CITE MYTHIQUE CONSTRUITE IL Y A DEUX MILLENAIRES

Pétra, la ville d'ocres roses



Les Arables l'appellent Wadi Mousa, vallée de Moïse. En hébreu, la Bible mentionne l'existence de la capitale des Nabatéens sous le nom de Séla : rocher. Pétra est en fait la traduction grecque du nom biblique. Un endroit unique au monde, perdu au milieu du désert jordanien.


Rien ne prédispose au choc qui s'empare de votre âme, lorsqu'au détour d'une gorge baptisée Siq, défilé né d'une secousse tellurique, vous débouchez sur la façade du Khazneh, le monument le plus célèbre de la cité.

Creusé dans une roche aux nuances rosées, ce tombeau, qui était sans doute celui d'un souverain (Obodas II ou Arétas IV), a été édifié entre la seconde moitié du 1er siècle avant JC et la seconde moitié du 1er siècle après JC.
Le crépuscule teinte les rochers de lueurs veloutées. Les rayons du soleil qui termine sa ronde quotidienne donnent une aura particulière à ce magnifique édifice qui défie le temps et les hommes.


Le Khazneh: 40x25 mètres.
Martine Carret ©



Les combinaisons chromatiques
des différentes roches créent
des dégradés de toute beauté.
Yann Saint-Yves ©


Savoir qu'une telle beauté a traversé les siècles sans être altérée étreint les chairs. Peu d'endroits au monde peuvent se targuer de susciter autant d'effets, de faire monter aux yeux des larmes d'une émotion vive et pure.
Abu Simbel ? La baie d'Along ? L'île de Pâques? Ayers Rocks ?

On est conscients de vivre un moment d'éternité, un de ces instants que la mémoire retiendra captif à tout jamais. Imprégnée en technicolor sur la rétine et dans le cerveau, la banque d'images accumulées et de sentiments entassés rejaillira dès que l'on fermera les yeux, où que l'on se trouve dans le futur.

Mieux vaut être deux pour partager tant de magie... On voudrait prolonger ces secondes où le soleil se couvre de pourpre, où Pétra ruisselle d'or et d'ocres roses. Retenir ses rayons pourtant si fugaces. C'est le moment idéal des déclarations partagées, celui pour ouvrir et donner son coeur. Dans cet endroit magnifié par la nature, les sentiments interdisent de mentir.


Le relief escarpé de Pétra
empêchait les invasions.
Martine Carret ©





Eternité


El Deir, le Monastère, veille sur les hauteurs de Pétra.
Martine Carret ©


Depuis l'Antiquité, Pétra a fasciné les hommes. Aujourd'hui, les milliers de tombeaux et de sépultures qui la composent la font ressembler à une nécropole édifiée au coeur d'un désert de pierres, de roches et de sable. Hier, c'était une ville en pleine expansion, dont le prestige s'étendait au-delà des mers.

Les traces du premier homme sur le site de Pétra remontent à l'âge de pierre, mais ce sont surtout les Nabatéens (IVe siècle av JC) qui offrirent à la ville ces fabuleuses constructions. Ces Nomades venus de la péninsule arabique se sédentarisèrent dans cette vallée de Wadi Mousa, constituée de gorges et de défilés particulièrement imprenables.

Pour les Nabatéens, commerçants fort prospères, Pétra offrait un refuge sûr, bien caché dans la montagne et accessible avec beaucoup de difficultés. Il leur était aisé de gagner la Mer Rouge, ouverture vers les marchés de Mésopotamie et de l'Arabie, tout comme il était simple de traverser le désert du Néguev pour atteindre la Méditerranée.


Long de 49 mètres,
le Monastère affiche
39 mètres de hauteur.
Martine Carret ©



Les habitants de Pétra vivaient dans des installations creusées dans le roc.
Martine Carret ©


L'influence de tous ces pays se reconnaît d'ailleurs dans les divers styles des habitations, des temples et des tombeaux.
Après avoir connu plusieurs siècles d'essor et avoir résisté aux invasions romaines, Pétra sombra dans l'oubli à la fin du XIIIe siècle. Si les Bédouins en gardèrent la trace, ils se gardèrent bien d'en ébruiter la localisation.

Un Suisse, Hohann Ludwig Burckhardt, la redécouvrit en 1812 et ses trésors sont désormais exposés pour le plus grand plaisir de nos yeux émerveillés.


Martine Carret et Yann Saint-Yves