Plongées à St Leu de la Réunion

 

Après 18 mois d'abstinence, j'allais enfin retrouver LA MER et ses merveilles. Dix-huit mois à envier tous ceux et toutes celles qui me racontaient leurs découvertes, à lire avec empressement les magazines, les annonces et ouvrir le plus souvent possible, le site "Plongez Loisirs!" qui m'a procuré et me procure toujours du plaisir.
Dix-huit mois à me dire que mes oreilles n'auraient plus de problèmes et qu'elles se tiendraient tranquilles lors de ma première plongée-test.
Toutes les destinations me faisaient envie du moment que la plongée était présente, je ne savais plus quelle destination choisir, mon compagnon prit la décision finale.

Enfin, nous avons décollé pour la Réunion et j'étais heureuse de tirer ce sac si lourd et si porteur de promesses.

Il fallait attendre 2 ou 3 jours pour évacuer la fatigue accumulée dans l'année et j'avais appris pendant tout ce temps à être patiente. Bruno, le créateur de votre site Internet, m'avait indiqué un club situé à 30 mètres de notre hôtel (Apolonia - Nouvelles Frontières, que je vous recommande). "Abyss" (que je vous recommande également), tenu par Edouard, sympathique et souriant moniteur avec un bel accent du sud-ouest !
Malheureusement, la météo n'était pas au rendez-vous la première semaine et les plongées étaient reportées de jour en jour. Nous avions encore une semaine de congés à la Réunion et je croisais fort les doigts pour que le temps soit propice à la plongée.
En attendant, nous allions barboter dans le lagon et nous observions la faune et la flore, assez maigre compensation pour moi, grande découverte pour mon compagnon (si peu nautique... mais l'année prochaine, je le sens prêt pour un baptême) !!

Puis, vendredi 3 juillet, nous nous sommes aperçus que la mer était plus calme et l'espoir est revenu. Nous nous sommes précipités chez Edouard qui m'annonçait que je pouvais plonger l'après-midi !
Extérieurement, j'étais très calme, intérieurement, je bouillonnais, j'exultais !
A la pause déjeuner, je contrôlais mon sac une fois, deux fois, trois fois, je touchais le matériel, je m'enivrais déjà.
Mon compagnon me rassurait en me disant : "tes oreilles vont tenir, j'en suis certain, il faut y croire".
Arrivée au rendez-vous, chacun et chacune s'affairait, préparait son sac, le déposait à l'arrière de la voiture et partait en direction du port. J'étais déjà dans la plongée même si mes pieds étaient toujours sur le plancher des vaches.
Direction La pointe au sel (profitez que la mer soit déchaînée pour vous rendre au "Souffleur". Un spectacle étonnant, des vagues de 3/4 mètres de haut et un geyser en prime). Le site où nous allions plonger : Les Antennes.
Tout le monde préparait son matériel et mon voisin annonçait que sa bouteille était vide. Premier étonnement d'Edouard. Quelques secondes plus tard, j'annonçais que ma bouteille était également vide. Deuxième étonnement d'Edouard. Pas de bouteille de rechange sur le zodiac. Je passais d'un sentiment à un autre (étonnement, déception et enfin franche rigolade). Edouard nous dit que deux personnes ne pourraient donc pas plonger. Il voyait ma déconfiture et se rappelait que j'attendais ce moment depuis si longtemps. Edouard décidait donc de faire demi-tour (nous étions déjà en retard sur le programme).
Un aller et retour très rapide et nous voilà enfin prêts ! Un "plouf" arrière et je sentais l'eau rentrer peu à peu. Je flottais, je sentais les pieds remuer dans les palmes, gilet gonflé, masque en place, détendeur en bouche. Signal donné, nous plongeons.
En écrivant cet article, j'ai encore des frissons et des sensations qui sont difficiles à décrire. Je ressentais un calme total physique et psychique. Ensuite, je me préoccupais de retrouver mon équilibre sous l'eau et je "jouais" un certain temps avec mon gilet. J'avais l'impression d'être une débutante qui fait un peu de yoyo sous l'eau ! Je souhaitais sentir mon corps évoluer dans cet élément liquide.
A un moment donné, mon oreille gauche manifestait quelques mécontentements. Je faisais signe au moniteur (prévenu auparavant) et lui expliquait que je remontais de quelques mètres et restais au-dessus de la palanquée. Le mal partit aussi vite qu'il était arrivé. Je pouvais continuer ma plongée avec les autres.
Au palier, je restais aux 3 mètres, pleine eau, j'étais bien. A la remontée, les affaires rangées, tout le monde me demandait mes impressions et si mes oreilles avaient tenu. Edouard me faisait un "OK" de satisfaction accompagné d'un "ben, voilà, c'est fait, ce n'est plus qu'une vieille histoire ! Maintenant la question primordiale : quand reviens-tu ?!".
Au club, je réservais de suite 4 plongées ! Edouard nous proposait un punch pour finir cette sortie (et pour d'autres, leur premier apéritif de la soirée !). De toute façon, j'étais déjà saoule de sensations !

