Par 40 mètres de fond, dans les eaux sombres et froides du Saint-Laurent, à quelques encablures de la côte de Sainte-Luce-sur-Mer, repose l'épave d'un navire, témoin oublié de l'époque des grandes compagnies maritimes et des luxuriantes traversées de l'Atlantique...
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Au début du 20e siècle, le Canadian Pacific se vantait d'être la plus importante compagnie de transport au
monde avec des navires reliant le Canada à l'Europe et l'Asie en passant par l'Australie. |
![]() Affiche du Canadian Pacific |
![]() Carte postale estampillée le 17 Sept. 1909 |
L'Empress of Ireland jauge 14 000 tonneaux et mesure 172 mètres de long, 22 mètres
de large pour un tirant d'eau de 8 mètres. Propulsé à plus de 20 nœuds par 2 énormes
hélices et des chaudières à quadruple expansion, il pouvait relié Québec à Liverpool
en moins de 6 jours... |
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À la suite du naufrage du Titanic en avril 1912, des normes très strictes étaient imposées relativement à la sécurité des paquebots. L'Empress était équipé en conséquence du nombre de chaloupes nécessaires par rapport à la capacité totale des passagers. |
![]() Salle à manger de 1er classe |
![]() Vue intérieure salle de musique |
Le 28 Mai 1914, 1057 passagers prennent place à bord de l'Empress of Ireland. |
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Certains pensent qu'il y aurait toujours sous des tonnes de ferraille,
des prototypes de moteur d'avion, coulés dans de la résine ou de la cire... |
![]() Passagers de 2ième classe sur le pont arrière |
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À la barre de l'Empress, un homme de grande expérience, le Capitaine Henry Georges Kendall.
Le navire quitte Québec pour Liverpool dans l'après-midi du 28 Mai 1914 et vers 1h30 au matin
du 29 Mai, le paquebot s'approche de Pointe-au-Père, station de radio-télégraphie, phare et météo,
pour y laisser descendre le pilote du Saint-Laurent. |
![]() Première page du journal "Christian Herald" du 11 Juin 1914 |
À ce moment là, une épaisse nappe de brouillard venant de la terre se lève et la brume
enveloppe très rapidement les 2 bâtiments : " Machines arrière toutes! " ordonne le
commandant Kendall afin de freiner l'erre de son navire et signale par trois brefs
coups de sirène sa manœuvre. |
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Voici le témoignage d'un rescapé qui était le seul canadien français passager
de l'Empress : |
![]() Illustration publiée dans le "London Illustrated News" |
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Le Stortad était entré obliquement dans l'Empress par le tiers avant tribord et, tournant sur sa proue, laissa une immense brèche quand il se retira. Aussitôt après, notre vaisseau prit bande du côté de la brèche opérée par la collision, puis penchant peu à peu, s'enfonça en 10 minutes jusqu'à l'engloutissement complet. (...) L'explosion des chaudières quelques minutes après a dû être très meurtrière pour un grand nombre de marins et de passagers. " |
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Le dernier message |
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![]() Illustration publiée dans "Sphere Diagrams" |
- " Tenez-vous prêts pour un appel de détresse, nous avons heurté quelque chose. "
signale l'opérateur radio Ferguson à la station radio Marconi de Pointe-au-Père. |
Le sauvetage |
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Seulement 5 chaloupes de l'Empress ont été descendues alors que d'autres détachées
d'elles même sont également utilisées par des survivants. |
![]() Corps dans un hangar à Rimouski |
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Sur 1 477 personnes embarquées, passagers et équipages, 1 012 périrent dont 840
passagers (plus que le Titanic...) et 172 membres d'équipage. |
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L'enquête publique |
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" Quel vaisseaux faut-il blâmer? " |
![]() Témoignage du Capitaine G. Kendall lors de la commission d'enquête |
Le naufrage rapide du navire suscite de longues interrogations. L'eau engouffrée
par la gigantesque brèche allant du pont supérieur au pont principal et la manœuvre
arrière du Storstad pour se dégager n'arrangea pas la situation... |
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Le naufrage de l'Empress of Ireland demeure la plus grande catastrophe maritime au Canada... |
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Plonger sur la tragédie de l'Empress... |
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Que dire... on reste muet un long moment en remontant après la plongée sauf pour échanger
quelques mots techniques, puis, les images vous reviennent, mêlées de scènes vivantes tant
les restes de cette épave et l'architecture typique des navires de cette époque vous font
penser au Titanic... |
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Malgré un état très avancé de rouille et d'effondrement, les vestiges de cette épave gigantesque
sont encore très émouvants à visiter car il arrive parfois de rencontrer des ossements et des
objets personnels qui vous rappellent à chaque moment que plus d'un millier de personnes ont
connu une fin tragique en ces lieux... |
![]() Préparatifs pour une descente dans l'histoire... |
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Faire le tour de la proue et remonter l'avant du bateau comme la première fois que le
professeur Ballard découvrit le Titanic, reste un moment de plongée inoubliable... |
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Stéphane Coucke, |
Remerciements |
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Ouvrage de référence : Le naufrage de l'Empress of Ireland, bibliothèque Nationale de Québec. Photos et droits réservés au " Musée de la Mer de Pointe-au-Père ". À lire : Le sabordage du Nipigon... |
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