Anciennement appelée Havaii, en référence aux Polynésiens de l'Ouest qui peuplèrent le Pacifique, l'île de Raiatea est devenue " l'île Sacrée ", célèbre pour ses marae, lieux où l'on célébrait le culte des Dieux sur des dalles de pierre. Etape des îles de la Société avant d'atteindre Bora Bora et de se diriger vers l'archipel des Tuamotu, Raiatea constitue un havre de fraîcheur. Peu de touristes, un service à la carte pour cette île qui regorge de petites merveilles sous-marines. Dont l'épave la plus célèbre de Polynésie...
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Parti de Nouvelle-Zélande, le " Nordby ", un trois mâts barque battant pavillon danois doit relier Liverpool en ayant chargé du coprah (pulpe de noix de coco séchée destinée à la fabrication de l'huile) sur l'île de Raiatea. Dans ses cales, on recense, entre autres, trois caisses de nacre brisées, trois caisses d'écailles de tortues, quatorze barils de cire d'abeille, quatre balles de coton. Nous sommes en 1900, le 22 août. L'hiver austral est là et le mara'amu, l'alizé du sud-est, souffle. Un peu trop fort. Si fort que l'ancre se détache. Impuissant, le Capitaine Christiansen assiste à la dérive de son navire qui s'échoue brutalement face à la passe Teavapiti, sur un tombant rocheux particulièrement coupant, au lieu dit " Tepua ". Déchiré à l'arrière, le " Nordby " commence à sombrer lentement. Les marins et le capitaine sauvent une partie de la cargaison qui sera vendue un peu plus tard aux enchères. |
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Aujourd'hui, que reste-il de ce bateau construit en fer, en 1873, à Dundee, en Ecosse ? Longtemps, on a plongé sur cette épave en l'appelant " Le Charbonnier ", en souvenir des zestes de charbon récupérés en début de siècle. On ne savait pas trop d'où elle venait et le mystère de son histoire ne prit fin qu'en 1997, à la suite de recherches entreprises par deux résidents de l'île. |
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Le " Nordby " gît, entre 19 et 30 mètres, au bord du récif, au pied des bungalows sur pilotis de l'hôtel Raiatea Pearl Beach Resort. S'ils le ?voulaient, les clients pourraient sauter de leurs terrasses sur l'épave. Aisé ! Il suffit de descendre, tout droit, dans de l'eau malheureusement parfois turbide, une rivière toute proche y déversant la boue qu'elle charrie lors de la saison des pluies. Vers quinze mètres, on aperçoit l'ombre fantomatique du " Nordby ", en parfait état de conservation. En bois, le mât d'artimon a disparu, mais ses deux autres gréements sont intacts. Il suffit de les suivre pour arriver jusqu'au bateau. Pénétrer dans l'épave n'est pas difficile et de l'intérieur, le bleu est toujours visible. Pas de claustrophobie possible ! Prêtez attention tout de même à vos oreilles car on descend en fait sans s'en rendre compte, l'épave étant couchée sur bâbord S/O, N/E. |
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Installés ici depuis 1994, les propriétaires des deux clubs de Raiatea,
Floriane (Te Mara Nui Plongée) et Hubert (Hémisphère Sub) recommandent cette
exploration de nuit. Corail noir, spondyles, nudibranches (sur la coque),
nacres et éponges ont colonisé les lieux. On rencontre également porcelaines
pois chiche, crabes tachetés, poissons-lions, poissons-scorpions... Des
anémones se sont fixées sur le métal, taurillons à deux bandes, rougets,
poissons ange sont loin d'être rares. Tout comme les murènes, les chirurgiens
et les poissons cochers. Les hublots en verre sont parfaitement conservés,
ainsi que l'ancre et le gouvernail. |
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A 18 mètres, une poche d'air permet aux plongeurs de se parler, sans toutefois y respirer l'air vicié. Magique ! Trois carangues à grosse tête se sont installées à demeure dans l'épave et y dorment. Les animaux ont leurs habitudes : un ptérois ocellé est visible, toujours à l'avant du bateau et le matin, on peut surprendre des loches qui s'éveillent. La plongée-type consiste en une visite extérieure (50 m de long sur 15 de large), puis un aller-retour à l'intérieur, avant d'entamer la remontée. Pour tous niveaux. |
