les combinaisons sont régulièrement lavées et passées à l'eau de Javel, c'est un principe. " Merci à eux. C'est d'autant plus agréable qu'il est rare sous ses latitudes saturées en humidité de profiter d'un matos qui ne sente pas le vieux néoprène humide...
Toujours tout sourire, Dom rejoint ses nouveaux aventuriers qui, racontant leur passage préféré, se voient offrir un planteur allégé. Et le " Do Not Fly " de nos ordinateurs ne s'allumera pas, aujourd'hui.

Yann Saint-Yves




Guide Pratique

  • Adresse utile:

    Canopée
    Plage de Malendure
    Pigeon
    97125 Bouillante
    Tél : 05 90 26 95 59
    Fax : 05 90 26 83 65
    Site web : www.knopgwadloup.com
    E-mail: knopgwadloup@wanadoo.fr


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