De retour à l'hôtel, mon compagnon m'attendait impatiemment et était plus excité que moi !
"Alors, cette plongée ? tes oreilles ? qu'as-tu vu ? c'était beau ? dis-moi y a-t-il les mêmes poissons que dans le lagon ? tu as prévu d'autres plongées, hein ? etc..".
Je n'avais pas le temps de répondre qu'une question en suivait une autre !!
"Attends un peu, je rince le matériel, je le mets sur la terrasse et après je te dirai"
(pour les non-plongeurs, quel cauchemar de voir tout ce déballage, de l'eau qui dégouline partout sur le sol et de cette exposition qui prend toute la place sur la terrasse !).
En fait, et curieusement, je ne me souvenais pas vraiment de la faune et la flore. J'étais plus attentive aux sensations du plongeur (l'équilibre, ne pas perdre sa palanquée, regarder si tout va bien etc..) et d'un autre côté, j'avais l'impression de n'avoir jamais quitté la mer. Rien ne m'étonnait vraiment, peut-être en raison de la réussite de cette plongée. Les promesses de belles retrouvailles avaient été au rendez-vous.

Le mardi 7 juillet, rendez-vous matinal pour la deuxième plongée. Edouard nous dirigeait vers La Maison Verte.
Je contrôlais le tout et je m'apercevais que mon direct-système (matériel perso) était coupé sur toute sa largeur !!
Mais la bouteille était pleine, alors..
Après tout, à 20 mètres, le gilet est vide. Quand on a été formée dès le départ avec le gilet, on cogite ferme sur la plongée qui vous attend sans son usage !
Edouard me disait que j'allais certainement devoir palmer comme une dinguo.
Notre palanquée était formée de 3 femmes (au passage, je dirai que ce n'est pas courant...), l'une niveau IV qui n'avait plongé pas depuis plus d'un an (pour cause de fabrication d'un bébé disait-elle);
l'autre niveau III qui, habituée à une eau plus chaude, était déjà frigorifiée avant de plonger.
A peu près 15 minutes après notre arrivée sur le site, nous n'étions toujours pas à l'eau.
Edouard (et les autres..) ne se gênaient pas avec leurs boutades :

Bref, l'ambiance de rigolade était installée à bord du zodiac.
Entre le niveau IV qui essayait de retrouver les sensations de plongeuse, le niveau III qui avait un peu froid, moi qui essayait de ne pas arriver au fond comme un poids mort, nous formions une palanquée de choc !
Mais le plaisir nous a vite gagné dans cette eau limpide avec peu de courants, et nous avons pu admirer des langoustes, poulpes, perroquets en série, baliste, des demoiselles toujours sur la défensive, murène, oursins en groupe, nudibranches, coraux (de feu !) , bénitiers et beaucoup de porcelaines.
Par contre, où sont donc passées les gorgones ?
Après 40 minutes, nous retournions au zodiac. Nous n'avions pas de palier obligatoire mais nous restions à 3 mètres pour le principe.
Plutôt que de me tenir au mouillage, je préférais jouer du poumon-ballast, vu que mon gilet n'était d'aucune utilité.
A côté, je trouvais la maman de la palanquée qui s'essayait au même exercice !
Au retour, nous écoutions les commentaires des uns et des autres (la phrase souvent entendue, que j'avoue avoir prononcée.. :

Arrivée au club, je demandais à Edouard si une plongée était possible l'après-midi. Au vu du planning, il m'avouait qu'il y avait beaucoup de baptêmes et de préparation de niveau I et que ce ne serait pas très intéressant.
Puis, une femme se présenta et lui dit qu'elle souhaiterait plonger, elle possédait le niveau III.

