Récit d'un Week-end à Planier

 

L'idée est partie, comme ça ou presque : depuis le mois de septembre, je communiquais par mail interposé avec Bruno du serveur Plongez Loisir!. Début juin, une proposition : Et si nous nous rencontrions ? Nous fêterions par la même occasion le premier anniversaire de Plongez Loisir!

Assez rapidement, le lieu et la date sont fixés : ce sera Planier, au large de Marseille, petit îlot dont le sommet culmine à 4m! Pour le week-end du 14 juillet.

Si vous venez en avion, peut-être aurez vous la chance, comme je l'ai eue, de découvrir Planier par les airs.

Assez reconnaissable avec son phare blanc au toit rouge et son imposant bâtiment remémorant un temple romain !

 

Samedi 12 juillet 1997

9h10 :

L'avion vient de se poser sur l'aéroport de Marseille-Provence. Ce matin à Paris le temps était maussade; à Marseille, le soleil est radieux.
Après avoir récupère mes imposants bagages, je prends le car à destination de la gare St Charles où Aimé, propriétaire du restaurant "Tiboulen de Maïre", doit venir me chercher.


Après avoir emprunté la "route du bout du monde", comme certains aiment à l'appeler, nous nous retrouvons au restaurant où le rendez-vous est fixé.
Je suis déjà attendue par Sophie, Bruno, Mireille, Luc, et Stéphane qui composent la joyeuse équipe des plongeurs grenoblois !
Bruno se présente à moi; j'avoue que ce premier contact réel se fait encore à distance.
Chacun prend sa voiture et nous nous rendons au port des Goudes où nous prendrons le bateau pour rejoindre Planier.


Nous apercevons au large le phare de Planier... "prends des notes" me dit Bruno, "n'oublie pas, c'est à toi de faire le rapport !"....

La traversée dure environ 10 minutes, nous accostons et déchargeons nos bagages. L'équipe nous attend et nous souhaite la bienvenue, il y a là : Florence, Stéphane, Jean-Luc, Eric, Serge...
Et l'éternelle question : Où est Gérard ? (Gérard que je ne connais que virtuellement et, grâce à qui, nous découvrons Planier)

Bruno s'approche de moi, m'attrape le bras : "Mais oui, tu es bien réelle!"

Nous prenons place dans une grande bâtisse. Nous partageons un spacieux dortoir avec vue sur la mer... quoi qu'à Planier, où que l'on soit (ou presque) on a vue sur la mer!

La table est dressée sur la terrasse avec des parasols pour protéger nos pauvres têtes du soleil éclatant.
C'est autour d'un délicieux repas que nous faisons connaissance; entre temps, Gérard est venu nous rejoindre.
Pendant le café, nous lui présentons nos licences, passeports, certificats médicaux : formalités administratives garantes de la sécurité de tous.
Puis, nous faisons le tour du propriétaire : le local technique, le compresseur, le désalinisateur, le groupe électrogène, etc.


Nous irons plonger cet après-midi vers 16h30. En attendant, nous faisons plus ample connaissance, discutons de rien, de tout... de plongée (évidemment!).

Déjà, il est temps de s'équiper : nous enfilons tant bien que mal nos combinaisons, préparons notre matériel. Avant de retrouver notre élément préféré, petit "briefing" : nous relierons le quai Nord au quai Dalton. Au programme : mise à l'eau, vidage de masque, lâché d'embout, remontée PA... afin de vérifier le niveau!

Cette plongée sert de réadaptation et de plongée-test, nous plongerons tous en groupe; les binômes : Bruno et Stéphane, Luc et Moi, encadrés par Jean-Luc, Gérard et Stéphane.

Ah ! Quel plaisir de se retrouver dans son élément favori : l'eau...

La visibilité est bonne, la température agréable (facile me direz-vous quand on plonge en semi-étanche ! ... mais même les autres plongeurs ne s'en sont pas plaint !).
Nous pouvons enfin admirer les dessous de Planier, un petit tombant et une cheminée pour commencer, puis le survol du Dalton. En dessous, la faune et la flore sont impressionnantes. Pendant que Sophie fait son baptême avec Gérard, Stéphane m'emmène "finir" ma bouteille par 3m de fond.
Nous jouons avec les Girelles et les Castagnoles, admirons les Ombrelles chinoises, Oursins...

Une petite douche (histoire de ne pas coller!) et du bricolage: il s'agit de poser une échelle au Quai Nord;
nous sommes tous là, certains travaillent et d'autres regardent...
il en faut pour tous les goûts !

 

Tout le monde se retrouve sur la terrasse pour un verre de bienvenue et le "debriefing" tant réclamé!
Et nous de trinquer : "A la plongée que nous avons faite et à toutes celles qui viendront!"
Un copieux et délicieux repas, une partie de tarot endiablée, et au lit : il faut bien se reposer pour le lendemain.

Ce qui est très agréable à Planier, c'est cette ambiance sereine et calme.
Cette sensation d'être au milieu de nulle part, tranquille, ailleurs, loin de la foule... le seul bruit : celui du ressac... tout est calme. Bonne nuit!

