DANS LE DESERT MYTHIQUE DES FILMS D'AVENTURES

Sur les traces de Lawrence d'Arabie



De nombreux films ont été tournés à portée de route d'Aqaba, dans le désert du Wadi Rum. Paysages spectaculaires, tonalités chaudes et rougeoyantes : l'endroit est magnifique. Mais la civilisation lui a fait quelque peu perdre son authenticité.


Une heure de route suffit pour relier Aqaba et la Mer Rouge au désert de Wadi Rum, vaste étendue d'aspect lunaire, point de convergence de plusieurs wadis (cours d'eau aujourd'hui asséchés) entouré par des parois rocheuses.

Ici, se déploie tout un kaléidoscope de couleurs, allant des rochers qui virent du noir au rose, avec une prédominance pour le rose, au sable qui se teinte de rouge, ocre, jaune ou blanc... . Les amateurs d'escalade et de varape apprécieront : le Jebel Rum affiche des mensurations tout à fait honorables : 1754 mètres.


Les dromadaires se dirigent instinctivement vers les points d'eau.
Martine Carret ©


Sur place, à la resthouse qui fait office d'entrée du site, on peut louer le matériel approprié et se faire accompagner par des guides.


Le vent et le sable ont sculpté les rocs.
Martine Carret ©


Il y a des milliers d'années que ce lieu est connu. Dans l'Antiquité, Wadi Rum était une passerelle entre deux mondes : l'Arabie et la Palestine. On y a retrouvé des peintures rupestres bédouines datant du VIe au IIIe siècle avant Jésus-Christ, ainsi que des dessins d'une tribu de nomades : les Thamuds.

Le Wadi Rum a longtemps été une étape obligée pour les caravanes qui transportaient épices et encens depuis le royaume de Saba (aujourd'hui le Yémen) jusqu'à la Méditerranée. Si les Nabatéens ont fait prospérer cette étendue désertique, mais non dépourvue de sources et de points d'eau, ils n'ont fait que prolonger une tradition datant de l'époque paléolithique.

Aujourd'hui, les Bédouins continuent d'y vivre, même si certaines tribus se sont sédentarisées. On estime à 5000 le nombre de ceux qui habitent le Wadi Rum, sur une population de 45000 disséminée à travers toute la Jordanie. Par tradition, les Bédouins du Wadi Rum intègrent souvent le corps très respecté de la Police du désert, vestige hérité de la période britannique.


Un Bédouin en
costume traditionnel.
Martine Carret ©


Le temps, le sable, les tempêtes et le vent ont sculpté les rochers et les parois montagneuses. Il faut pouvoir apprécier ce désert à sa juste valeur.


Tissages colorés d'inspiration bédouine.
Martine Carret ©


Il faut surtout éviter de prendre le ticket d'entrée du site et de grimper dans les jeeps mises à la disposition - grassement payante- des touristes pour une heure ou deux. On ne voit rien, on est secoués et on reste aux bordures du désert. On visite deux ou trois points censés présenter un intérêt (la maison de Lawrence, le puits de Lawrence) à une allure toute japonaise : stop photo, sourire, clic-clac et on repart. En bref, on n'apprécie rien et surtout pas de se faire délester d'une partie de son argent pour pas grand-chose.

Mieux vaut partir pour une nuit ou plus, en randonnée à cheval ou dromadaire (ou autre), dormir dans des tentes, apprécier l'hospitalité et le café des Bédouins pour goûter ce lieu mythique rendu célèbre par T.E. Lawrence, devenu Lawrence d'Arabie.


Les sept Piliers de la Sagesse.
Martine Carret ©


Cet en effet ici que le lieutenant de l'armée britannique avait réuni les armées arabes pour lutter contre l'occupation turque durant la première guerre mondiale. De son expérience, il tirera un roman " Les sept piliers de la sagesse ", nom qui désigne aujourd'hui un massif rocailleux situé quelques kilomètres avant l'entrée du désert de Wadi Rum.
Le temps ne compte pas dans le désert. Réservez lui plus de quelques heures. Il le mérite.


Martine Carret