Un sonar basse fréquence causerait la mort de baleines...

Cet article nous a été envoyé par Stéphane Coucke du Club Nautique de Percé.



Une réelle tragédie apparaît en ce moment dans les eaux Caribéennes.
Les baleines s’échouent d’elle-même sur les côtes. Tout a commencé il y a un peu près un an quand 5 baleines à bosses se sont échouées le 29 juillet 1998 sur les côtes de Porto Rico. Puis durant la première semaine d’août 1999, 11 baleines pilotes se sont échouées aux Îles Vierges Anglaises. Toutes mortes...

Début octobre 1999, 2 baleines à bec de Cuvier s’échouent à St John et à St Thomas, tandis qu’une baleine pilote est trouvée sur la plage de Ste Croix. Le 13 octobre, 26 globicéphales, jeunes et adultes, s’échouent à leur tour à Trinidad.


Photo : Pierre-Henry Fontaine ©
Rorqual Commun échoué à Pointe au Père,
estuaire du St-Laurent, Québec.



La mort de 45 baleines vous semble-t-elle mystérieuse?...

Non, si vous êtes informé de l’utilisation continuelle par l’US Navy du LFAS, Low Frequency Active Sonar, dans les eaux internationales. Une pratique qui est à la fois moralement et légalement injustifiée. D’après le Conseil de la Défense des Ressources Nationales (NRDC), la marine Américaine continue à déployer le LFAS, une nouvelle technologie dans la détection sous-marine à très long rayon d’action qui bombarde les océans avec des ondes sonores d’extrêmes basses fréquences.

Un simple transmetteur LFAS génère des sons d'une intensité de 235 décibels, noyant les océans de ce bruit sur des centaines de km2. 235 décibels sont bien plus fort et plus intenses que le niveau des 160 décibels max., qu’un homme peut endurer. Selon Nan Glendenin (Daily Herald, St Martin N.A.), ces ondes sonores seraient connues pour tuer les baleines et la vie marine et sont la cause d’un ravage et d’une grande menace sur la vie dans nos océans...

Selon les propres études de l’US Navy, des scientifiques ont brièvement exposé un plongeur au sonar LFA à une intensité de 160 décibels, soit une fraction de la puissance que ce système utilise. Après 12 minutes, le plongeur présente de sérieux symptômes dont de graves vertiges et syncopes. Après avoir été hospitalisé, il souffre encore de dysfonctionnement de la mémoire et est sous de fort antidépresseurs...(source non déternimée)

Les baleines sont dotées d’une ouï extrêmement sensible de manière à utiliser le son pour leur migration, la localisation d’un autre individu sur des très grandes distances, la recherche de nourriture (écholocation) mais aussi pour communiquer avec leurs petits. Un son qui perturbe leur habilité à entendre ces fréquences essentielles peut endommager leur capacité à survivre et leurs fonctions vitales.

Une baleine sourde est une baleines morte...

La force de 235 décibels "pourrait" être largement suffisante pour causer la perte du système auditif voire la mort des baleines et de tout autre mammifère marin. Jusqu’à combien de km une baleine est capable de percevoir ce son est complètement inconnu (et pas encore testé par l’US Navy...) mais les récentes morts tragiques de baleines dans les Caraïbes laissent à supposer que le rayon d’action de ce sonar est très vaste.

L’État de Hawaï, bien connu pour protéger les troupeaux de baleines du Pacifiques dans leur migration, poursuit régulièrement la Marine Américaine pour les tests LFAS dans leurs eaux protégées pour ces mammifères où plusieurs cadavres sont récemment apparus. Le NRDC a prévenu officiellement le gouvernement que les tests du sonar vont à l’encontre des 4 lois fondamentales sur l’environnement qui ont été ordonnées pour protéger notre patrimoine marin et les écosystèmes de ce genre de menace.

Nous devons réaliser actuellement ce qui se passe dans les eaux Caribéennes.Contacter les gouvernements et aussi les responsables des parc nationaux et réserves marines pour commencer.Leur expliquer qu’il serait très utile pour la recherche et les études sur le comportement des mammifères marins de ces régions, d'alerter les autorités compétantes et la communauté scientifique lors d'échouages de ce genre pour permettre d'aprofondir nos connaissances et pouvoir déterminer les causes de ces désastres...

Si vous aussi êtes témoin de tels événements ou observez des comportements peu ordinaires de la part de baleines ou autres mammifères marins aux abords des côtes, n’hésitez surtout pas à prévenir les autorités compétentes pour qu’elles puissent agir efficacement.

Sentez-vous concerné !!!

Stéphane Coucke
(Club Nautique de Percé)


Commentaires rédigés par Mr Pierre-Henry Fontaine Biologiste et conservateur du musée du squelette à l'île Verte, Québec.

Mon ami Stéphane m’a fait parvenir une copie de son article pour commentaires. Il est toujours difficile de se prononcer dans un cas comme celui-ci, surtout si des nécropsies n’ont pas été effectuées dans des délais très courts après les échouages, car les structures impliquées dans la transformation des sons en influx nerveux sont très fragiles, chez les cétacés, comme chez tous les mammifères du reste, et en même temps très difficiles d’accès.

Les espèces mentionnées dans l’article sont, pour la plupart des espèces connues pour leur propension à s’échouer en grand nombre et assez fréquemment. Ce sont des espèces grégaires, surtout en ce qui concerne les baleines pilotes(ou globicéphales) et les baleines à bec.


Photo : Pierre-Henry Fontaine ©
Échouge de Cahalot mâle juvénile sur l'île d'Anticosti en 93,
Golfe du St-Laurent, Québec.



La possibilité que ces échouages ne soient qu’une coïncidence n’est donc pas négligeable. Le cas peut être différent en ce qui concerne les baleines à bosses.

On sait très peu de choses à l’heure actuelle sur la façon dont les sons affectent les cétacés, ce qui devrait entraîner une grande prudence dans l’utilisation de systèmes du genre de celui qui est mentionné dans l’article. Il est très difficile présentement de faire des expériences qui impliquent des cétacés, surtout si elles peuvent avoir des conséquences funestes.

Le Mythe créé autour de ces derniers peut donc leur jouer un très mauvais tour. Comme il est presque impossible à l’heure actuelle de relier de façon scientifiquement indiscutable les essais du sonar et la mort des cétacés, l’armée a beau jeu pour continuer à l’utiliser. Aussi inhumain que cela puisse paraître à certains, il faudrait pouvoir expérimenter avec des cétacés pour, le cas échéant, mettre un ban définitif à l’utilisation de tous les systèmes qui comme le LFAS peuvent perturber suffisamment l’environnement des cétacés pour avoir un effet destructeur sur les populations.

N’oublions pas non plus que si le sonar en question peut agir sur les cétacés il peut aussi affecter tous les êtres qui partagent leur environnement : poissons, coraux, tout ce qui nage enfin dans la mer.

Il est donc urgent que des expériences affectant un nombre étendu d’espèces soient entreprises dans le plus bref délai.

Pierre-Henry Fontaine

Auteur de : "Les Baleines de l’Atlantique Nord, Biologie et Écologie"
http://www.multim.com (Québec)
http://www.ibispress.com (France)
http://www.sixieme-continent.com référence 1335 (France)