DES PLONGEES AUXQUELLES ON NE S'ATTEND PAS

Taha'a, la divine surprise



Si les voyagistes oublient de vous proposer Taha'a lorsque vous préparez votre séjour en Polynésie, insistez pour que cette île, qui assure 75% de la production de la vanille du territoire, figure sur votre carnet de voyage. Vous ne le regretterez pas.


Taha'a respire la tranquillité car l'île n'est accessible que par bateau. L'aéroport le plus proche est situé sur son île soeur, Raiatea, avec laquelle elle partage un lagon. Si elle ne dispose que de peu de plages, elle possède de superbes écrins de sable blanc sur les motu (îlots) qui encerclent le lagon. Pour les bateaux de plaisance, les mouillages sont nombreux et les baies abritées. Pour les plongeurs, quelques surprises agréables sont au rendez-vous. Voici quelques spots que nous avons testés pour vous.


Le charme discret de l'île-vanille.
Yann Saint-Yves ©


Passe Paipai


Le corail est magnifique, en bonne santé...
Martine Carret ©


La plongée s'effectue en longeant le récif à main gauche. La profondeur du site n'excède pas 40 mètres. De jolies grottes sont tapissées de corail jaune, de type distichopora. La passe est pelée, mais on y aperçoit parfois un banc de platax (platax pinnatus).

Sur le mur récifal, on déniche une Couronne du Christ (acanthaster planci) gigantesque, qui atteint bien la taille de 35 centimètres à laquelle elle peut prétendre. On ne sait pas combien de coraux elle est capable de dévorer... Ce site permet de rencontrer de nombreuses et énormes murènes javanaises (gymnothorax javanicus), impressionnantes pour les plongeurs qui n'en ont jamais vu.


...mais les acanthaster guettent.
Martine Carret ©


Tautau


Attention aux murènes javanaises!
Yann Saint-Yves ©


Un site accessible aux débutants. Une vingtaine de mètres de profondeur et le tour est joué... Un banc de carangues grises se déploie non loin de la surface, assisté d'un banc de perches-pagaies. Une minuscule porcelaine-tigre (cypraea tigris) témoigne des ravages qui ont été causés par la cueillette immodérée de cette espèce. Pour éviter qu'un plongeur indélicat ne la mette dans la poche de sa stab, nous nous empressons de la camoufler dans le corail. Ce petit omnivore, qui se nourrit d'algues, s'active surtout la nuit.

Les pitons de Ceran

La plongée débute par une descente facile sur le fond (12m) de sable du motu qui borde la passe. On se jette ensuite dans le grand bleu. Au fond ? 50 mètres, visibilité en général bonne par courant rentrant. Carangues à gros yeux, nasons et platax nous accompagnent. L'intérêt réside dans deux pitons, parsemés de corail jaune qui culminent à 30 mètres et où l'on peut se coller, à l'abri de courant, pour observer la faune. Un banc de barracudas se forme, un ange royal semble perdu dans le bleu. Un baliste olivâtre voisine avec des nasons aux lèvres violettes, des chirurgiens louvoient entre des poissons perroquets. Employé trop souvent en bijouterie, le corail noir (cirripathes et anthipates) se fait rare. Il existe ici, mais n'oubliez pas que c'est une espèce protégée depuis 1991.


Bertil se laisse glisser dans un banc de carangues.
Martine Carret ©


Miri Miri


Pas de danger avec les requins à pointe noire.
Martine Carret ©


Cette plongée a lieu sur la côte ouest de Raiatea.
Quelques minutes de bateau et nous sommes arrivés sur le site, qui est habituellement protégé des vents dominants. La visibilité y est en générale excellente. Ce spot est traditionnellement consacré à des séances de feeding. Les poissons et les requins le savent. Ils sont déjà en train de quémander de la nourriture avant même que nous n'ayons mis nos palmes dans l'eau ! Les requins à pointe noire (carcharinhus melanopterus) sont les plus assidus. Ils n'ont pas leur pareil pour dénicher le morceau de poisson caché au fond d'une roche ou sous le ventre du moniteur.

Impressionnant, mais un spectacle sans danger, les animaux sachant exactement ce qui est bon pour leur estomac et ce qui ne l'est pas. En bref, les humains ne sont pas réputés pour être facilement digérables, donc vous ne risquez rien, surtout si vous êtes habillés de néoprène. Napoléons, carangues, mérous, balistes, poissons-anges... se disputent la vedette.


Pas bon à croquer!
Martine Carret ©


Tapu Tapu


Les papillons aiment grignoter le corail.
Yann Saint-Yves ©


Un vaste banc de sable, puis une descente dans le grand bleu. Débutants s'abstenir... Un champ de roses, dans la même lignée que celui de Huahine nous attend sur une cinquantaine de mètres. Voire plus. Ce corail, du type montipora, se reconnaît aisément aux formes évasées de pétales de roses, à une échelle gigantesque, bien sûr. Ce ne sont que canyons, vallées, marche qui s'enfonce dans des profondeurs abyssales que nos bouteilles d'air comprimé ne nous permettent pas d'atteindre. Un seul mot vient à l'esprit qui glisse dans une douce narcose : "encore " ! Mais Bertil Venzo, le moniteur du Shark Dive, dit " stop ". Parce qu'il faut vraiment remonter un jour ?

Martine Carret




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