Chouette, nous étions contentes toutes les deux. Rendez-vous pris à 14h15.
Pour l'après-midi, Edouard dirigeait le zodiac vers la Pointe au Sel, sur un site appelé : Le Banc de Sable. Il nous promettait une belle plongée. Ni Nathalie, ni moi ne connaissions le site et ni l'une, ni l'autre n'avait pas un sens inné de l'orientation (j'ai à mon actif quelques belles "bourdes" d'orientation - sans gravité heureusement !).

De mon côté, j'avais eu une formation d'orientation pendant mon séjour de 3 semaines en Guadeloupe (mais en 1996). Les moniteurs, tellement éberlués par ma nullité, m'avaient promis qu'après ces longues vacances, je serai capable de ramener mon binôme au bateau qui, en l'occurrence, était un MF1. Le pari fut gagné.
Tous nos espoirs d'orientation remontaient un peu à la surface. Je disais à Nathalie qu'une fois dans l'eau, je ne resterai pas longtemps à la surface car le gilet étant inopérable, la mer un peu agitée, j'allais boire la tasse !
Edouard nous donnait les informations nécessaires sur notre site et nous faisait signe d'y aller. A peine à 6 mètres de fond, nous faisions un tour d'horizon et nous fûmes tout de suite captivées par les alentours.
Nathalie me faisait comprendre que la plongée était prometteuse. Elle le fut.
L'eau avait une parfaite visibilité, la flore était très riche, très dense et le fond très accidenté. Nous devions suivre un banc de sable qui se rétrécissait au fur et à mesure et de chaque côté, il y avait une très large bande de roches.
Nous nous dirigions vers l'est pour atteindre les 20 mètres (Edouard nous avait signalé qu'à cette profondeur, nous aurions la plus belle des observations).
Nous apercevions un barracuda, puis un baliste d'un bon gabarit, deux ou trois poissons-pierre et des coraux, des coraux partout et toujours autant de porcelaines deci-delà. Je remarquais un coquillage avec une forme très "tarabiscotée", Nathalie ne connaissait pas.
Nous nous complétions très bien et je pensais que cette plongée était vraiment la plus belle que j'avais faite depuis mon arrivée. Nous nous "parlions" sous l'eau et chacune montrait sa découverte à l'autre.
Toutes les conditions étaient réunies : l'ambiance du club, les préparatifs, la bonne entente avec mon binôme, les fonds sous-marins, la sensation de bien-être, bref, c'était génial !
Sur le bateau, je demandais à Edouard ce qu'était ce coquillage. Bien évidemment, mes explications étaient renforcées à grands coups de geste pas très évocateurs aux yeux d'Edouard qui n'y comprenait pas grand chose (il va me falloir reprendre les cours de bio !). Finalement, je sus qu'il s'agissait d'un "7 doigts".

Je m'inscrivais pour une autre plongée mais il n'y avait pas de possibilité avant deux jours. Nous avions l'intention de visiter l'île qui regorge également de superbes sites terrestres.

