Passer son niveau III à Papeete



Profiter d'un séjour en Polynésie française pour franchir une étape dans votre cursus de plongeur, ce n'est pas une bonne idée, ça ? Si, si...


La Polynésie possède la particularité d'offrir des conditions climatiques assez avantageuses et les plongeurs en profitent doublement. Au plaisir de se plonger dans une eau à 28°C, d'avoir un soleil radieux la plupart du temps, et une clarté dans l'eau que l'on n'imagine même pas, vient s'ajouter la possibilité de descendre neuf mètres plus bas que ne l'autorise votre niveau I ou II partout ailleurs dans le monde: 29 mètres pour les premiers, 49 pour les seconds. Cela permet de profiter un peu plus des merveilles offertes par Tahiti et ses îles. Mais pour ceux qui veulent jouir d'une plus complète autonomie, profiter pleinement des tombants de Fakarava, de sa passe Garuae, de Tahiti Iti ou de la passe de Tiputa, à Rangiroa, il n'y a pas quarante solutions, il faut passer au niveau supérieur.


Accueil par Jean-Marc Mocellin, directeur du Beachcomber.
Yann Saint-Yves ©


A Papeete, au sein du somptueux hôtel Tahiti Beachcomber Inter-Continental Resort, le club de Didier Alpini, l'Aquatica Dive Center, propose des formations Padi, FFESSM. Pour y aller ? Facile : quitter Papeete en direction de l'ouest (dites Papé-é-té, car toutes les lettres se prononcent en polynésien), longez la côte ou prenez la RDO, la route de dégagement ouest, jusqu'à Faa'a, laissez l'aéroport sur votre droite et décomptez 1500 mètres. Vous y êtes. L'entrée est indiquée dans un virage.

Paradisiaque

Vérification de votre certificat médical, de vos niveaux précédemment acquis et de vos aventures sous-marines, sont les premiers pas vers le niveau III. Il faut aussi présenter un diplôme de secourisme, le RIFAP, que l'on peut obtenir à la suite d'un stage adapté. Vous disposez de quinze mois pour valider votre bloc pratique, votre bloc théorique et votre formation de secouriste.

A l'Aquatica Dive Center, les moniteurs s'arrangent entre eux pour " caser " ma formation dans leur planning, et pour pouvoir vérifier chacun leur tour le niveau de compétences de leur élève.
Au moment où je suis à Papeete, le club a fort à faire : un des bateaux a cassé son moteur sur un tronc dérivant dans le lagon, une cession d'élèves-moniteur prépare le BEES1, le brevet d'Etat indispensable pour travailler comme moniteur salarié, et de nombreux clients se pressent pour aller profiter des spots environnants.


Session pour les BEES1 sur un ponton
en pleine eau.
Martine Carret ©



Passage d'embout.
Martine Carret ©


Didier Alpini a de quoi s'arracher les cheveux, mais la structure du club, pas seulement accueillante, est réactive, et l'organisation PADI l'a reconnu, en lui attribuant cinq étoiles, note exemplaire obtenue en 2002.
Malgré son planning chargé, le centre me prend sous son aile pour ma formation. Pendant une semaine, les cours et les plongées à 40 mètres vont s'alterner, et les moniteurs vérifient mes connaissances à chaque instant : les paliers à l'oxygène, les calculs de remontée, la sécurité, les conduites à tenir, tout y passe.

Exercices

Pendant les plongées, ils testent tour à tour : la conduite de palanquée, la réactivité face à un problème, et la qualité de l'action menée. Des gendarmes, eux-aussi apprentis N3, se joignent à nous en milieu de cursus pour effectuer quelques exercices. John, un de mes moniteurs, me confie ce jour-là la mission du syncopé de service... L'exercice pour mon binôme sera de me remonter dans les meilleures conditions.
Le lendemain, c’est Eric, grand gaillard double-mètre, qui teste mes réactions. Après un petit exercice d’apnée (descente à 20 mètres), il produit un cocktail détonnant d’essoufflement et de panique : d’abord le signe « essoufflement », puis panique au moment où je m’approche de lui. C’ est un GM, un Gentil Moniteur, qui adore improviser... Il tient à ce que ses élèves soient au point dans le futur et deviennent des plongeurs aptes à se débrouiller dans n’importe quelles circonstances.


Syncope simulée.
Martine Carret ©



Répétitions à terre.
Yann Saint-Yves ©


On ne lui saurait trop gré de se soucier que nos compétences soient acquises à 100%, voire plus. Le niveau III est celui dit de « plongeur autonome » et la responsabilité du moniteur-formateur est importante à ce stade. Lorsque deux personnes évoluent en binôme à des profondeurs qui dépassent les 30 mètres, il est primordial qu’elles sachent réagir en cas de pépin, car un petit problème se transforme vite en catastrophe.
Ce jour-là, je dois le remonter en me plaçant dans son dos, juste avant qu’ il ne m’arrache le masque. Vient ensuite une remontée assistée, puis une petite panne d’air au moment où l’on croit que la leçon est terminée. Surprise ! Mais les exercices que l’on enchaîne sont efficaces et je sais que les cas d’école proposés ici ne sont pas du superflu.
Comme il reste de l'air dans les blocs et que nous sommes à quelques brasses d'un site sympa, nous terminons la plongée sur " Les épaves ", avant de rentrer pour le débriefing au club.

Sur le ponton, Didier Alpini nous accueille à notre retour, ravi : les pièces de rechange du bateau accidenté viennent d'arriver et les mécaniciens s'affairent déjà sur l'embarcation, qui sera opérationnelle le lendemain. Les choses rentrent dans l'ordre ! Didier questionne Eric au sujet de l'assiduité de son élève. Visiblement, je m'en suis sorti correctement.
Pour le niveau III, il me reste à passer la théorie et le RIFAP, mais le plus dur- si je peux dire- est fait, et pourrai bientôt évoluer dans " l'espace lointain " comme disent les manuels.


Eric, un des moniteurs.
Yann Saint-Yves ©


Les galères du club s'estompent dans le soleil couchant qui se cache derrière Moorea, juste en face. Les lumières du Beachcomber prennent le relais sur l'astre du jour qui vient de disparaître, la température reste bien agréable : 26°C au sortir de l'hiver. Les grillons commencent leur concert, en point d'orgue d'une journée paradisiaque comme il y en a beaucoup, à Tahiti.


Yann Saint-Yves




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