Il n'y a pas que la plongée dans la vie. Parfois, après des séjours répétés sous l'eau, il faut savoir lever le pied et se reposer. Ce qui ne signifie pas pour autant buller autour de la piscine !
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Au centre des Heures Saines, de nombreuses affiches placardées sur le mur proposent des activités pour enrichir son séjour-plongée. On peut aller tutoyer les cétacés, sortir aux Saintes, aller plonger à Petite Anse... En bref, on ne s'ennuiera pas, même si on reste sur place quinze jours. |
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Une annonce attire l'œil : " Randonnée pédestre en moyenne montagne et forêt tropicale ". Que regroupe ce terme ? S'il s'agit de crapahuter dix heures sous la pluie, il y a des amateurs pour ce genre de choses, mais nous préférons encore rester sous l'eau... Moins fatiguant ! |
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" Mais non, il ne s'agit pas d'un raid ! ", rigole Hervé Hulin, interrogé sur le sujet. Moniteur de plongée aux Heures Saines, il dispose en outre d'un brevet d'état premier degré d'alpinisme et a donc été chargé d'encadrer cette sortie. " Il s'agit d'une promenade de découverte à travers la forêt. Nous marchons le long du lit d'une rivière et nous discutons des espèces rencontrées. C'est adapté à tous les âges et il ne s'agit pas de faire une marche forcée. On avance au rythme du groupe, tranquillement et je suis là pour aider ceux qui éprouvent des difficultés lors des passages de gué par exemple. Mais il n'y a rien de compliqué dans cette balade. " |
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Bon, puisqu'il le dit... Quelques recommandations tout de même avant de
se lancer dans l'aventure : " N'oubliez pas votre coupe-vent, il y a
souvent des ondées, vos chaussures de marche, et une bouteille d'eau ! " |
Esclavage |
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Hervé s'arrête devant un arbre au tronc hérissé de piquants. Personne
dans le groupe n'en connaît le nom : " C'est un fromager ", explique-t-
il. Apparenté au baobab, le bombax ceiba possède un tronc de dimension
remarquable. Il fleurit de janvier à février, mais là, il est dépourvu
de ses fleurs rouges. " C'est un arbre chargé d'histoire, poursuit-il.
Il servait autrefois à punir les esclaves... " Un silence grave
s'installe. La gentillesse des habitants, la douceur de vivre du pays,
nous ont fait oublier ce qui s'est déroulé ici il y a quelques centaines
d'années... " Dès qu'un esclave devait être puni sur une plantation, on
se servait du fromager. L'homme était attaché à ce tronc piquant par des
liens de cuir mouillés, qui séchaient au soleil et se resserraient. Vous
imaginez sans peine la douleur qu'il pouvait ressentir. Aucune
plantation digne de ce nom n'existait sans fromager à proximité. " |
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En contrebas, la rivière nous accueille. Des habitants y font leur lessive paisiblement. Nous commençons à nous enfoncer sous le couvert de la forêt tropicale. Des gouttes de pluie se font entendre sur nos têtes, mais la végétation est si dense que l'eau ne parvient pas jusqu'à nous. Nous marchons sous la pluie, mais sans en subir les affres... |
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Nous suivons le lit de la rivière. Parfois, nous marchons au milieu, lentement, en cherchant des appuis car les rochers sont glissants. Rassurant, Hervé est toujours présent pour tendre une main secourable. |
Jardin naturel |
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Il s'arrête devant une termitière, déniche des termites et explique comment les déguster : " Vous en déposez une au coin des lèvres et vous croquez. Vous sentirez ainsi le goût poivré qui s'en dégage. " Nous testons, une fois, deux fois... Plus loin, il nous montre un cacaoyer, dont raffole le pic noir. Mais de chocolat, point ! Il ne faut pas rêver, les tablettes ne poussent pas sur les arbres. |
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Il y a aussi l'arbre à pain (autocarpus altilis), au fruit vert verruqueux. Originaire de Polynésie et des îles de la Sonde, cette espèce devint célèbre lors de la révolte du Bounty. Le fameux capitaine Bligh ayant été chargé d'en transporter depuis l'archipel malais jusqu'au nouveau monde. Grillé, le fruit de l'arbre à pain est excellent. Enterré, il devient un fromage fermenté. |
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Après une pause-dégustation, où Hervé sort de son sac à dos des ananas qu'il découpe en tranches, des mangues, des oranges, il nous démontre que les esclaves en fuite, qui se cachaient en forêt tropicale, pouvaient se nourrir facilement avec tous les fruits et agrumes qui s'y développent naturellement. Il déniche une espèce de bégonia, dont les feuilles sont délicieuses en salade, des fruits d'igname (dioscorea species), tubercules qu'on déterre au pied des arbres. Riches en amidon, ils constituent un aliment de base dans beaucoup de pays à travers le monde. |
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La vanille (vanilla planifolia) elle aussi pousse en forêt tropicale : "
Saviez-vous qu'il s'agit d'une orchidée géante ? ", souligne Hervé. |
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Nous ressortons de la forêt sans être épuisés. La leçon d'histoire a été fructueuse et personne n'oubliera le fromager... |
Guide Pratique |
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