Le jeudi 9 juillet après-midi, Edouard m'annonçait que nous serions trois dans une palanquée formée uniquement de niveau II.
Nous nous dirigions toujours vers la Pointe au Sel dont le site était : Ebouli Reef. Un peu plus loin, Vincent, un moniteur, nous montrait qu'il y avait un site "spéciale plongée requins".
Certaines émettaient des :

Je n'ai jamais vu de requins. Sûr, j'aurais certainement un peu peur, on n'enlève pas si facilement toutes ses peurs d'enfants (vous savez, la peur du monstre...) et d'adultes formées par des histoires vraies et.. fausses !
Mais quelle fascination devant cet animal bourré de perfections. J'espère que ma vie de plongeuse me réservera cette rencontre.
En attendant, nous nous préparions. Mes deux compagnons de palanquée, installés à la Réunion, connaissaient le site.
L'un disait à l'autre :

Je dois dire que j'étais surprise et je me disais que nous étions beaucoup à ne pas avoir rencontré les requins et que ce n'était pas pour autant que nous n'avions pas d'expérience. Méditons...
Mais l'heure n'était pas à l'ouverture d'un débat !
Plouf.. et nous voilà dans l'eau. Je suivais les deux plongeurs et nous surveillions nos profondimètres pour ne pas dépasser la zone des 20 mètres.
Au détour d'un corail, j'apercevais un turbot-paon de belle taille. Il était tranquillement posé sur le corail. J'émettais quelques borborygmes dans mon détendeur, tapait ma bouteille avec le couteau, pour alerter mes compagnons. L'un s'approcha et fit signe à l'autre.
Après quelques instants, mes deux compères prirent la tangente et je restais un peu avec le turbot.
Peu après, je suivais les deux plongeurs. L'un d'eux se retourna, m'attrapa par le bras et me poussa.
Je ne comprenais pas ce qui se passait.
Je devais avoir des yeux d'étonnement comme des soucoupes et j'écartais les bras en signe d'incompréhension. Le plongeur fit un signe que je pouvais traduire comme un :

Nous continuions donc nos pérégrinations.
Nous apercevions un poulpe enfoui entre deux rochers, nous rentrions dans des grottes pour voir des groupes de "gros-yeux" et une belle étoile de mer posée sur une patate de corail.
De temps à autre, je contrôlais le profondimètre qui m'indiquait 22 mètres et je constatais que les deux plongeurs s'activaient au palmage. Je décidais de ne pas suivre ce rythme effréné tant
que je les avais toujours en vue.
L'un deux me faisait signe qu'il était sur sa réserve et que nous faisions demi-tour.
Après un palier de 5 minutes, je remontais à la surface.
J'allais demander que quelqu'un prenne ma bouteille rapidement car je ne pouvais pas rester à la surface avec ce gilet dégonflé qu'Edouard me passait une soufflante (disons qu'il m'engueulait !).

J'étais abasourdie.
Je croyais à une blague de plongeurs (j'en ai déjà eu tellement, qu'une supplémentaire ne m'étonnait guère).
Je faisais répéter Edouard qui ne décollerait pas. En entendant ses explications, j'étais dans le plus total étonnement et j'étais vraiment de toute bonne foi. L'explication est la suivante : après avoir admiré le turbot-paon, mes deux compagnons se dirigeaient vers une grotte et je ne les avais pas vus.
En me retournant, j'apercevais deux autres plongeurs que je confondais avec les "miens". Cette autre palanquée était formée de niveau III.
Voilà pourquoi, l'un me poussa pour me remettre dans ma palanquée d'origine qui était éloignée d'une quinzaine de mètres.

Finalement, les plongeurs ne s'étaient pas inquiétés puisqu'ils m'avaient vu partir avec les deux autres.
De plus, mon profondimètre était resté bloqué à 22 mètres, puis à la surface il s'était bloqué à 50 mètres !! Je ne pouvais donc pas être alertée d'un large dépassement de la zone des 20 mètres.
J'avais plongé à 28 mètres...
Personnellement, cette profondeur ne me gênait pas puisque j'avais déjà un bon nombre de plongées dites profondes. Cependant, Edouard et les autres ne connaissaient pas
mon attitude en profondeur et avaient tout lieu de s'inquiéter et de ... m'engueuler.
De plus, il y a le respect du règlement qui DOIT être appliqué et que j'applique scrupuleusement !
C'était la première fois que je perdais une palanquée. Pourtant, dans "mon fief" à St Raphaël, il existe un site qui ressemble à une autoroute au moment des départs en vacances. Les palanquées se croisent les unes et les autres (un feu tricolore serait presque nécessaire !). Je n'ai jamais perdu la palanquée, j'ai même retrouvé des plongeurs égarés puis remis sur le bon chemin.
Pendant un bon moment, je ressassais ma bêtise. Tout d'abord, je présentais mes excuses auprès d'Edouard, je comprenais sa colère qui se calma très vite devant ma tête déconfite.
Finalement, le résultat pour Edouard était : nous étions tous là en bon état ! Ensuite, je demandais à ma palanquée d'adoption si je ne les avais pas gênés dans leur plongée.

