VOYAGE REPOSANT SUR UNE ILE PARFUMEE

Entre roses et vanille : Tahaa



En Polynésie française, les centres Blue Nui dirigés par Gilles Pétré se sont agrandis au cours de l'été 2002, avec l'ouverture d'un club sur l'île de Taha'a, dans l'archipel de la Société.


Après Manihi (1989), Bora Bora (2000) et Tikehau (2001), Gilles Pétré, le patron des Blue Nui Dive Centers s'est installé sur le motu (îlot) Tautau, qui borde l'île de Tahaa, surnommée " l'île vanille ", pour les cultures et les somptueuses odeurs qu'elle recèle. Fin juillet, l'ouverture du luxueux hôtel cinq étoiles Taha'a Pearl Beach Resort & Spa, vaste complexe composé de 48 magnifiques bungalows sur pilotis (100 mètres carrés/chambre) et de 12 villas avec jardin et piscine privées situées en bordure du lagon, lui a permis d'étoffer ses structures déjà existantes.


Le nouvel hôtel de Taha'a offre des perspectives envoûtantes.
Yann Saint-Yves ©


Les clients sont désormais assurés de retrouver, lors de leur circuit en Polynésie, au sein de chaque hôtel de la chaîne Pearl Resorts des centres de plongée au label Blue Nui. Plus besoin de se mettre en quête d'un hôtel ou d'un centre de plongée sur chaque île. Le voyage s'organise de lui-même. Vous choisissez une chaîne d'hôtel et vous achetez un forfait de plongées valable dans tous les centres Blue Nui : " J'avais imaginé cette appellation à la sortie du film Le Grand Bleu, explique Gilles Pétré. Il fallait trouver un nom qui soit prononçable facilement en français, anglais, japonais, allemand... Cette politique cohérente et commune club-hôtel permet de proposer au public des circuits de qualité. De centre en centre, d'hôtel en hôtel et d'île en île, les clients ont leurs repères : le matériel est neuf, de qualité, les bateaux sont propres, adaptés à la plongée, le service est irréprochable. "


Service bateau!
Yann Saint-Yves ©


Si vous le désirez, vous pouvez même être pris en charge au pied de votre pilotis. Pas de fatigue, tout est prêt à votre arrivée sur le bateau : le must ! La nombreuse clientèle nipponne bénéficie même de briefings en japonais, dispensés par un employé de l'hôtel. Les clients extérieurs à l'hôtel sont bien entendu les bienvenus eux aussi, le contrat liant les centres Blue Nui aux hôtels Pearl Resorts n'étant pas exclusif.
La plongée est une niche commerciale que les tours operators, les voyagistes, les offices de tourisme, les hôtels sont désormais obligés de prendre en compte. Au même titre que les séjours lune de miel. Pour beaucoup de personnes, la plongée ne constitue pas le moteur d'un séjour dans un pays donné, mais représente un loisir qu'on débute par hasard en vacances et qu'on poursuit plus tard, dans d'autre pays. Autrement dit, l'occasion fait le larron. Si dans le hall de l'hôtel, lors d'un séjour lune de miel, une pancarte attire l'oeil, pourquoi ne pas essayer...

En 1999, en Polynésie, le marché était évalué à 70 000 plongées touristiques avec une moyenne de plus de deux plongées par plongeur ce qui faisait estimer à moins de 35 000 le nombre de touristes plongeurs par an (soit environ 18% des touristes qui pratiquent l'activité plongée). Ces chiffres ont depuis évidemment évolué et sont en progression constante. On peut dire qu'aujourd'hui cette activité représenterait un peu plus de 20% des touristes.
L'âge moyen des plongeurs se situe aux alentours de 35 ans, ce qui est conforme à la moyenne mondiale. La répartition par nationalité était la suivante : 35% d'Américains, 33% de Français, 17% de Japonais et 15% d'autres nationalités, notamment italienne et allemande (marchés émergeants). On considère aujourd’hui que 60% des touristes venant sur le territoire sont en voyage de noces, la plongée n’étant pas la raison principale de leur venue. Ces jeunes mariés découvrent la plongée dans le cadre de leur lune de miel. Economiquement, c’est insuffisant.
Le but des professionnels du tourisme et les hôteliers est désormais d’ attirer la clientèle plongée, ceux qui viennent sur une destination avec pour but essentiel de plonger. La Polynésie, avec ses îles hautes et ses atolls, la diversité de ses spots, les niveaux de difficulté divers des plongées (débutants et confirmés y trouvent aisément leur compte) est évidemment un marché idéal à développer.
Les attentats du 11 septembre 2001 ont donné un coup de frein à la promotion de la destination, comme ce fut le cas pour tous les pays touristiques, mais le pays est réputé calme et sûr, éloigné des perturbations qui sévissent au Moyen ou au Proche-Orient. Le marché est donc en pleine expansion. Peut-on craindre que l’engouement soit néfaste aux plongeurs à long terme ? Nous ne le pensons pas. L’éloignement fait que l’on n’aura jamais des charters entiers qui débarqueront en sauvages pour polluer des sites encore vierges.

