LEUR PRESENCE PERMANENTE EST UN REGAL

Les mantas, reines de Bora Bora



La Perle du Pacifique, le joyau de la Polynésie... Bien des superlatifs ont été employés pour qualifier Bora Bora. Il est vrai que rien n'est plus extraordinaire que son lagon émeraude qui est synonyme, dans l'esprit collectif, de Paradis. De telles beautés terrestres n'empêchent surtout pas les promenades sous-marines.


" Le nom de Bora Bora se suffit à lui-même, explique Jean-Marc Pétin, directeur général du Bora Bora Pearl Beach Resort, hôtel de luxe situé sur un motu (ilôt) corallien qui encercle l'un des plus beaux lagons au monde. Tout le monde connaît cette île ! Pour les Américains, elle signifie même Polynésie. Ils connaissent son histoire et son nom, car durant la seconde guerre mondiale, ils y avaient installé une base aérienne, d'où ils lançaient leurs attaques. Bora Bora n'a pas besoin de publicité... C'est certainement l'île la plus connue du Pacifique Sud, avec Tahiti !"
Paradis pour les yeux, Bora Bora est un entrelacement de verts dégradés dans toutes les tonalités. Le mont Otemanu regorge d'une végétation luxuriante et ses 727 mètres sont le témoignage de l'existence d'un volcan émergé de l'océan il y a trois à quatre millions d'années. La légende raconte que, de Raiatea, le dieu Hiro aurait envoyé son fils Ohatatama gouverner Bora Bora, dont le nom signifierait " premier-né ".


Jean-Marc Pétin dirige le
superbe Pearl Beach Resort.
Yann Saint-Yves ©



L'une des plus belles baies au monde.
Yann Saint-Yves ©


L'île est petite : 38 kilomètres carrés et compte un peu moins de 6000 habitants répartis le long de la route côtière qui mesure 32 kilomètres. La largeur de l'île est d'environ quatre kilomètres, quand sa longueur en affiche neuf. Les plus beaux hôtels sont disposés près de la pointe Matira, où s'étend une belle plage de sable blanc. Mais ce qui a fait la réputation de l'île, ce sont surtout les bungalows sur pilotis enchâssés sur le lagon. Chaque grande chaîne d'hôtel s'est installée sur un motu où les clients ont à leur disposition l'une des plus belles vues au monde.

Sur le motu Tevairoa, le Bora Bora Pearl Beach Resort déploie toute son élégance et son raffinement. Les couples qui y viennent ici en lune de miel sont assurés d'une douce tranquillité. Le club de plongée est situé près de la réception, à deux pas de l'embarcadère, d'où partent régulièrement des navettes vers l'île principale. Le Bora Bora Blue Nui Dive Center comporte un grand local, un bac de rinçage pour le matériel, des casiers, des cintres pour suspendre les combinaisons...
Gilles Pétré, le directeur, nous sert de guide éclairé durant quelques jours. Il nous invite à visiter ses sites favoris.


Embarquement pour plonger!
Yann Saint-Yves ©


Tapu

Le mot tahitien tabu a donné par extension tabou en français. A l'origine, il signifiait sacré, sans résonance d'interdiction. Le spot de plongée est situé non loin du motu Tapu, un îlot situé au sud de l'unique passe qui permet les échanges entre le lagon de Bora et l'océan : la grande passe Te Ava Nui. Autrefois, sur ce motu, étaient célébrés des rites sacrés. Aujourd'hui, on y découvre des merveilles, sans poser le pied sur le motu...

La descente, qui s'effectue sur une pente douce, atteint à peine les trente mètres. Dès la mise à l'eau, les espèces pélagiques et récifales, habituées aux plongeurs et au feeding, sont autour de nous. Les stars des lieux sont des requins citrons (negaprion acutidens), appelés ici arava. Ce sont des requins à la robe jaunâtre, au profil imposant, et qui sont aisément reconnaissables grâce à leurs deux dorsales de taille quasi identique. Assez timides, ils ne s'approchent de la nourriture que si aucun plongeur ne se trouve entre eux et leur cible. Un gros Napoléon s'approche de Gilles et vient presque se frotter contre nos combinaisons. Il est accompagné par un ballet de superbes carangues bleues dont les taches brillent dans la lumière du soleil. La plongée s'effectue avec le récif à main gauche, sans courant et sans difficulté particulière. Idéal pour ceux qui débutent.


La star des lieux: le requin-citron.
Martine Carret ©


Au bout d'une trentaine de minutes, les requins citrons se mêlent aux plongeurs et s'approchent de plus en plus près. Ils sont vraiment magnifiques, mais contrairement aux requins gris de récif ou aux requins à pointe noire, on sent qu'ils sont prêts à s'enfuir au moindre coup de palme un peu intempestif. L'endroit est agrémenté d'une énorme anémone où sont réfugiés de tout aussi énormes poissons clowns qui viennent se coller sur nos mains déployées en pleine eau. L'instant est empreint d'une belle solennité.

Fafa Piti

Le nom tahitien de la raie manta est fafa piti, alors que les scientifiques la nomment manta birostris. Le nom du spot que nous découvrons dans le lagon laisse augurer de belles rencontres... L'envergure de cet animal, impressionnant certes, mais sans danger pour l'homme, peut aller jusqu'à six mètres dans certaines parties du globe (Indonésie, Malaisie).


La manta, douce et gracieuse.
Martine Carret ©


Mais ici, nous n'avons observé que des raies manta de taille moins imposante: quatre mètres tout de même! Les raies manta filtrent le plancton à l'aide de fentes branchiales et les observer se nourrir et se mouvoir paisiblement est un régal. L'eau du lagon de Bora, souvent trouble, ne permet pourtant pas d'apprécier toute la plénitude dégagée par ces animaux, qui apparaissent aussi soudainement qu'ils disparaissent, volant avec délicatesse, leurs grandes ailes noires déployées comme celles d'un cormoran.
Les clubs de plongée, qui savent évidemment où se trouvent les animaux, sont pourtant trop nombreux pour que les palanquées soient tranquilles. On se croirait un peu sur le périphérique parisien aux heures de pointe. C'est le seul bémol que l'on peut trouver à cette plongée, qui reste d'une extrême intensité.

Muri Muri

Le nom de cette plongée, qui se déroule côté océan, près du motu sur lequel est situé l'aéroport, signifie " la vallée blanche. " A coup sûr, même si l'on est venu à Bora Bora pour autre chose que la plongée, ce site mérite amplement à lui seul qu'on vante les qualités sous-marines de l'île.
La descente s'effectue dans le bleu. Sur un fond sablonneux de 35 mètres, repose une forêt d'hétérocongres, les seuls animaux de cette espèce qu'il nous ait été donné de voir en Polynésie. Ces anguilles de jardin, planctivores, vivent en colonies de plusieurs centaines d'individus. Chaque animal possède son trou creusé dans le sable, où il se rétracte vivement dès qu'un intrus s'approche. Et naturellement, le plongeur est un importun...


Yann Saint-Yves ©

Des paysages coralliens ponctuent le site où le courant nous déporte. Un banc de barracudas se forme dans le bleu, non loin d'un banc de bécunes. Et l'on assiste également à un rassemblement de carangues ! Que souhaiter de plus. Cette plongée, dérivante, ne comporte aucune difficulté majeure. Les requins, qui nous accompagnent sans fébrilité aucune, constituent la cinquième étoile de ce tableau sous-marin, aussi délicieux que les cinq étoiles de l'hôtel qui nous attend en dehors de l'eau...


Martine Carret




Guide Pratique :