LES PITONS DE CERAN |
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Fait inhabituel dans l'archipel de la Société, le lagon enserre deux îles : Raiatea, " l'île sacrée " et Tahaa, " l'île vanille ", distantes de trois kilomètres. A l'est de Tahaa, la passe Toahotu permet les échanges entre le lagon et le Pacifique. Huahine se dessine, au loin. La plongée débute par une descente facile sur le fond (12 m) de sable du motu (îlot inhabité) qui borde la passe. On se jette ensuite dans le grand bleu. Au fond 50 mètres, visibilité en général bonne par courant rentrant. Carangues à gros yeux, nasons et platax nous accompagnent. La vallée de Céran est déserte, même si parfois on peut y apercevoir du " gros " (raies léopard, requins gris). |
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L'intérêt réside dans deux pitons, parsemés de corail jaune (stylaster) qui culminent à 30 mètres et où l'on peut se coller, à l'abri de courant, pour observer la faune. Un banc de barracudas se forme, un ange royal semble perdu dans le bleu. Un baliste olivâtre voisine avec des nasons aux lèvres violettes, des chirurgiens louvoient entre des poissons perroquets. Employé trop souvent en bijouterie, le corail noir (cirripathes et anthipates) se fait rare. Il existe ici, mais n'oubliez pas que c'est une espèce protégée depuis 1991. Hubert, le sympathique patron d'Hémisphère Sub, termine la plongée dans un véritable aquarium, un spot de cinq mètres, territoire d'une gigantesque murène javanaise, où les enfants y trouvent leur bonheur. |
LA PASSE TE AVA PITI |
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Côte est de Raiatea. Les pluies diluviennes ont transformé le bleu en une eau jaunâtre. Au milieu de la passe, un banc de bécunes s'agite dans le courant, inhabituellement fort ce jour-là. Les nasons à lèvres violettes et à tache orange foisonnent, tout comme les bancs de cochers, dignes et fluides. Un vol de six raies léopard surgit du néant. Belles, calmes et paisibles, elles lèvent leurs ailes de concert et on regrette que leur passage soit si fugace. Un requin à pointe blanche de lagon découpe sa silhouette effilée sur le tombant, qui regorge de corail jaune. Deux énormes anges empereur se poursuivent. Amoureusement ? Alors que nous entamons un palier de sécurité, un timide Napoléon vient nous rejoindre. Floriane, l'accueillante et dynamique maîtresse de maison du club Te Mara Nui, recommande ce site pour niveaux I confirmés (29 m). |
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LE MOTU TAUTAU |
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Une trentaine de sites sont répertoriés sur Raiatea-Tahaa. Le mauvais temps et la houle sont tels que la côte Est n'est pas praticable. Mais Floriane n'est pas déboussolée pour autant. Son bateau file vers un site abrité à l'ouest de Tahaa. De toute beauté, différentes espèces de corail sont enveloppées par des nuées de demoiselles, chromis, banc de carangues grises, lutjans. Des canyons offrent un abri à l'écart de la vague qui s'échoue sur le platier. Lumière et clarté sont exceptionnelles. Excitée par on ne sait quoi, une carangue arc-en-ciel nous suit en virevoltant tandis qu'un Napoléon salue notre sortie. |
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Sur fond de brume, la mythique Bora Bora décline ses ombres dans la lumière
du couchant. Il commence à faire frisquet et le thé à la mandarine offert par
Floriane est plus que bienvenu. |
Guide Pratique |
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Moniteurs d'Etat dans tous les centres. Ils viennent vous chercher à domicile, en
bateau ou en truck. Se renseigner auprès des deux structures pour la plongée
enfants. Prix forfaitaires incluant tout le matériel. |
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