VENU EN VACANCES EN POLYNESIE IL N'EN EST JAMAIS REPARTI

Gilles Pétré, une passion Grand Bleu



Son premier centre de plongée a été ouvert au moment où Luc Besson et son film " Le Grand Bleu " monopolisaient toutes les attentions. Gilles Pétré, qui cherchait un nom à consonance internationale pour son club, a créé le Blue Nui Dive Center: Blue, comme Bleu, Nui, comme Grand, en tahitien...


" Mon brevet de plongée ? Quel brevet de plongée ? " Il y a plus d'une vingtaine d'années, Gilles Pétré découvre avec stupeur qu'il ne peut pas passer son brevet professionnel de classe II, parce qu'il n'a pas son deuxième échelon. Il se présente dans un club où on lui demande son premier échelon. Qu'il ne possède pas plus... Et lui qui travaille dans le milieu professionnel des travaux sous-marins et du carénage de bateaux depuis des lustres !
En ces temps-là, la législation du travail était peu scrupuleuse. On travaillait dans la plongée, un point c'est tout. Pour se mettre en règle, il passe alors ses niveaux dans le sud de la France, au CIP de Bandol et obtient vite son monitorat.


Gilles Pétré aux commandes des Blue Nui Dive Center.
Yann Saint-Yves ©


Né à Douala, au Cameroun, en décembre 1960, Gilles Pétré a découvert la plongée dans de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest. Il aime l'eau, mais pas celle que l'on voit du côté de la coque des bateaux. Il entame une carrière de moniteur au Club Med et se met à voyager : Espagne, Bahamas, Mexique. Sa rencontre avec Wendy l'incite à partir en vacances en Polynésie. Mais les deux semaines prévues se transforment en " non retour ". " Nous avons été conquis par la beauté de ce territoire, tant terrestre que sous-marine, et par la gentillesse des gens, explique-t-il. Nous n'en sommes jamais repartis et nous y vivons depuis 15 ans ! "

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Séduit par les lagons, il est resté en Polynésie.
Yann Saint-Yves ©


Installé à Tahiti, il effectue tout d'abord des charters plongée à la voile ainsi que des remplacements dans divers centres de plongée des différents archipels de la Polynésie Française. Aux Tuamotu, il découvre l'atoll de Manihi : " La richesse et la virginité sous-marines de l'endroit nous ont poussés à nous installer en partenariat avec le Kaina Village, unique petite structure hôtelière de 16 bungalows. Dirigeant tout d'abord toutes les activités nautiques proposées par l'hôtel, dont la location de matériel de plongée, nous avons décidé de créer une structure de plongée à part entière. C'est ainsi qu'est né en 1989 le Manihi Blue Nui, premier maillon des Blue Nui Dive Centers. La seule destination qui existait alors dans les Tuamotu, c'était Rangiroa. Je voulais aller dans un endroit vierge, où il n'y avait pas d'autre club. A Manihi, les conditions sont plus faciles qu'à Rangi, parce qu'il n'y a pas de mascaret. C'était idéal."

Il s'attaque alors à une rude démarche : promouvoir cette nouvelle destination. Il observe d'abord le marché, cible sa clientèle et axe ses efforts en direction du Japon et des Etats-Unis. Quelques articles dans la presse spécialisée japonaise, une présence sur les salons nippons et la clientèle débarque !
Quelques années plus tard, il a la chance de voir la structure hôtelière avec laquelle il travaille changer d'enseigne. Le premier des hôtels de la chaîne Pearl Resorts s'implante sur l'île, ce qui permet au centre de plongée d'entreprendre des transformations lui conférant un confort et des standards dignes d'une clientèle internationale.

Mouvance

Il quitte alors Manihi, qu'il laisse en gérance et s'installe à Bora Bora, l'île mythique dont le seul nom suffit à faire briller les prunelles des plus difficiles des touristes. Installé sur le motu (îlot) Tevairoa, au sein du Bora Bora Pearl Beach Resort, il dispose d'un panorama unique au monde : vue imprenable sur le mont Otemanu, souvent encombré de brumes qui s'effilochent autour d'un sommet qui culmine à 767 mètres. Mais ces nuages épars n'empêchent pas le soleil de teinter le lagon de Bora Bora de couleurs universellement connues.

Vert émeraude, bleu azur, jaune sablonneux, lumière saphir s'entrelacent dans une palette impressionniste. Cette lagune qui semble avoir été créée pour célébrer la pureté des eaux est assurément l'une des plus belles au monde. Sous l'eau, c'est aussi un régal : " Il n'y a pas beaucoup de spots de plongée au monde où vous pouvez voir des requins citrons et des raies manta quasiment à coup sûr !, souligne Gilles. La Polynésie est un pays fabuleux pour la plongée. On n'a jamais recensé d'attaque de requins sur les plongeurs en bouteille, les poissons sont nombreux et n'ont pas peur des squales alors qu'ils se méfient des carangues. Aller plonger est un bonheur renouvelé chaque jour. "


Qui ne se plairait pas à Bora Bora?
Yann Saint-Yves ©



Plonger parmi des centaines de poissons
est un régal.
Martine Carret ©


L'hôtel Bora Bora Pearl Beach Resort bénéficie de structures sur pilotis, très prisées des couples en lune de miel, avec accès direct dans le lagon, mais propose aussi des suites avec jardinet et piscine privée, encerclées dans des écrins de bois qui préservent l'intimité. Le repos et le calme absolu pour un cadeau-surprise à offrir à la femme de sa vie. Surtout si elle est plongeuse !

Démocratisation

Bien qu'implantés dans l'enceinte des hôtels Pearl Resorts, les centres de plongée Blue Nui de Manihi, Tikehau, Taha'a et Bora Bora ne sont pas exclusifs et accueillent toute l'année une clientèle internationale aussi bien que locale, résidente ou non dans les hôtels de la chaîne. Les structures sont aussi des centres PADI et CMAS où l'on peux pratiquer des initiations pour débutants, des explorations pour plongeurs confirmés ou passer des brevets.


Le patron des Blue Nui a reçu Aquanaute.com.
Yann Saint-Yves ©


" La moyenne des clients passe une semaine par an à plonger, commente Gilles. Pourquoi chercher à leur donner une formation paramilitaire comme c'était le cas autrefois ? Heureusement que la plongée s'est démocratisée, devenant véritablement un loisir. Ici, c'est parfait pour débuter la plongée : l'eau est claire, chaude, il n'y a pas de courant. Et on oublie vite ses appréhensions devant le spectacle offert par une multitude de poissons multicolores."

Malgré une saison 2001 perturbée par les retombées des attentats du 11 septembre, les centres Blue Nui ont permis d'afficher 50 millions de CFP de chiffre d'affaires (420 000 euros) en l'an 2002: " Le Bora Bora Blue Nui Dive Center a fait le plein et a compensé les pertes sur les autres centres," précise Gilles Pétré. Pour le début d'année 2002, sur neuf mois, ce club a délivré 60 diplômes PADI ou CMAS, donné 300 leçons, fait passer 800 baptêmes et comptabilisé 3000 sorties d'exploration.


Martine Carret


Les plongeurs ont afflué en 2002.
Yann Saint-Yves ©


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