Découvertes

Taha’a est une de ces îles encore ignorée des touristes. Elle ne possède pas de piste d’atterrissage et reste encore préservée, sauvage, éloignée du monde. Tellement éloignée que, pour ceux qui y habitent à l’année, la vie peut parfois paraître longue et pesante.
Conscient du phénomène de lassitude (on dit fiu en tahitien), Gilles Pétré a décidé de faire « tourner » ses moniteurs d’île en île : « Je tiens beaucoup à les motiver, soutient-il. A leur donner des responsabilités, à leur proposer des remplacements inter-îles ».


Teiki et Stéphane aux commandes du club.
Yann Saint-Yves ©



Les poissons doivent
s'habituer aux plongeurs.
Martine Carret ©


En chouchoutant ses moniteurs, il préserve la qualité du service offert et s’évite d’avoir à en former des nouveaux tous les trois mois.
A Taha'a, Stéphane Hamon (un ancien de Manihi) a été chargé d'ouvrir le centre. Avec Teiki, le pilote du bateau, il a amplement participé à la journée du Clean Up Day du 21 septembre 2002. En plusieurs plongées, il a amassé neuf sacs de 200 litres de détritus : vieux cordages incrustés dans le corail jaune, canettes en aluminium, bouteilles plastique... Des déchets qui sont dans la lignée de ceux récupérés par les autres clubs un peu partout sur le territoire.

Une pollution visuelle et écologique qui a désolé Stéphane lorsqu'il a effectué ses plongées de reconnaissance sur les sites. " Je suis heureux d'avoir pu nettoyer quelques spots où il est évident que des déchets avaient été accumulés depuis des années. Si l'ouverture de notre centre fin août a permis de pouvoir contribuer à nettoyer quelques mètres carrés du lagon, tant mieux. J'ai travaillé méthodiquement pour cette opération de dépollution. Je me déplaçais et j'enlevais les détritus que je mettais en tas. Une fois la zone balayée, je remplissais un sac que je remontais. J'ai ainsi plongé à trois reprises durant deux heures. "
Depuis, il surveille particulièrement ses spots et veille à les entretenir régulièrement, notamment après les week-end, qui sont souvent synonymes de pique-nique sur les motu (îlots) et malheureusement, de détritus sauvagement abandonnés à la mer.


Une vue imprenable depuis le club.
Yann Saint-Yves ©


" En Polynésie, la nature a bien fait les choses :commente cependant Philippe SIU, biologiste marin, fondateur et membre de l'Association de protection de l'environnement de Polynésie française "Iaora te Natura" ( Que vive la nature). La dispersion de nos îles et surtout leur éloignement les protègent efficacement de toutes formes de pollutions ou de pêche intensives. Mais pour combien de temps encore ? Les zones protéges et les réserves manquent hélas. Le développement du tourisme avec son cortège d'd'infrastructures dans les archipels les plus éloignés n'intègre pas suffisamment l'impact sur l'environnement. Le problème est très classique et basique: plus nous nous éloignons des zones urbanisées, plus nous trouvons des récifs et une faune riche et variée... "


Gilles Pétré.
Yann Saint-Yves ©

" Taha'a est est une île qui bénéficie de sites assez vierges, renchérit Gilles Pétré. Nous offrons une alternative aux îles plus connues de la Société, comme Moorea ou Bora Bora. Ici, il y en a pour tous les goûts, confirmés ou débutants.
Quel bonheur de proposer à notre clientèle d'effectuer un baptême en compagnie de raies léopards, de raies manta, ou de tortues, dans des sites où le corail est en bonne santé!
Nous devons néanmoins travailler les spots pour que les poissons et les requins s'habituent à notre présence, il faut aussi préparer des mouillages, explorer les environs.
La clientèle plongée s'étant démocratisée, nous avons beaucoup affaire aujourd'hui à des plongeurs occasionnels, qui pratiquent une semaine par an et c'est tout. Cela tombe bien, nous avons des spots faciles à leur offrir. Mais les confirmés aussi y trouvent leur compte, avec des plongées en dérive ou des plongées un peu plus profondes et sportives. "

Nous vous proposons donc d'en explorer quelques unes...


Martine Carret


Guide Pratique :


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