 

Dimanche 13 juillet :

7h :

Je viens de me réveiller après une très bonne nuit où, une fois encore j'ai rêvé de plongée... Le silence est impressionnant!
Dehors, une brume a chassé le soleil, on a du mal à apercevoir la mer, les bruits sont encore plus étoffés. Petit à petit, chacun émerge... Les chiens viennent nous saluer et commencent à chahuter... Un bon petit déjeuner, histoire de faire le plein d'énergie pour la journée...

10h :

Nous sommes tous en tenue, bouteille sur le dos et palmes aux pieds.
Aujourd'hui, nous séparons le groupe : Bruno, Stéphane et Jean-Luc forment la première palanquée; Stéphane, Luc, Gérard et moi, la seconde.

Un canard, et nous longeons la paroi. Gérard nous montre de petites "limaces", des Doris Dalmatiens (au corps blanc tacheté de noir) et Doris Messine (bleus avec des rayures jaunes). Puis, il nous guide vers le Dalton; aujourd'hui, nous arrivons par le haut de l'épave. Nous pouvons l'admirer sur toute sa longueur. Nous nous enfonçons jusqu'à son extrémité la plus profonde et remontons doucement en admirant l'épave et ses habitants : Gorgones, Chapons...
Mais il faut remonter... Comme la veille, je "finis" ma bouteille en compagnie de Luc et Bruno; nous cherchons les Murènes, observons les Castagnoles : ils frottent le dessous de leur tête sur les rochers!


Le matériel rincé et rangé, je me plonge dans la lecture d'un ouvrage apporté par Gérard : "La découverte de la faune Méditerranéenne"; je peux enfin mettre un nom sur ce que j'ai vu!
Chacun vaque à ses occupations... La brume s'est levée.

Au cours du repas, nous prenons l'option de faire une plongée
de nuit...
Cet après-midi : repos! Sieste, lecture, écriture ou partie d'échecs nous occupent.

22h30 :

La nuit est tombée, la brume est restée... Nous nous équipons; Gérard nous rappelle les consignes de sécurité... une plongée de nuit ne s'improvise pas et hors de question de perdre quelqu'un!

23h :

C'est la mise à l'eau... j'ai quelque inquiétude (que je n'avouerai que plus tard!). Mais il suffit d'avoir les palmes immergées, et l'esprit captivé par le superbe décor que nous offre le tombant nord de nuit, pour qu'elles s'estompent.
Avec la lumière des lampes et des phares, nous dérangeons quelques Rascasses et Poulpes qui fuient sous cette lumière éclatante.
Ce qu'il y a de formidable pendant une plongée de nuit, c'est que l'on perd ses repères : il n'y a plus de surface, ni de fond. J'expliquerai plus tard que j'ai eu la sensation de voler dans un ciel étoilé : lorsque que l'on se retourne pour ne plus voir la lumière des phares, l'eau est scintillante...
Arrivés à 100 bars, demi-tour, nous avons beau reprendre le même chemin, le spectacle qui s'offre à nos yeux est encore différent !
Tout en rangeant le matériel, nous échangeons nos impressions : magnifique, magique, superbe... sont quelques-uns des adjectifs qui qualifient cette plongée.


Et puis, la revanche d'hier au tarot. Ah! quand on est pris par le jeu...

 

Lundi 15 juillet 1997 :

Nous avons décidé de nous lever tôt aujourd'hui... pour plonger et avoir le temps de ranger avant de partir.

9h :

Nous sommes dans les temps. Aujourd'hui, nous irons à la découverte du Chaouen; ce sera par la même occasion ma plus profonde plongée (30m... c'est encore raisonnable, mais mieux vaut commencer doucement!).
C'est Stéphane qui nous guide, Gérard fait le "serre-fil".

Quelques coups de palmes et l'épave s'offre à nos yeux... Je suis subjuguée par ce navire, couché sur le flanc; nous longeons le pont en bois, tournons derrière l'étrave (à vérifier). Cà et là, des colonies de Clavelines transparentes au "squelette" blanc attirent notre regard; puis nous cherchons Hector le Congre, sans succès...
L'ambiance qui se dégage de cet ensemble est très particulière, on peut aisément comprendre ce qui a dû se passer...
Luc, mon binôme, est très à l'aise, "comme un petit poisson qui virevolte dans l'eau!" fera remarquer Gérard.


Pour la dernière fois, nous remontons le long de l'échelle, nouvellement posée...

Le repas sur la terrasse, et il faudra songer à ranger ses affaires...

Les sacs s'empilent sur le quai, nous refaisons une chaîne pour mettre toutes nos affaires sur le bateau.

Un tour de l'île, et nous reprenons le chemin du "continent". Toutes les bonnes choses ont une fin... nous reviendrons!

 


Quelques renseignements :

Comment y aller :
  • Accès par train : TGV Paris Gare de Lyon - Marseille Gare St-Charles (le trajet dure environ 5h et le prix du billet aller/retour est d'environ 400 F).
  • Accès par avion : arrivée à Marseille Provence (Marignane), puis prendre la navette qui dépose à la Gare St-Charles (44 F, une navette toutes les 20 mn, trajet environ 20 mn).
    • Les navettes bateau pour le phare : une fois arrivé à Marseille, il faut suivre le bord de mer (main droite) jusqu'à la Pointe Rouge.

    Aude Cahen

     


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