De retour au club, Edouard sortait son bidon de punch auquel j'eus tout de même le droit ! Il me rassura en me disant que cela pouvait arriver à n'importe qui.

Le lendemain, vendredi 10 juillet, je retrouvais Nathalie.
Edouard me montrait sa confiance en nous faisant plonger en binôme. J'appréciais beaucoup son geste, son ouverture d'esprit et sa compréhension.
J'étais contente de plonger de nouveau avec Nathalie.
Je savais que cette plongée était la dernière avant le retour vers Paris.
Cette fois-ci, Edouard changeait de cap (au large, un croiseur des Affaires maritimes n'aurait pas manqué de nous arrêter et nous n'avions pas envie de perdre notre temps malgré que tout était en règle). Nous allions vers les Trois Bassins.
Sur le chemin, nous apercevions un zodiac où Edouard nous annonçait que des moniteurs plongeaient sur un autre site "spécial requins" et que dimanche prochain, il organisait une plongée de ce type.
Je ne pouvais y assister, je serai dans l'avion ! Je ratais donc cette occasion. Nathalie jubilait de son côté et me promettait de me raconter cette expérience de retour à la capitale.
Nous avions tous hâte d'être à l'eau car la mer s'agitait de plus en plus et quelques-uns prenaient des couleurs tirant au vert et avaient des nausées qui menaçaient de passer par dessus bord...
Après les explications d'Edouard, nous faisions notre plongeon arrière, après un rapide signe d'accord, nous nous dirigions en dessous du zodiac pour repérer la profondeur.
Le site se présentait par une longue et large bande de roches et de coraux, alternée par un banc de sable, puis d'une autre bande de roches et d'un autre banc de sable.
Nous nous dirigions vers l'est (vers la Pointe des Châteaux) afin de contourner ces bandes et revenir en formant un arc de cercle qui nous mènerait au zodiac. Jusqu'à ce que nous arrivions vers les 20 mètres, nous croisions peu de faunes et nous nous faisions des signes d'incompréhension. Cependant, la flore était très riche et nous nous approchions des coraux pour essayer de trouver des nudibranches, doris ou demoiselles qui s'y nichent.
Nathalie apercevait une première murène de petite taille mais assez farouche. Tout en l'observant, elle claquait sa mâchoire pour nous inciter à ne pas la déranger.
Tout au long de cette plongée, Nathalie ne découvrait que des murènes plus ou moins grosses mais de la même espèce (murène tachetée noire). L'une d'entre elles nous apparaissait imposante mais nous n'avons pas réussi à évaluer sa taille réelle. Elle était complètement lovée dans son rocher.
La beauté de cette plongée résidait plus dans sa flore et dans son "paysage". Il faut dire que ce site est en face d'une importante ravine où de multiples éruptions volcaniques ont formé des sites sous-marins très sauvages.
Une belle plongée ne s'arrête pas à sa faune mais la flore apporte son lot de découvertes et de magnificence. N'oublions pas que sans elle, la faune ne serait pas présente...

Plus tard, nous nous montrions nos manomètres et il restait 90 bars dans la bouteille de Nathalie. Nous décidions donc de prendre le chemin du retour.
Le courant était un peu plus présent et Nathalie me faisait le signe qu'elle était proche de sa réserve. La visibilité aux abords de la côte s'était amoindrie et la surface était trouble.
Cependant, nous apercevions la coque du zodiac et nous nous faisions un signe de "bravo !".
Comme il nous restait suffisamment d'air pour effectuer notre palier, nous décidions de parcourir les proches environs. Une ravine se présentait à quelques mètres et nous y découvrions de multiples et minuscules espèces (étoiles de mer, nudibranches, oursins).
Je commençais à avoir froid et faisais signe à Nathalie qui avait entamé sa réserve. Nous décidions de faire notre palier (de principe car nous n'en avions pas besoin d'après l'ordinateur).
Ce moment fut un moment d'un grand amusement et de fous rires. Comme beaucoup d'entre vous, nous nous amusions à nous mettre en position de lotus, en position couchée, la tête en bas, sur le côté comme si nous lisions un livre, nous faisions des roulades, des grands écarts. A force de rire, nos masques se remplissaient de buée, puis d'eau (quand on porte des lentilles de contact, je vous assure que vous videz rapidement votre masque !). Le détendeur se décollait et nous buvions la tasse.
Nathalie avait décidé de vider sa bouteille. Bien que nous étions à 3 mètres de profondeur, et pour moquer (gentiment) de Nathalie, je lui faisais signe que j'étais sous réserve mais qu'il n'y avait pas panique.
Elle éclatait tellement de rire que le détendeur sortait de sa bouche !
Pendant ce temps, une palanquée préparait son niveau II. Un plongeur attendait son tour et regardait nos évolutions.
Il nous faisait des signes de "complètement folles" et se piqua au jeu.
A la remontée, il nous dit :

Je voulais rester jusqu'à épuisement de l'air mais le froid, malgré nos pirouettes, ne m'avait pas vraiment quitté. Nous décidions de remonter sur le zodiac.
Nathalie me demandait de remonter sa bouteille. Elle prenait son tuba, gardait palmes et masque et partait en surface. Elle restait jusqu'à ce qu'Edouard et sa palanquée soient sur le bateau.
Au retour, je regardais l'horizon, la côte, la mer en me pensant que je ne plongerais plus ici avant......
Le punch nous attendait comme à son habitude et je restais un peu plus longtemps pour dire au revoir à tout le monde et je tentais de prolonger au maximum cet instant.
Nathalie me communiquait ses coordonnées, certaines de nous revoir à Paris (je l'ai contactée et elle m'a raconté sa plongée "requins").

En conclusion de ce séjour (désolée, je ne suis pas douée pour la plume. Le texte est certainement très long, il doit manquer des détails qui vous intéresseraient peut-être ou il y en a peut-être de trop mais les plongeurs sont d'infatigables bavards.
J'ai écrit comme j'en aurais parlé. Ah la passion quand ça vous tient !).
Donc, j'ai retrouvé tout ce que j'avais quitté involontairement il y a 18 mois. J'ai ressenti toutes les symptômes aquatiques, entendu les anecdotes, vu les indétournables de la plongée (mais si vous savez : celui ou celle qui arrive toujours en retard, celui ou celle qui oublie systématiquement un élément de son matériel, celui ou celle qui arrive complètement endormi et dont le premier mot est : "café", celui ou celle qui est silencieux, celui ou celle qui vient pour un baptême et qui a toutes les angoisses du débutant et qui vous assaille de questions) et enfin, LE plaisir de la mer, ses merveilles, son silence, cette sensation de liberté, les fourmillements qui vous prennent délicieusement....
enfin, quoi, vous savez ce dont je parle.
Cette fois-ci je n'arrive pas à décrire, il y a comme un trop-plein, les mots ne remplacent pas les images.


Dès fin août, je retrouve mon fief à St Raphaël et je pourrai enfin passer le niveau III !!

Mers et océans vous me manquez.

A tous et à toutes : prenez du plaisir, amusez-vous, restez prudents, respectez la sécurité et surtout cet environnement, nous lui devons notre passion.

 

Subaquatiquement vôtre,

Valérie.

 

P.S. : bien que la plongée soit importante sur l'île, ne manquez pas de visiter l'intérieur. Ces 3 cirques (Mafate, Cilaos et Salazie, le site volcanique, les cascades, les forêts de Bébour et de Bélouve, le marché de St Pierre le vendredi (marché traditionnel et forains) et le nec plus ultra : le tour de l'île en hélicoptère.

Valerie LUCCIONI